"Y'en a marre de ce pouvoir !" a clamé l'intersyndicale à Tizi-Ouzou !

Vent de colère de l'intersyndicale à Tizi-Ouzou. Photo Liberté
Vent de colère de l'intersyndicale à Tizi-Ouzou. Photo Liberté

La colère a occupé les rues de Tizi-Ouzou, ce 25 février, le lendemain du 24, jour-anniversaire de la création de l'UGTA, un anniversaire qui devrait rassembler plutôt qu'exclure.

Alors que Abdelmadjid Sidi Said, secrétaire général de l'UGTA, depuis Djelfa, déclarait que continuer à verser les pensions de retraite relevait d'un exploit, le lendemain, Tizi-Ouzou a vibré sous les cris des travaillleurs affiliés à l'inter-syndicale regroupant 12 syndicats autonomes, le SNAPEP, le SATEF, l’UNPEF, le CNAPESTE, le SNTE, le SNPSP, le SNAPESTE, le CELA, le SAFAP, le SNTFP, le SNVTAP et le SNATEG.

Ils étaient venus de partout, des quatre coins du pays, pour dire aux pouvoirs publics toute leur colère sur leur situation désastreuse qui ne peut et ne doit plus continuer ainsi.

Ils étaient nombreux, très nombreux à répondre à l'appel de cette inter-syndicale si forte et si représentative au vu du nombre des marcheurs venus de très loin, de l'est, de l'ouest, du centre et du sud malgré les entraves signalées ici et là.

Ils étaient venus de Biskra, de Batna, de Annaba, de Tlemcen, de Adrar, de Ain-Defla, de Mascara, de Tiaret, de Blida, de Béjaia, d'El-Tarf et de Mascara, de Msila, de Saida et bien d'autres wilaya encore.

En somme, c'est presque tout le pays qui a marché à Tizi-Ouzou, pour dire non à l’injustice, au mépris, à l’appauvrissement et aux atteintes à la dignité du travailleur.

Les mots d'ordre ont claqué tel un désaveu singlant au pouvoir. "Y'en a marre de ce pouvoir", "à 60 ans pourquoi pas à 70 ans", "APN chekara", "Sellal, méprise les travailleurs" " C'est l'Inter-syndicale, ce n'est pas l'Ugta" tels étaient les slogans, entre autres toujours aussi percutants, portés et criés à chaudes voix pas des milliers de travailleurs abandonnés par des tutelles qui les sacrifiaient pour des desseins inavoués, mais, des desseins contrastant leurs intérêts moraux et professionnels.

La suppression du départ à la retraite après 32 années de service a été dénoncée vivement par tous les marcheurs qui n'entendaient nullement céder devant cet acquis syndical tout comme l’ont été dénoncés la loi sur le travail, la dégradation du pouvoir d’achat et l’exclusion des syndicats autonomes de toutes les négociations avec le gouvernement.

Grave, trop grave, scandaient les marcheurs relayés, à l'issue de la marche, devant le siège de la wilaya, par les responsables des 12 syndicats qui ont pris part à cette démonstration de force, une démonstration, du reste, bien prouvée.

"Il est intolérable que l'UGTA continue à être le seul partenaire social! Il n’est plus question que nous cédions devant les décisions anti-constitutionnelles, impopulaires, injustes que nous imposent les pouvoirs publics" affirmaient, presque d’une même voix, les orateurs qui s’étaient succédé à la tribune qui faisait face à une foule des grands jours.

De la joie dans la tristesse, tel a été l’image que cette manifestation a renvoyée, après que celle-ci ait réussi à rassembler.

De Tizi-Ouzou, Achour Boufetta

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