Rapprochement du Japon et des États-Unis pour contrer la Chine ?

Donald Trump et le premier ministre japonais Shinzo Abe
Donald Trump et le premier ministre japonais Shinzo Abe

Le président des États-Unis, Donald Trump, a décidé de se rapprocher du Japon et recevait le 10 février à Washington le premier ministre Shinzo Abe.

Pendant cette rencontre, il a réitéré l’engagement de son pays d’assurer la sécurité du Japon, de toutes les régions relevant de son autorité administrative et à renforcer son alliance, qui serait selon lui d'une importance cruciale. Chose encore plus importante, le président a aussi réitéré le soutien américain au Japon dans le conflit des îles Senkaku/Diaoyu qui l’oppose à Pékin. Le président a de plus affirmé qu’il voyait comme une très haute priorité de se défendre contre les missiles nord-coréens et la menace nucléaire qu’ils font peser sur la région.

Trump et Abe ont même réaffirmé, dans un communiqué publié à l'issue de leur rencontre, que le Traité de sécurité américano-japonais s'appliquait à l'archipel des iles Senkaku, revendiquer par la Chine. Ils ont aussi exprimé leur opposition à toute action qui viserait à remettre en cause l'administration de ces îles par le Japon. Elles sont une partie de son territoire depuis la dernière guerre.

Cet engagement des Américains pourrait être directement lié à l’unilatéralisme agressif de la Chine dans la mer qui porte son nom. Contrairement à ce que les dirigeants chinois crient sur tous les toits, ce ne sont pas le Japon ni les États-Unis, mais bien eux qui bousculent actuellement l'équilibre géostratégique en Asie du Nord-Est. Ces derniers sont en train d’y développer une doctrine du «taureau sourd». Ils foncent sur le terrain, détruisent le statuquo, violent les frontières, s’installent à demeure, imposent leur volonté sans écouter tous les avertissements et forcent leurs adversaires à une confrontation directe. La Chine utilise actuellement cette doctrine dans la majeure partie de la mer de Chine méridionale, franchissant allégrement les frontières maritimes des États riverains tels les Philippines, le Vietnam et la Malaisie. Faisant fis du droit international qui l’a condamnée, elle prend le contrôle d’îlots ou en créent de toutes pièces qu’elle arme par la suite. Le Vietnam perd actuellement des pêcheurs, des Îles et du territoire aux mains de l’armée chinoise.

Un autre problème que vivent les États-Unis et le Japon en Mer de Chine est aussi la constante provocation de la Corée du Nord. Le régime de Kim Jong un survit contre toute logique dans un monde où ses actions inhumaines face à son peuple font partie d’un passé que tous les pays voudraient oublier. S’il y arrive, c’est qu’il reçoit une aide discrète de la Chine qui continue à le soutenir pour faire pression sur la Corée du Sud et les États-Unis. Le projet de lancement d'ICBM de la Corée du Nord est un bon exemple de cette situation qui vise à créer une crise internationale pour enliser les adversaires des Chinois. On se souviendra que Séoul a décidé l'an dernier de rejoindre au dispositif américain de bouclier antimissile THAAD.

Une semaine après sa prise de fonction, Donald Trump a été confronté au casse-tête coréen. Il a envoyé le nouveau chef du Pentagone, le général Jim "Mad Dog" Mattis pour rassurer l'allié sud-coréen. Ce dernier y a réitéré que l'engagement de l'Amérique à défendre ses alliés et à leur étendre les moyens américains de dissuasion était "dur comme fer".

En achetant de l’armement américain de dernière génération, Shinzo Abe peut facilement répondre aux demandes de Washington qui se plaint d’un important déficit commercial avec Tokyo. Le temps presse pour les alliés américain et japonais. La bataille du THAAD est relancée en Corée du Sud en raison de la destitution en décembre de la présidente Park Guen-hye. L'opposition de gauche, qui bénéficie de l’aide discrète de la Chine, est désormais en position pour remporter l’élection présidentielle de cette année. Son chef, Moon Jae-in a d’ailleurs promis de se retirer du THAAD. La Chine pourrait donc arracher cet allié du camp américain depuis 1945. Les États-Unis ont de plus compris depuis longtemps qu’ils ne pourront jamais devenir le très bon partenaire que souhaite Xi Jinping. Cela signifierait leur domination par la Chine d’ici 30 ans. Les Américains sont encore pour quelques années la plus grande puissance militaire sur la planète. Cela continuera tant que la Chine n’aura pas réussit a convertir suffisamment de ses réserves financières en pouvoir militaire, ce qu’elle fait actuellement a cadence accélérée.

Michel Gourd

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Mohamed Nassim Bouhedli

Merci pour l'article, que je trouve très intéressant.

Votre lecteur fidèle Mr Bouhedli Mohamed Nassim

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Massinissa Umerri

Voila que tousles de's tombent en place... Le lien Poutine-Trump, n'est pas une hasard, n'est-ce pas ! Ainsi que l'image de Bully, que Trump projette consciemment, c. a. d. a la Bush. En d'autres termes, faute de Diplomatie, il y a lieu de faire croire a un "sans conscience/fou" - a la facon Bush. C'est plus facile de faire face aux Chinoix depourvus des Camarades. Les chances que les installations nucleaires Nord-Coreennes, petent dans quelques mois, avec une operation chirirgicale, sontdans l'ordre de 80% !