Massoud Barzani : si al-Maliki revient au pouvoir, je proclamerai l'indépendance du Kurdistan

Massoud Barzani
Massoud Barzani

Dans un long entretien au quotidien "Asharq al-Awsat", Massoud Barzani le leader kurde et président du gouvernement régional du Kurdistan en Irak a répondu en toute clarté à l'ensemble des questions posées par ce journal arabophone édité à Londres.

Massoud Barzani a reconnu que les pertes dans les rangs de ses troupes "peshmergas" contre l'État islamique depuis 2014 à ce jour s'élèvent à 1668 morts et 9727 blessés, mais son ennemi a perdu de son côté 15 000 hommes. Pour les aides reçues, il a déclaré que les frappes aériennes de la coalition étaient intenses, précises et d'un grand appui pour son armée, mais l'aide en armement reste insuffisante.

En ce qui concerne Abou Bakr al-Baghdadi, l'émir de Daech, Barzani a répondu qu'en dépit de l'efficacité de ses services de renseignements très actifs, il n'a pas pu localiser ce chef terroriste qui se déplace sans cesse entre Mossoul et Tall-Afar en Irak et la Syrie. Toujours au sujet l'État islamique en Irak et au Levant, le président du Kurdistan a répondu que cette organisation criminelle ne porte pas de haine uniquement pour les Kurdes, mais pour toute l'humanité. Il ajoute que le plus grand nombre de ses combattants sont des Tchétchènes suivis des Asiatiques qui parlent arabe. Pour les pays dit arabes, ce sont les Tunisiens qui sont en tête de l'effectif.
Barzani a révélé que d'après les cartes géographiques récupérées par ses troupes, le projet de l'état Daechien commence de l'Inde jusqu'en Espagne en passant par l'Afrique du Nord.

Au sujet des forces étrangères à l'Irak, le chef kurde a répondu que c'est l'Iran qui a une grande influence sur le pouvoir de Bagdad. Pour les USA, Barzani attend beaucoup de la nouvelle équipe, car il les connaissait très bien, dit-il, parce que beaucoup d'entre eux ont travaillé dans la région et ils ont même visité le Kurdistan.

Pour sa relation avec Bagdad, le leader kurde ne croit plus à l'unité de l'Irak et que sa relation avec les maîtres de Bagdad n'est pas au top sauf dans le combat contre Daech à Mossoul où il y a une bonne collaboration entre les peshmergas et l'armée irakienne. D'après Barzani, Bagdad accuse les Kurdes d'exporter le pétrole sans les consulter alors que cette exportation et le résultat de la politique du pouvoir central qui a privé cette région de son budget habituel et les chefs kurdes n'ont que ce choix pour s'autofinancer.

Sur la question, si un jour Nouri al-Maliki revient au pouvoir, le président du Kurdistan a répondu que cet homme a choisi la voie sectaire et que des milliers d'Irakiens ont été assassinés sous son règne, en un mot, il a détruit le pays. Alors, je ne le souhaite pas, mais si cela arrive, je proclamerai l'indépendance du Kurdistan à l'instant même où il redeviendrait Premier ministre sans que je consulte qui que ce soit.

En fin, Massoud Barzani né le 16 août 1946 a révélé qu'il avait passé trois quarts de sa vie dans les montagnes, dans la lutte et dans les guerres et qu'il avait pris son premier fusil à l'âge de 16 ans et qu'il n'avait pas lâché à ce jour.

Rachid Mouaci

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Commentaires (1) | Réagir ?

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oziris dzeus

burlesque tout de même,