A quand la fin de la souffrance de notre jeunesse ?

Une jeunesse éprise de vie.
Une jeunesse éprise de vie.

Tout ce que demandent nos jeunes, aujourd’hui, se résume en peu de choses : Qu'on les laisse respirer, vivre chez eux, en toute tranquillité !

Pas qu'ils ont jeté l'éponge, en abandonnant l'arène du combat, ils ont si peu à y perdre d'ailleurs, mais qu'ils préfèrent se mettre volontairement en retrait avec humilité et dignité parce qu'ils n'ont pas trop de choix face à ces rentiers boulimiques à l’affût du moindre signe de désordre pour pêcher encore davantage dans les eaux troubles. En réalité, la rente a accouché en Algérie d'une sorte de monstres du Loch Ness, à la fois effrayants et morbides, qui ressurgissent régulièrement sur le devant de la scène, la rente a anesthésié les neurones de la nation, la rente a sapé le socle des valeurs dans la société, la rente a verrouillé toutes les portes de sortie de ce malaise endémique qui nous étouffe. Comme c'est triste de constater, impuissants, tous ces irréversibles dommages!

Le danger de l'implosion sociale serait là, imminent, s'il l'on n'y prête pas garde en ces temps durs de l'austérité où l'argent ne coule guère à flot comme avant. Et comme une maladie contagieuse, sévère, synonyme d'une guérison impossible, la culture de la rente s'est mélangée à la sauce d'un islamisme de pacotille d'un nouveau genre, fait de bondieuseries à la con, de culte des apparences, d'hypocrisie et d'un château de sable de tabous. C'est à l'ombre de toutes ces contradictions-là que beaucoup d'entre nos jeunes se sont construits, hélas, une fausse «identité de rechange», mal partis pour aspirer demain à un véritable progrès, enfermés qu'ils sont dans une case qui les prédestine directement à la marge sociale.

Il ressort aussi, outre le conflit intergénérationnel évoqué dans une précédente chronique, ce contraste d'une jeunesse qui s'éloigne de plus en plus de l'authenticité et qui est très peu enracinée dans une modernité devenue incontrôlable ; sans frontières ; complexe. Le cul entre deux chaises, elle flotte à la surface d'un océan aussi vaste que varié de cultures, de systèmes, de pensées, de comportements, etc., sans qu'elle n'arrive à en tirer rien de consistant, depuis les profondeurs. Victimes des errements de leurs aînés, nos jeunes se débattent, à vrai dire, à l'intérieur d'un sac de nœuds de complexes dont la moitié est héritée d'un passé auquel ils ne s'identifient pas ou presque et l'autre préfabriquée de toutes pièces dans ce présent de chimères, hypothéqué par les maîtres de céans. Ils sont comme égarés dans un cercle vicieux, sans aucune assise, sans aucune issue!

Kamal Guerroua

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Commentaires (1) | Réagir ?

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urfane

Le manque d'oxygène chez nos jeunes ne vient pas que du verrouillage politique @ Kamel. Pour preuve, lorsqu'ils réussissent à fuir vers des contrées de liberté, ils reproduisent les mêmes schémas sociaux : voilure de leurs femmes, médecins exclusivement femmes pour leurs femmes, exigence de prière le vendredi, de halal pour leurs enfants à l'école et j'en passe et des meilleurs... Le mal est d'ordre culturel et cultuel... et nos décideurs du régime ne sont qu'une émanation de nous mêmes et la boucle est bouclée.