"Le régime en place n'a pas le monopole de l'amour du pays", estime Benflis

Ali Benflis.
Ali Benflis.

Nous reproduisons ci-après des extraits de l'intervention de M. Ali Benflis, Président de Talaie El Houriyet, à l’occasion de la troisième session du Comité Central du Parti.

Cette session du Comité Central est saisie de quatre rapports dont vous avez été rendus destinataires il y a quelques semaines et qui je n’en doute pas un seul instant, ont retenu toute votre attention et se sont vus accorder de votre part toute l’importance qu’ils méritent. (...)

Le premier de ces rapports concerne la situation politique, économique et sociale prévalant dans le pays. Le deuxième de ces rapports porte sur les conditions politiques, juridiques et institutionnelles dans lesquelles sont appelés à intervenir les prochains rendez-vous électoraux. Le troisième de ces rapports porte sur la situation organique du Parti. Le quatrième et dernier rapport est celui que le Bureau Politique doit statutairement présenter à chaque session du Comité Central sur ses activités, ses initiatives et ses décisions. (...) Permettez-moi cependant de partager avec vous quelques réflexions qu’ils m’inspirent. (...)

Votre Parti ne fait pas dans l’approximation et dans l’improvisation ; chaque pas qu’il effectue est mesuré et chaque choix qu’il fait est soigneusement pesé. Nous ne lançons pas des idées en l’air juste pour les suivre des yeux et essayer de deviner ce qui en sortira. Nos idées, nos critiques et nos propositions font l’objet d’un plus grand soin et d’un plus grand sérieux que cela. Nos critiques ne sont jamais formulées sans démonstration. Nos idées ne sont jamais soumises sans des faits et des données qui les appuient. (...)

Votre Parti ne s’épuise pas à tenter de détecter les vents dominants pour aller dans leur sens ; nous avons notre propre cap et nous nous y tenons et nous avons la voie que nous nous sommes choisie et nous n’en devions pas. Votre Parti avance et ne recule pas au premier obstacle, à la première contrariété et à la première épreuve. Votre parti est porteur d’un projet politique, il a une identité politique et il a une ligne politique et je sais que pour vous toutes et que pour vous tous ce projet, cette identité et cette ligne politique ne sont pas à géométrie variable c'est-à-dire modulable au gré des conjonctures passagères, des calculs à courte vue et des petits bénéfices que peuvent procurer les petites tactiques politiciennes. (...)

Notre premier objectif, celui qui prime sur tous les autres, a été d’aider à éloigner notre pays de l’impasse globale dans laquelle il se trouve et d’apporter notre contribution visant à le mettre sur la voie de la modernisation politique, de la rénovation économique et des réformes sociales. Cet objectif, nous ne le perdons jamais de vue et nous nous permettrons jamais de le mettre à l’arrière- plan de nos préoccupations car il constitue la raison d’être même de notre Parti.

Notre second objectif a été de prouver sur le terrain de l’action politique qu’il existe une alternative réelle au régime politique en place qui a conduit l’Etat et ses institutions vers des niveaux inégalés de faiblesse, de manque de crédibilité et de perte de confiance ; un régime politique qui porte la responsabilité directe dans le lamentable gâchis économique que nous avons sous nos yeux ; un régime politique qui a semé l’apathie, l’angoisse et le désespoir au sein de notre société et un régime politique dont le culte de la stagnation et de l’immobilisme porte chaque jour des coups plus sévères aux ambitions légitimes et aux motifs de confiance et d’espoir que notre pays est en droit d’entretenir. Cette alternative existe et nous sommes fiers de pourvoir dire que nous la portons ensemble dans les rangs de Talaie El Hourriyet.

Notre troisième objectif a été , et il reste, de mobiliser nos concitoyennes et nos concitoyens autour de cette alternative globale, réaliste et praticable dans le cadre du grand rassemblement pour le changement que nous aspirons à bâtir malgré tous les obstacles et malgré toutes les embûches que l’on s’emploie à dresser sur notre chemin. Nos rangs grossissent de jour en jour ; l’écho de notre effort collectif gagne en puissance jour après jour ; et notre message politique parvient à tous ceux auxquels il est destiné et en tout premier lieu, à nos compatriotes qui trouvent dans ce message politique l’occasion, le cadre et la base pour rétablir tous les liens rompus avec un grand projet rassembleur pour notre Nation et de grandes ambitions dignes de notre grand peuple.

