L’Ecole supérieure des Beaux-arts d’Alger en crise

Les étudiants des Beaux-Arts en grève.
Les étudiants des Beaux-Arts en grève.

Les étudiants de l’Ecole supérieure nationale des Beaux-arts d’Alger nous ont adressé ce courrier sur la situation de leur Ecole. La situation qu'ils décrivent est alarmante et le silence de la tutelle est encore plus sidérant.

Lundi 9 janvier deux mille dix-sept, c’est consternés que nous étudiants de l’Ecole supérieure des beaux arts d’Alger, annoncions notre entrée en grève, et ce pour une durée indéterminé, face à l’inaction de nos tutelles concernant les droits que nous revendiquons sans cesse depuis maintenant presque deux ans, et au déclin incontestable que subit notre situation estudiantine d’une génération a une autre.

Dès le 8 novembre deux mille seize, nous avons déclaré un arrêt de cours, exprimant ainsi nos sérieuses inquiétudes face à une rentrée retardée à maintes reprises, et a des embûches censées être écartées définitivement de nos préoccupations.

Privés de restauration

Depuis, malgré notre entière collaboration, et en dépit de notre bonne fois, que nous avions montrée suite à l’annonce d’une visite ministérielle qui n’a pas eu lieu, les problématiques soulevées restent non traitées.

En effet, durant deux mois, et ce, ajoutés aux problèmes logistiques et pédagogiques rencontrées au sein de l’Ecole, les étudiants internes toujours en hébergement provisoire se sont vu privés de restauration, malgré les promesses émises à maintes reprise de la part du directoire de l’Ecole et de notre tutelle.

En voyant ainsi notre rentrée toujours retardée, l’absence du corps enseignant, estudiantin, et le silence plaisant de nos responsables quant à l’émission de solutions concernant un état de fait chaotique, nous avons été contraints de réagir.

Devant un constat alarmant qui met notre vie estudiantine et notre Ecole en danger plus que jamais, et face à la sourde oreille de notre administration qui, n’a toujours pas entamé un travail exprimant la volonté d’améliorer la situation, et ce, malgré la force revendicative du corps estudiantin, et des promesses écrites et orales délivrées il y a maintenant deux ans.

Dès le 9 janvier deux mille dix sept, l’unique alternative qui s’est offerte à nous fut d’occuper les lieux, en bloquant l’accès de notre école, et ce, non pas jusqu'à une visite ministérielle, mais en attendant la mise en place définitive de sollutions.

Les promesses oubliées du ministre Mihoubi

15 janvier 2017, c’est dans cette optique que nous accueillîmes M. Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture, voulant ainsi lui exprimer la réalité des faits. L’accueil fut sous forme de présentation d’un travail qui, pour nous, reflétait non seulement notre organisation au cours de l’occupation des lieux mais aussi notre profonde volonté, et ce, portant la forme de la spécificité de notre Ecole.

Une lettre explicative fut remise à M. le ministre, suite à son arrivée au milieu d’une installation mettant en exergue les étudiants divisés en groupes de travail, et à une lecture poétique. La lettre en question fut divisée en deux parties distinctes à l’instar d’un mémoire de fin d’étude. L’une appuyant le caractère voulu de cet accueil comme étant un projet artistique, la seconde quand à elle présentant le fondement de notre mouvement.

Mouvement qui s’est imposé par lui-même, car, effectivement, cette situation n’est pas propre à une promotion. Même si, nous sommes forcés de constater l’absence d’initiative depuis les promesses émises il y a deux ans, nous ne pouvons ignorer la malheureuse tradition qui s’instaure de génération en génération au sein des étudiants de l’Ecole supérieur des beaux arts, qui, pratiquement à chaque rentrée, se mettent en grève, revendiquant les mêmes droits depuis trente ans. Situation qui non seulement n’a jamais été améliorée à ce jours, mais au contraire, qui se dégrade de plus en plus vite.

Car si les étudiants de l’ESBA, revendiquent avec force sa faim d’apprendre, c’est à la faim qu’il fait face aujourd’hui, l’empêchant ainsi d’espérer une formation adéquate, et un cursus saint.

Suite à cette visite ministérielle, et à l’exposition de ces faits, c’est encore face à une promesse orale non tenue que nous nous sommes heurtés. En effet, il fut convenu, qu’en réponse à cet état d’urgence, les problèmes logistiques et pédagogique commenceraient a être réglés et ce dans un délai de dix jours. En commençant par la situation de l’étudiant interne relative à un hébergement définitif, et à l’instauration d’un conseil pédagogique dans ces même délais.

Pourtant, malgré notre collaboration que nous avons exprimée en débloquant les services administratifs de l’Ecole, aucune réponse ne nous a été communiquée, et ce même après le dépassement dudit délai.

Aujourd’hui, à défaut de s’améliorer, le dialogue entre le corps estudiantin, l’administration, et la tutelle, se voit tout bonnement écarté.

Les services n’étant plus bloqués, entament de ce fait, un travail à l’encontre de l’étudiant, nous privant d’abord du transport assuré entre l’école et l’hébergement provisoire. Pour émettre ensuite des directives nous empêchant d’avoir accès à la documentation ou au service de scolarité.

Exprimant clairement une volonté de nous décourager, et d’isoler les étudiants occupant, notre troisième semaine de grève fut marquée par une interdiction d’accès à l’Ecole, voire même d’en sortir. Utilisant comme prétexte un accès réservé aux détenteurs de carte estudiantine, en contradiction avec notre contexte en vue d’une rentrée qui n’a pas été menée à terme, et à l’inaccessibilité du service délivrant cette dernière.

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