Les subventions se font rares en Algérie

Après avoir organisé des manifestations onéreuses les autorités serrent les boulons à certaines associations.
Après avoir organisé des manifestations onéreuses les autorités serrent les boulons à certaines associations.

Le temps des subventions, des vaches généreuses pour certains et vaches maigres pour d’autres, est ouvert dans un climat de suspicion et défavorable dans notre pays.

A Tizi-Ouzou, le commun des mortels sait que la direction de la culture, l’organisation des moudjahidines et le secteur de la jeunesse des sports sont par excellence les organismes dont les subventions pour les associations et artistes sont triées aux volets. D’abord les associations qui rendent service, les associations sportives et religieuses sont privilégiées, opportunistes et vautours profiteurs sans vergogne sont favorisés au détriment de la vraie culture et artistes innovateurs et créateurs de talents. Les autres sont vite écartés car ils ne jouent pas le jeu. Taxés souvent de souverainistes, de communistes, elles payent un lourd tribut. Marginalisées, ostracisées, ignorées par le pouvoir en place, de nombreuses associations survivent grâce aux dons offerts par certains mécènes puis ils se rendent à l’évidence (peine perdu) et meurent à petit feu. Les autorités pratiquent la politique de l’autruche et le ségrégationnisme culturel.

Le plus gros contributeur pour les associations est l’APW de Tizi-Ouzou et les deux ministères celui de la jeunesse des sports et de la culture. On nous rapporte que les services secrets Algériens et le RG ont donné des instructions très fermes et ont imposé la liste des associations et autres artistes auxquels il ne faut surout pas attribuer de subventions. C’est une véritable purge en toute impunité et une véritable chasse aux sorcières qui se fait en Kabylie particulièrement et même en Algérie généralement.

Avec le temps des vaches maigres ce sont donc les associations qui gardent une certaine indépendance du pouvoir qui en souffrent les premières. Tous les secteurs sont concernés par le clientélisme et la corruption. Sans argent, un artiste ou une association ne peut pas vivre.

Les souvenirs sont amers. On se rappelle bien lorsque l’Algérie engrangeait des rentes records et l’argent coulait à flot, les autorités organisaient des manifestations démesurées ("Alger, capitale arabe", "Constantine aussi capitale arabe" et "Tlemcen, capitale islamique"), des sommes colossales et astronomiques sont dépensées dans les méandres de l’inculture et de l’abrutissement. Toutes ces sommes en milliards auraient servir à construire des cinémathèques dans chaque wilaya, des salles de spectacles, des musées, relancer le cinéma agonisant, créer des festivals et autres rencontres pour les néophytes et faire sortir de l’anonymat de jeunes artistes talentueux, offrir de belles opportunités pour les jeunes talents novateurs dans tous les domaines (théâtre, art plastique, danse, chant…). Rien n’a été fait hormis des "commerçants" véreux et sans scrupules devenus à la hâte éditeurs et producteurs afin de profiter et de s’enrichir de ces manifestations éphémères et inutiles.

Amroun O.

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