Mais qu'est-ce qui nous arrive ?

Mais qu'est-ce qui nous arrive ?

Il faut que les masses désobéissent à la précarité, il faut qu'elles sortent de la position passive dans laquelle l'on veut les enfermer, il faut qu'elles manifestent leur mécontentement de façon pacifique, intelligente et ordonnée contre la chute du pouvoir d'achat des ménages, la cherté de la vie, la dégradation de la situation économique, la fuite en avant des autorités publiques, etc. Mobilisons-nous au plus vite car le temps presse, le pays régresse, la colère gronde..., l'impasse semble chronique.

Ça bout dans tous les sens parbleu ! Puis pas de programme clair ni de matière à réflexion pour désembourber l'économie, ça craint. Vraiment. On sent que ça va mal finir, que le navire coule alors que l'on nous repasse encore les mêmes plats, nous fourgue les mêmes discours, nous trompe sans répit. Mais on attend quoi pour dire non à ceux qui nous embobinent ? Bouger, signaler les failles, dénoncer les pannes, dévisser les arnaques, pointer du doigt l'origine de nos malheurs..., réagir. Pressons nos rentiers pour n'avoir plus de pépins à digérer. Disons-leur que c'est le clap de la fin, que la jeunesse en a marre, que l'argent de la communauté est dilapidé pour rien, que nos rues sont sales, nos jardins désertés et vandalisés, nos administrations pourries, nos citoyens clochardisés, nos universités dans le merdier, nos hôpitaux, rien de moins qu'une escale assurée vers la souffrance..., la mort. Ça fait longtemps que ça dure, ça nous inquiète.

Nos épaules ont tant porté et nous ne sommes plus prêts à être les éternels portefaix d'un système à la peine, agonisant. Disons-leur que le pays n'est pas une entreprise familiale, clanique ou tribale. Que toutes ces affaires scabreuses de la corruption nous ont blessées au plus profond de nous mêmes, que le peuple demande à ce que justice lui soit rendue. Poussons-les à formuler des propositions concrètes, réfléchir un peu, réviser, apprendre les leçons du passé, s'il ne veulent pas retourner pédaler dans la boue comme dans ces années de la dèche où l'on nous prête, par pitié, des bateaux de semoule! Que les nôtres cessent de se délecter de voir l'Algérie glisser aujourd'hui, tel un funambule ivre, sur un fil ténu qui oscille "dangereusement" au-dessus du grotesque et du drame sans jamais qu'ils ne s'en émeuvent. C'est de notre vie dont il retourne, de notre jeunesse, la masse des travailleurs, la nation, son avenir. Agissons dans le bon sens pour le bien commun, pensons à l'éducation et à la culture, redonnons âme à la pédagogie de l'effort, récompensons nos génies, reconnaissons le mérite de nos cadres, stimulons l'intelligence. Il faut que ça bouge, il faut que ça change, que ça avance, c'est la loi de l'histoire.

Pourquoi croise-t-on les bras alors? A-t-on enterré à jamais la mélodie de l'espoir ? A-t-on décidé de cautionner le choix de ceux qui battent en retraite au moment où doit s’engager le projet de société, défi, la bataille? Mais qu'est ce qui nous arrive ? En quoi le baril du pétrole devrait-il intéresser une nation qui a tout le potentiel qu'il faut devant elle pour décoller : nature ouverte aux quatre saisons, terres vastes, climat propice pour l'agriculture, sites touristiques à perte de vue, etc., si ce n'est pour être seulement un supplément au budget? Cessons alors de faire de la règle une exception et d'une exception la règle, retroussons nos manches, au boulot ! En avant les gars!

Kamal Guerroua

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