Les bustes creux sont de retour à l’APN !!!

Dessin de Karim.
Dessin de Karim.

"Ils ont voté, ils voteront comme on prend un barbiturique. Et ils ont mis la république au fond dans un vase à reposer. Les experts ont analysé ce qu’il y avait au fond du vase,il n’y avait rien qu’un peu de vase". Léo Ferré 1980.

Voilà qu’une énième course électorale est lancée, et déjà, une vase dont les relents nauséabonds, intra-muros des partis politiques, se dégagent. Ils vous saisissent et vous étouffent à la gorge, finissant par vous donner la nausée à la vue des bustes creux aux ambitions démesurées, de la gente féminine aux mœurs légères, élus tête de liste par chkara interposée ou promotion canapé, sans nul doute. Le tout encouragés en catimini par la désormais oligarchie régnante en quête d'individus facilement corvéables et manipulables comme futurs "législateurs", ne connaissant pas un traître mot de ce qu’est le Droit, pour leur plus grande commodité.

Juste Dieu, un bis repetita d’une caisse de résonance dénommée Assemblée Populaire Nationale, flanquée d’une pléthore de "dépités" soucieux de leurs acquis et privilèges allant jusqu'à voter la loi de finance scélérate 2017 contre vents et marées populaire. Allant pour certains jusqu'à renier leurs principes et la morale pour postuler sous différentes couleurs partisanes , affichant clairement leurs hypocrisie et nomadisme politique.

Le slogan tant de fois claironné : Par le peuple et pour le peuple s’est depuis fort longtemps mû par un : "Par nous et pour vous le peuple".

En vérité, la confiscation de la voix et du choix du peuple, au lendemain de l’l’indépendance du pays s’est imposée. Depuis, des présidents-gros bras se sont faits tuteurs d’une nation encore convalescente des affres d’une guerre de libération de 7 ans, non sans forcer à l’exil, la résidence surveillée ou la liquidation physique des chats qui ne ronronnaient pas comme les autres chatons. Ait Ahmed, Ferhat Abbas, Khider, Krim Belkacem et bien d’autres vrais démocrates, en ont fait les frais, le dernier en date Mohamed Boudiaf.

Et grandes furent ouvertes, les portes des abus de pouvoir, de la rapine, du partage de la gloire et des butins au nom d’une sacro-sainte légitimité révolutionnaire, un attesté communal d’ancien moudjahid, drapé dans un burnous cachemire d'Ouled Naïl faisait de l’ombre aux intellectuels et leurs PhD, des Mouhafadhs du F.L.N, se sont intronisés roitelets de leurs régions, avaient la main basse sur le quotidien du citoyen lambda, barrant la route à pléthore d’intellectuels de s’immiscer dans le développement de notre pays en exhibant l’article 120 de l’exclusion.

En vérité, de bien fieffés démagogues-spoliateurs de titres, de positions, de terre et d’appartements abreuvant la foule, du haut de leurs tribunes, de slogans et de futiles promesses pour se payer du bon temps.

Une exclusion, du reste, qui mine désormais moult partis politique par le pouvoir de l’argent mal acquis, des nouveaux riches en mal de puissance et de gloire, de carnets d’adresses, pour une place bien en vue dans l’hémicycle du sénat ou de l’APN, sont déjà prêts à payer au diable son tribut. Pour que demain, ils défilent, sourires obséquieux aux lèvres, dans leurs villes et leurs villages, leurs douars et leurs mechtas en costume "quatre sous" étincelant aux manches dépassant les poignets, portant des chaussures de saltimbanque, et bombant le torse de l’opprobre et de la soumission. Qui a dit que l’argent ne fait pas le bonheur ? (sic)

A Medea, la capitale de la wilaya du même nom, noyée par le flot d’argent soudoyant, par la loi du nombre et de l’esprit tribal, aucune candidature d’un natif de la cité n’a été retenue. La députation des copains et des coquins se drapant d’un voile pudique de l'égalité communément appelé démocratie des urnes. Quelle bonne blague ! Et que vive la tribu…!

Triste constatation de l’absence remarquée et remarquable de lois moralisant la fonction, point de niveau d’études obligatoires, point d’enquête de moralité, encore moins de campagnes électorales explicitant les idées et les projets politiques pour les intérêts du pays et du peuple.

Inexorablement, l’APN s’est depuis fort longtemps illustrée par le niveau intellectuel, les mœurs débridées et le manque de savoir-vivre de ses occupants.

Le petit peuple, cette majorité silencieuse, avec ses sans-culottes, ses sans-le-sou, ses sans-abris, ses chômeurs-diplômés universitaire, ses malades mentaux, coupables du crime d’être pauvres devant les puissances d’argent mal acquis, continueront à aller au feu et au charbon pour immoler leurs rêves, leurs espoirs, leurs joies et leurs peines, placés naïvement sur les 800 milliards de dollars dépensés.

Ils devront encore patienter et attendre l’arrivée d’un "messie" politique, un homme oblatif, un vrai patriote à poigne, pour répondre à leurs vœux et leurs aspirations, et du coup leur rendre leur dignité, leur gloire et leur butin. Ils attendront sans rien attendre, les oligarques sont aux affaires, leurs bustes creux-marionnette le seront aussi, c’est dire que de sombres perspectives se dessinent droit devant !

De Médéa, Brahim Ferhat

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