AG ordinaire de la FAF… ils sont tous Raouraoua !

LA FAF, le fief des allégeances intéressées.
LA FAF, le fief des allégeances intéressées.

Innovation. Une vidéo d'une quinzaine de minutes ou l'on voit des "Verts" jubiler ; les installations du CTN de Sidi Moussa et des portraits de Bouteflika aura suffit pour mettre tout le monde d'accord. Sans la moindre contestation, les bilans moral et financiers sont passés comme une lettre à la poste et adoptés à l'unanimité par les membres de l'AG qui, finalement, n'étaient là que pour réclamer le maintien de Raouraoua à son poste de président.

Lorsque ce dernier a évoqué sa succession, les membres de l'AG se sont levés en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Nous somme tous Raouraoua". Un message clair pour les probables candidats qui oseraient se présenter contre l'actuel président. Aujourd'hui, les voix de l'AG lui sont acquises. Il ne reste que le "quitus" des hautes autorités pour qu'il officialise sa candidature, et donc sa réélection. En coulisse, on dit que l'homme fort du football algérien peut compter déjà sur le soutien du premier ministre, Sellal et par extrapolation, celui du premier magistrat du pays, Bouteflika. Rien que ça !

Certes, Mohamed Raouraoua ne s'est pas encore prononcé sur son éventuelle candidature se contentant d'un "laissons le temps au temps", mais le "Fiha Khir" par lequel il a répondu a ceux qui l'ont invité a poursuivre sa mission laisse a supposer qu'il compte bien garder son fauteuil. Des indices le prouve comme par exemple le fait de présenter le budget prévisionnel pour l'année 2017 et de le soumettre à l'AG pour l'adoption.

Auparavant, il a fixé des règles de candidature taillées sur mesure pour empêcher certains noms du football à se présenter. Des noms qu'il citera d'ailleurs devant les membres de l'AG. Madjer, Kouici, Zetchi et d'autres qui ambitionnent de lui succéder ont, sans doute, compris le message codé qui leur a été adressé à partir de Sidi Moussa. Rabah Madjer particulièrement n'a pas été ménagé par le boss de la FAF, tout comme les consultants qui ont osé le critiquer sur les plateaux des télévisions privées. Une offense aux yeux de l'inamovible Raouraoua qui n'admet aucune critique. L'homme a la modestie facile ! A peine reconnaîtra-t-il l'échec des Verts lors de la dernière CAN au Gabon. Et comme seule explication a ce ratage qui l'a mit dans la tourmente, un "Allah Ghaleb" suffit ! Par contre, lorsqu’il s'agira de vanter ses mérites et sa gestion "infaillible", Mohamed Raouraoua est assez dithyrambique. "Personne ne peut me donner des leçons de gestion et de responsabilité" fanfaronne-t-il devant une assistance totalement consentante. Sur un océan de soumis, l'indexe prêt à être levé pour la moindre ineptie, Mohamed Raouraoua ne peut être que sur les nuages.

Evoluant en terrain conquis, le patron de Dely Brahim à l'intime conviction que son mandat à la tête de la FAF est plus que positif. A l'appui, les quelque 800 milliards de centimes qui sont aujourd'hui dans les caisses de l'instance fédérale. Sur le plan sportif, les deux qualifications consécutives à la coupe du monde sont suffisantes pour masquer les échecs en coupe d’Afrique. Et les exploits de Setif, Bejaia et de l'USMA en compétitions continentales prouvent la bonne santé du football national.

Côté arguments donc, Raouraoua n'en manque pas. Pour le reste, il saura toujours comment contenter "la grande famille du football". En football, comme en politique algérienne, tout est question de sujétion. D'ailleurs, en coulisses, certains commencent le marchandage. A l'exemple de l'impayable Hannachi et de dix autres présidents de clubs qui réclament un changement du système de compétition avec, dés l'année prochaine, une ligue Une avec 18 clubs au lieu de 16 cette saison. Comprenez par là que ces présidents ne veulent pas qu'il y ait de rétrogradation en ligue deux cette saison. A voir le classement de la JSK aujourd'hui, on comprend pourquoi le président des Canaris souhaite un tel changement.

Réglementairement, ce n'est pourtant pas possible de changer le système. Raouraoua l'a d’ailleurs rappelé aux signataires du document, mais il n'a pas hésité à leur dire que lui ne voyait pas d'inconvénient si deux tiers de l'assemblée sont favorables à l’organisation d'une AG extraordinaire pour étudier la question. Décodé, Mohamed Raouraoua reste ouvert "à la négociation". A condition qu'il garde la main. Dans le monde du football tout est désormais négociable, et Raouraoua le sait très bien. Beaucoup de présidents de club à la faillite ont sollicité la FAF pour des prêts, d'autres ont bénéficié des avances sur les droits de Télévision pour ne pas déposer le bilan.

Voilà comment Raouraoua tient tout le monde par "la barbichette". C'est aussi pourquoi, ce matin à Sidi Moussa, les membres de l'AG ne pouvaient rien contester sinon que de soulever des pancartes pour réaffirmer leur "allégeance" au boss du football algérien.

Rendez vous le 20 mars pour un plébiscite certain !

Rédaction sportive

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