L'Iran et le rêve de puissance régionale !

L'armée iranienne, une puissante régionale qui compte.
L'armée iranienne, une puissante régionale qui compte.

L'histoire n'est, dit-on, qu'un éternel recommencement ! Autrement, comment peut-on justifier le fait que l'Iran, par exemple, soit retournée ces dernières années en force sur la scène militaro-stratégique au Moyen-Orient et surtout en Méditerranée après une longue absence, estimée par quelques historiens à près de 25 siècles ?

C'est-à-dire depuis que les mers Noire et Egée, conquises auparavant par la dynastie des Achéménides (550-330 av. J.-C.), ancêtres des actuels Ayatollahs, avaient dû être évacuées sous la pression des cités grecques au terme de deux guerres médiques (490-479 av. J.-C.), conduites par Athènes et Sparte. Notons qu'après la victoire d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.) et les Gréco-Macédoniens qui l'avaient soutenu contre l'Empire perse gouverné alors par le roi Darius III (380-330 av. J.-C.), les Perses, puis leurs successeurs les Parthes, ont été systématiquement interdits de séjour aux abords de la mer Méditerranée.

Aussi, est-il intéressant de préciser que depuis cette époque-là, cette situation n'a jamais bougé d'un iota dans la mesure où toutes les puissances en jeu dans la région, que ce soient les Hellènes, les Romains, les Arabes, les Ottomans ou les Occidentaux, avaient fait en sorte que leurs politiques aient contrecarré les desseins expansionnistes de la Perse, puis ceux de l'Iran contemporain. Il en découle que le rêve du fameux «Croissant chiite», lointaine résurrection s'il en est, du moins en partie, des frontières du vaste empire des Achéménides et qui s'étend de l'Iran à l'Irak jusqu'aux terres libanaises de Hezbollah, a été empêché de voir le jour, même si fortement servi par la machine propagandiste de la révolution islamique. En cause, on trouve également la forte rivalité existante entre le régime bâathiste de Saddam et les guides de la révolution ayant débouché, pour rappel, sur 8 ans de guerre atroce (1980-1988).

Ensuite, les Turcs ainsi que les pays du Golfe se sont toujours posés avec leurs alliés occidentaux en obstacles à toute hégémonie de cet adversaire chiite pour les premiers et de l'allié des Russes pour les seconds. Aux implications profondes, la récente crise syrienne aurait provoqué, en revanche, un précédent historique en la matière.

D'autant que, sous prétexte de renforcer leur alliance tactique avec les Russes sur ce dossier-là, les Iraniens ont ouvert, en réalité, une petite brèche pour leur disputer le leadership géostratégique sur le terrain de la guerre contre Daech, l'armée syrienne libre (ASL) et l'opposition syrienne en général. En même temps, ils tentent de mettre un frein à la suprématie occidentale, la Turquie, l'Arabie Saoudite, tablant sur leur proximité confessionnelle avec le régime irakien voisin.

Enfin, la faiblesse du pouvoir syrien et son incapacité à se remettre sur les rails vu l'éparpillement de son appareil militaire entre diverses factions empêchera, sans aucun doute, ce dernier de reprendre, même après la fin de la guerre, la même force de frappe antérieure. Ce qui laisse grandes ouvertes les portes à l'Iran pour combler "cet espace vital", resté vide aussi bien par les Européens que les Américains aux côtés des Russes.

Kamal Guerroua

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Massine Ait Ameur

Cela me rappelle l'histoire de la grande et puissante Perse: un baudruche facilement detruit par les Grecques! le regime ayatoliste vas mener le pays a la banqueroute.