Le MDS-Oran pourfend la direction "frelatée" du parti et appelle les Algériens au boycott

Le MDS-Oran pourfend la direction "frelatée" du parti et appelle les Algériens au boycott

Que se passe-t-il au Mouvement démocratique et social. Depuis quelques mois on assiste à une scission entre une partie de la direction qui compte participer aux législatives et une autre, qui se revendique de l'ancien coordinateur Hachemi Cherif qui s'inscrit dans une ligne de refus de tout compromis avec le système.

Dans un communiqué qui nous est parvenu, la fédération MDS d'Oran fait porter au système la "responsabilité" de "l’impasse totale dans laquelle se trouve notre pays et dans la fermeture de toute perspective de sortie réellement démocratique de la crise qui le gangrène". Pour cette mouvance du MDS, l'élection est une opportunité de "légitimation du système". Les auteurs voient d'ailleurs d'un mauvais oeil le renforcement de sa (système) "sainte alliance avec l’islam politique anticonstitutionnellement organisé en l’élargissant aux milieux de “l’argent sale” qui investissent de plus en plus les institutions, notamment via la pratique impunie de "l’achat-vente cash" de sièges électifs lors des parodies électorales telle celle qui se déroulera en mai prochain".

Le MDS d'Oran estime que l'opposition est de façade "dont le participationnisme électoral irréfléchi n’a fait que l’affaiblir en l’éloignant de la société". Une bipolarisation manifeste, FLN-RND se dessine "selon les vœux du Président".

Dans la seconde partie du communiqué, les auteurs reviennent sur le courant participationniste du parti et sa direction actuelle. "C’est dire, dans cette conjoncture, le caractère incongru de la décision de certains "dirigeants" de l’appareil normalisé du MDS, dirigé aujourd’hui par Y. Teguia et H. Farhi, de participer coûte que coûte aux prochaines élections. Et ce, même si l’attitude de ce dernier (Farhi) n’est pas une surprise vu l’ambition démesurée à la députation dont il aurait fait montre en 2012 quand, tout en étant Coordinateur du MDS (frelaté) et parce que ce dernier boycottait les élections, il se serait inscrit à titre personnel sur une liste FFS à Staouéli."

Puis d'ajouter : "Tout en se disant démocrates, ces “dirigeants” ne semblent accorder aucun intérêt aux avis majoritaires exprimés par “leur” conseil national quand ces avis ne confortent pas leurs positions et ils ne semblent tirer aucune leçon de leur honteuse expérience en matière électorale de 2007 (du temps de Hocine Ali). Le comble est qu’ils arrivent même à se présenter, sans scrupule, comme les exécuteurs testamentaires de la volonté de notre regretté Hachemi Cherif. Soi-disant “en faisant leur sa dernière recommandation” d’aller aux élections … tout en oubliant d’informer leurs lecteurs et auditeurs que L’Hachemi en a parlé seulement en termes de possible option. Une option que, depuis 1991, ni le PAGS, ni Ettahhadi ni le MDS n’ont écartée définitivement. Une option de prendre part aux compétitions électorales pour peu que les conditions d’une vie démocratique soient réunies et que les règles du jeu démocratique soient respectées par les pouvoirs. Une option enfin qui n’a jamais pu se réaliser vu que ces derniers n’ont jamais permis l’éclosion et le développement d’une véritable vie démocratique, ont tout fait (surtout depuis) 1999 pour assécher encore plus les acquis démocratiques d’Octobre 1988 et se préparent, dans un proche avenir, à n’accorder – le maintien d’une “devanture démocratique” oblige – la survie qu’à de rares espaces d’expressions libres … mais contrôlées. Autant dire, en d’autres termes, que ces “dirigeants” du MDS-frelaté semblent agir comme s’ils avaient perdus toute autonomie et tout lien avec les valeurs du Mouvement et de la “famille politique” dont ils se réclament ! Et les citoyens algériens ne s’y tromperont pas quand ils les traiteront comme le reste de la classe politique participationniste qu’ils rejettent."

Les militants du MDS-Oran affirment-ils, comptent boycotter les législatives et tiennent "à partager avec vous notre intime conviction que tant que le système rentier qui régente notre pays demeure en place, l’état de privation et de piétinement de vos/nos droits et libertés publiques ne changera pas avec vos/nos massives intentions de boycott des prochaines législatives". Ils appellent à un large front patriotique et républicain

"Un mouvement de résistance active, de solidarité et de coordination des luttes économiques, sociales, culturelles et d’idées, en lien avec les aspirations des producteurs intègres de richesses matérielles et intellectuelles et des forces saines, et honnêtes qui échappent au contrôle de l’intégrisme islamiste et aux tentations de la corruption".

Synthèse Yacine K.

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