Mesdames et Messieurs,

Il n’y a pas de recette miracle ; il n’y a pas baguette magique ; il n’y a plus de bague de Salomon. L’archaïsme politique ne produira pas la modernité politique. Un Etat patrimonial, clientéliste et rentier ne produira pas la rénovation de notre système économique. Un régime politique qu’un gouffre abyssal sépare du reste de la société ne produira pas des réformes sociales profondes et significatives.

Cette réalité est amère mais malgré son amertume, elle s’impose à nous et nous devons la reconnaitre comme telle.

J’ajoute à cela qu’un régime politique qui n’a pour objectif que sa pérennité et sa survie ne peut pas être l’auteur d’un projet national emportant l’adhésion de toutes les algériennes et de tous les algériens. Un régime politique plus soucieux de maintenir un minimum de cohérence et de cohésion entre ses clientèles ne peut pas être l’auteur du grand rassemblement national dont le pays a besoin pour surmonter les crises qui l’assaillent de toutes parts. Un régime politique qui se borne à compter les jours et qui n’a pour seule perspective que celle de gagner du temps ne peut pas regarder au loin et ne peut pas être l’auteur de grandes ambitions pour notre grande Nation.

C’est pour toutes ces raisons que perdure l’impasse politique totale dans laquelle se trouve notre malheureux pays. C’est pour toutes ces raisons que la riposte à la grave crise économique actuelle est au-dessus des capacités du régime politique en place et qu’elle est hors de sa portée. Et c’est par ces mêmes raisons que s’explique l’état de panique, de sidération et de perplexité dans lequel se trouve le régime politique en place face à une montée des tensions sociales aux conséquences imprévisibles.

Lorsque nous parlons d’une impasse politique totale, le régime politique en place nous répond que cette impasse n’existe absolument pas. Et pour lui donc soit nous délirons soit nous sommes frappés d’une hallucination collective. Pourtant dans les rues de nos villes comme sur les chemins de nos campagnes, dans nos centres urbains comme dans le monde rural et dans les lieux publics comme dans les discussions privées, cette impasse politique est le sujet de toutes les discussions du moment. Bien sûr tous nos compatriotes ne parlent pas "d’impasse politique totale". Ils ont une formule bien à eux qui signifie la même chose. Ils parlent d’une situation politique qui n’est pas bonne ou d’une situation politique qui n’est pas rassurante. Pourquoi donc formulent-ils ainsi les sentiments d’angoisse, de préoccupation et d’inquiétude qu’ils éprouvent ? Tout simplement parce que comme nous tous ils voient bien que notre pays n’est plus géré ; parce que lorsque des initiatives ou des décisions sont prises, ils ne savent pas qui les prend ; parce qu’ils voient bien que ces initiatives et ces décisions sont prises très souvent dans l’approximation, dans l’improvisation et dans la désinvolture et qu’elles sont aussi souvent gelées ou annulées ; et parce qu’ils ressentent, au fond d’eux-mêmes que l’Etat national et ses institutions sont affaiblis et qu’ils ne sont pas à la hauteur des missions nationales qu’ils sont censés assumer.

Lorsque nous parlons d’une crise économique dont le traitement est à l’abandon, le régime politique en place nous répond que nous sommes des nihilistes, que nous sommes des anarchistes et que notre passe-temps favori est de semer l’angoisse et la peur dans les cœurs de nos compatriotes. Si la source de l’angoisse et de la peur de l’avenir qui habitent les cœurs des Algériennes et des Algériens était dans notre discours nous l’aurions changé volontiers sans hésitation et sans perdre même une seule seconde. Mais là aussi, c’est ce qu’ils voient, c’est ce qu’ils entendent et ce qu’ils vivent qui entretient l’angoisse et la peur que ressentent nos concitoyennes et nos concitoyens.

Et de fait tout comme nous, nos concitoyennes et nos concitoyens ne savent-ils pas que la crise économique en est à sa troisième année sans que lui soit opposés une prise en charge et un traitement adaptés, convaincants et crédibles ?

