Sept étudiants poursuivent leur grève de la faim à l'Ecole des Beaux-arts d'Alger

Les étudiants des Beaux-Arts poursuivent leur grève.
Les étudiants des Beaux-Arts poursuivent leur grève.

Depuis trois jours, six étudiants de l'Ecole des beaux-arts d'Alger. Ils viennent d'être rejoints par un septième.

L'Ecole supérieure des beaux-arts qui avait donné les plus illustres artistes à l'Algérie semble abandonnée par les autorités. Le malaise est abyssal. L'Ecole est bloquée depuis le début janvier. Plus aucun cours n'est assuré. Devant le mépris affiché par la tutelle et l'administration, sept étudiants sont en grève de la faim à l'intérieur de l'Ecole. Ils occupent un des ateliers de l'Ecole.

L'administration refuse d'appeler une ambulance

Mercredi, un des grévistes de la faim, un étudiant de 19 ans, a perdu conscience. Les étudiants s'alarment et demandent à l'administration de l'Ecole une ambulance. "Ils ont refusé de l'évacuer, il serait mort dans l'école, je pense qu'ils n'auraient rien fait", s'enflamme un gréviste. Ce sont les étudiants qui ont été obligé d'appeler une ambulance qui a évacué le gréviste.

Un cadre d'enseignement médiocre

Pendant que les étudiants ont déserté l'établissement une quarantaine d'autres ferraillent avec l'administration pour faire aboutir leurs revendications. "Nous voulons un meilleur enseignement, des moyens conséquents et un encadrement à la hauteur de la réputation de l'Ecole", détaille un étudiant. Les étudiants grévistes demandent aussi un meilleur hébergement.

Quelle est réponse de la tutelle ? "Tout le monde se fout de nous, l'administration comme le ministre, tout le monde se fichent de ce qui se passe ici", hurle une étudiante de colère. "Ce qu'on voit à l'Ecole supérieure des beaux-arts est très grave", s'alarme son camarade. "La moitié des enseignants n'ont pas le niveau d'enseigner, on se demande comment ils ont obtenu leurs postes ?" s'interroge une étudiante.

Azzedine Mihoubi fait un tour plus s'en va !

Le ministre de la Culture est venu discuter avec les étudiants. Mais comme la précédente visite, il n'avait rien à leur proposer. "A part l'hébergement des étudiants pour lesquels il a proposé une amélioration ainsi que le transport, mais rien sur l'enseignement", regrette Kamel. L'administration a tenté de faire pression sur les grévistes, "Au lieu de répondre à nos revendications, la direction cherche à casser le mouvement, elle a ramené aujourd'hui (mercredi, ndlr) des étudiants pour nous convaincre d'arrêter la grève, ils craignent l'année blanche leur a-t-on expliqués", raconte Kamel. L'étudiant avoue que quand un étudiant est dans leur ligne de mire, "ils le sabotent"

Le ministre de la Culture a été saisi à maintes reprises de la situation gravissime de cette Ecole autrefois prestigieuse. Que fait-il pour ces étudiants qui, en désespoir de cause, se mettent en danger pour se faire entendre ? Peut-être attend-il qu'un des étudiants en grève de la faim arrive à un état grave pour consentir à prendre des mesures à la hauteur de la situation.

Pourtant, le ministre de la Culture, le wali d'alger avec le directeur de l'Ecole ont eu recours à maintes reprises au talent de ces jeunes artistes pour exécuter des projets. N'ont-ils pas réaliser une maquette pour la rénovation d'une place à Télemly ? N'ont-ils pas réalisé un bas-relief de 30 m estimé à plusieurs milions suite à une demande extérieure à l'école ? Est-ce là la récompense pour le travail accompli ?

Il faut rappeler que l'Ecole des beaux-arts de Sétif est aussi en grève depuis le début janvier pour les mêmes raisons.

Yacine K.

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