Les étudiants de l'Ecole des beaux-arts d'Alger interpellent Azeddine Mihoubi

Les étudiants de l'Esba se disent floués.
Les étudiants de l'Esba se disent floués.

Le collectif des étudiants de l’Ecole supérieure des beaux arts d’Alger nous a fait parvenir le communiqué suivant.

Lundi 13 février 2017, à 15h, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, s’est déplacé à l’Ecole supérieure des beaux arts d’Alger, en compagnie du DAM M. Ben Sghaïer, du directeur des études au niveau du ministère de la Culture Mr Lahlou ainsi que du directeur général de l’Office national des droits d’auteurs (ONDA) M. Bentorki.

Cette rencontre avait pour but de trouver un terrain d’entente avec les sept étudiants entamant leur neuvième jour de grève de la faim, afin de mettre fin à une situation des plus urgentes. Ont découlé de cette réunion, des mesures annoncées par le ministre, comme réponse aux revendications des étudiants grévistes. L’engagement de M. Azzedine Mihoubi étant la condition première pour l’arrêt de la grève de la faim, le mouvement a été suspendu. Les points abordés lors de cette réunion sont par la suite énoncés dans un communiqué de presse publié le jour même par le ministère de la Culture, où l’on pouvait distinguer trois axes principaux à traiter:

1- Plan de la logistique :

A- La résidence des Etudiants est assurée au niveau de l’OVA, Village des artistes de Zéralda. La prochaine rentrée universitaire, les élèves de l’ESBA seront hébergés au niveau des résidences et cités universitaires.
B- Le transport est assuré et renforcé
C- la restauration est assurée.

2- Activités de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts :

A- Externaliser les activités des étudiants de l’Ecole et les étendre à la rue.
B- Organiser le Festival de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts au niveau de l’ESBA en septembre prochain.
C- Organiser une exposition des étudiants de l’Ecole au niveau du Palais de la Culture en avril prochain.

3- Plan pédagogique :

Une réunion de la commission mixte avec le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est prévue jeudi 16 février 2017 afin d’intégrer le système LMD (Licence-master-doctorat), au sein du système d’enseignement de l’Ecole. Une rencontre quadripartite réunira également les étudiants, les enseignants, le Ministère de tutelle et le Ministère de l’Enseignement Supérieure et de la Recherche scientifique.

Plusieurs réunions ont été dégagées a la suite de cette rencontre, afin d’assurer la mise en place du chantier pédagogique et logistique détaillé plus haut par le ministère de la Culture.

- Réunion préparatoire le mercredi 15 février.

- Réunion le jeudi 16 février entre les représentants du ministère de l’Enseignement, celui et la culture, du corps enseignant, ainsi que les étudiants, et ce au sein de l’Ecole supérieure des beaux arts.

Cela dit, mercredi 15 février, une réunion fut organisée parmi les enseignants, en vue de préparer le dossier à présenter lors de la commission mixte prévue pour le lendemain. Sans pour autant communiquer cette dernière à l’ensemble des corps concernés, a savoir estudiantin, et enseignant.

Jeudi, 16 février, la logistique, présente encore un nombre de failles dont essentiellement l’absence de restauration, pourtant sensé être solutionnée dans l’immédiat, depuis la dite visite ministérielle. De plus, aucune communication interne ne fut entamée concernant la rencontre de la commission mixte, du programme L.M.D présenté, ou de la réunion préparatoire.

Dimanche 19 février 2017, un manque d’intérêt porté à la cause estudiantine étant toujours a constaté. Même si, un travail surfacique consistant à la proposition d’un system L.M.D fut entamé. Précisons que ce dernier n’a, contrairement aux formulations de nos responsables, pas été directement revendiqué par le corps estudiantin. Qui plus est, aucun droit de regards ne nous a été accordé pendant son élaboration. Pour ce qui est du travail de fond et de collaboration concernant la qualité de notre formation, nos responsables ferment une énième fois, un dialogue que nous tentons d’instaurer.

En effet, un refus a été constaté de la part du ministère de l’Enseignement supérieur quant à la présence des représentants des étudiants à la réunion attendue pour jeudi, alors que ces derniers constituent le point central du travail, cela sans compter, sur l’urgence revendicative qui en a forcé l’enclenchement.

Quant aux rapports internes entre l’administration et les étudiants, aucune évolution n’est à signaler, en effet, force est de constater, qu’un dialogue constructif n’est toujours pas envisageable, face à un directeur qui refuse la réception de rapports pendant ses heures de fonction, qui rejette l’accès aux réunions internes visant l’élaboration du programme L.M.D à nos représentants. A un système administratif qui fonctionne au ralenti, qui s’octroie une autorité injustifiée dans le choix d’étudiants représentants sans prendre en compte notre élection de ces derniers. Et dont la faiblesse communicative vise autant le corps estudiantins qu’enseignant.

Rappelons que la suspension de la grève de la faim, ainsi que tout engagement pris par les étudiants, ne furent formulés que suite aux déclarations publiques de Monsieur le Ministre de la Culture, ainsi que sa signature promise du procès-verbal de ce dernier, concernant essentiellement la résolution immédiate de la logistique, et la tenue d’une réunion quadripartite entre le ministère de la culture, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le corps enseignant et surtout estudiantin.

Précisons que, la menace de notre année universitaire ne peut en aucun cas être une conséquence de cette présente grève, et ce malgré la formulation récurrente de "l’année blanche" qui se veut intimidante. En novembre déjà, nous avons d’ailleurs témoigné nos inquiétudes vis-à-vis du retard inacceptable pris par notre administration. En effet, le neuf janvier deux mille dix sept, soi au premier jour du présent mouvement, le déroulement de l’année été déjà défaillant depuis trois mois.

Un mouvement de quarante-deux jours, ou le blocus pédagogique n’a été déclaré par les étudiants que le 9 janvier 2017 et levé le 5 février de cette même année, ne peut être l’élément responsable d’une éventuelle "année blanche". Notons qu’effectivement, des cours avaient été proscrits le jour où une grève de la faim fut enclenchée.

A ce jour, lundi 20 février 2017, nous étudiants de l’Ecole supérieure des beaux arts d’Alger, maintenons nos positions, concernant la tenue impérative des promesses émises, comme condition sine qua none a notre collaboration.

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