Nos concitoyennes et nos concitoyens ne savent-ils pas que le régime politique en place a eu entre les mains près de 1000 milliards de dollars sans pouvoir bâtir une économie saine dynamique et productrice et ne se demandent-ils pas comment, après un tel échec retentissant, ce même régime politique pourrait-il bâtir un nouveau modèle de croissance comme il le prétend avec beaucoup de légèreté ? Nos concitoyennes et nos concitoyens ne savent-ils pas que les ressources financières du Fonds de Régulation des Recettes sont épuisées ? Nos concitoyennes et nos concitoyens ne savent-ils pas que les réserves de change du pays se dirigent vers le même assèchement à raison d’une diminution de plus de 25 milliards de dollars annuellement ? Nos concitoyennes et nos concitoyens ne savent-ils pas que la mise en conformité fiscale qui n’est que le nom d’emprunt d’une amnistie fiscale et le nom de code d’un blanchiment d’argent douteux a échoué dans les grandes largeurs ? Nos concitoyennes et nos concitoyens ne savent-ils pas que l’emprunt national n’a pas connu meilleur sort ?

Nos concitoyennes et nos concitoyens savent tout cela et ils savent même un peu plus. Ils savent que la réduction de près de moitié du budget d’équipement sur la période 2015/2017 va coûter la perte de centaines de milliers de postes d’emploi. Ils savent que la brutale escalade fiscale va porter des coups sévères à leur pouvoir d’achat. Ils savent que la dévaluation du dinar va entrainer un renchérissement du coût de la vie. Ils savent que les classes moyennes et les couches les plus vulnérables sont les cibles de ce matraquage fiscal alors même que sont épargnées les fortunes colossales amassées par les clientèles gâtées du régime politique en place et par tous ceux auxquels il assure un accès privilégié aux sources nourricières de la rente. Ils savent que le régime politique en place détourne soigneusement son regard des véritables gisements de ressources financières dont il n’entend toujours pas importuner les détenteurs ; pourtant ces gisement sont localisés depuis longtemps et leur localisation est connue de tous : ils sont notamment dans l’évasion fiscale, dans la fuite des capitaux, dans toutes les formes de fraude au commerce extérieur, ils sont dans la corruption et ils sont dans la surévaluation des projets.

Lorsque nous parlons de la dangereuse montée des tensions sociales, le régime politique en place n’hésite jamais à brandir l’arme de dissuasion absolue qu’il croit détenir et qui n’est rien d’autre que la main de l’étranger. Lorsque l’opposition réclame un changement démocratique, c’est la main de l’étranger ; lorsque des syndicats descendent dans la rue pour défendre leurs droits, c’est la main de l’étranger ; lorsque des organisations des droits de l’Homme réprouvent les atteintes aux libertés, c’est la main de l’étranger ; lorsque les associations de commerçants protestent contre les nouvelles taxes, c’est la main de l’étranger, lorsque les prix flambent, c’est la main de l’étranger, Ghardaïa, c’est la main de l’étranger ; In Salah et la dénonciation des conditions d’exploitation du gaz de schiste, c’est la main de l’étranger ; Ouargla et les manifestations pour les droits des chômeurs, c’est la main de l’étranger.

Et depuis quelques jours nous avons appris, sans savoir si nous devons en rire ou en pleurer, que la main de l’étranger manipule nos enfants et qu’elle est derrière leurs marches contre la réduction de la durée des vacances scolaires d’hiver.

Le régime politique en place n’a pas le monopole de l’amour, de la loyauté et de la fidélité au pays ; il n’est pas le détenteur exclusif du patriotisme. Nous n’acceptons pas l’instrumentalisation politicienne del’amour de la patrie. Nous tous rassemblés ici sommes aussi les héritiers de l’Emir Abdelkader, du Cheikh El Mokrani et du Cheikh Ahaddad. Nous tous rassemblés ici sommes aussi les continuateurs de l’œuvre libératrice de Benboulaid, de Lotfi, de Hassiba Benbouali, de Ben Mhidi et de Abane Ramdane. Nous tous rassemblés ici ressentons aussi comme un serment sacré à honorer de bâtir la République démocratique et sociale dans le cadre des principes islamiques pour laquelle sont tombés les meilleurs des enfants de notre pays.

Nul n’est plus patriote que l’autre et ceux qui se battent pour les droits, pour les libertés et pour le changement politique, économique et social ne sont certainement pas moins patriotes que ceux qui veulent nous faire prendre la stagnation pour de la stabilité, l’immobilisme pour de la tranquillité et les réformes pour du chaos et de l’anarchie. Ce régime devrait pourtant savoir que la main de l’étranger n’est rien d’autre qu’un argument fallacieux dont excipe l’Etat de non droit en perte de vitesse. Il devrait savoir aussi que la main de l’étranger est l’explication facile à laquelle ont recours toutes les autocraties pour s’exonérer de leurs responsabilités directes dans les échecs vers lesquels elles finissent par mener les Etats où elles sévissent. Il devrait savoir, enfin, que la main de l’étranger est une justification commode pour les gouvernances politiques défaillantes.

Les Etats ne sont pas des anges. Ils ne se veulent pas que du bien. Les relations entre eux ne se tissent pas seulement par de la morale, de bons sentiments et d’élans altruistes. Souvent, ces relations se font et se défont par des conflits d’intérêts et d’antagonismes dans les desseins.

Mais à trop être utilisée sans raison évidente et sans constat dûment établi, la justification par la main étrangère de tous les revers et de tous les déboires finit par se retourner contre ses manipulateurs.

Et c’est à cela que nous en sommes arrivés, aujourd’hui, dans notre pays où toute référence à la main de l’étranger ne sert plus qu’à provoquer des sourires narquois, à alimenter les anecdotes et à jeter davantage de suspicion et de discrédit sur ses auteurs.

Mesdames et Messieurs,

A travers ces réflexions que m’inspire l’état affligeant dans lequel se trouve notre pays et que j’ai tenu à partager avec vous, je n’ai fait que décrire les symptômes du mal profond dont souffre notre pays. Ce mal porte un nom : c’est la grande crise de notre système politique national. C’est de cette grande crise que dérive l’impasse politique actuelle dont le régime politique en place persiste à nier l’existence avec une rare obstination ; c’est par cette grande crise que s’explique l’incapacité manifeste du régime politique en place à prendre effectivement en charge la crise économique actuelle et à lui apporter le traitement qu’elle requiert et qu’elle attend toujours ; et c’est de cette même grande crise que procède la montée des tensions sociales devant laquelle le régime politique en place panique et perd la maitrise de ses nerfs et de son sang-froid.

Le mal profond dont souffre notre pays étant connu, nous nous serions attendu à ce que le régime politique en place nous propose un remède adapté à sa gravité. Or ce qu’il nous propose c’est un placebo et ce placebo s’appelle les élections. Cette manière de faire ne nous surprend pas car nous savons et toutes les algériennes et tous les algériens savent avec nous que la priorité des priorités pour le régime politique en place est sa pérennité et sa survie et face à cette priorité là, tout le reste passe au second plan.

Il n’y a qu’une seule stratégie qui a fait la réputation du régime politique en place et dont il maitrise parfaitement tous les rouages : c’est la stratégie du passage en force, de la fuite en avant et de la diversion. C’est cette stratégie qui est à l’œuvre avec ces élections que l’on s’échine à nous présenter comme une opération normale devant se dérouler dans un pays en situation normale.

Vous êtes invités, mesdames et messieurs les membres du Comité Central, à décider à cette session de la position de notre Parti quant à l’échéance législative à venir.

Vous êtes l’instance souveraine entre deux congrès de notre Parti et nous avons estimé, mes compagnons du Bureau Politique et moi-même que c’est à vous qu’il revenait de prendre cette importante décision.

Cette décision n’est pas une décision banale et vous n’allez pas la prendre à partir de rien. Nous voulons projeter de notre Parti l’image de la rigueur et du sérieux et à cette fin, vous êtes saisis d’un rapport du Secrétariat National sur les conditions politiques, juridiques et institutionnelles dans lesquelles aura lieu la prochaine échéance électorale. Ce rapport ne laisse rien dans l’ombre. Il explique le sens de ces élections dans le contexte de l’impasse politique actuelle. Il examine leurs implications sur cette impasse politique. Par ailleurs, ce rapport traite des enjeux de ces élections pour notre Parti, de même qu’il traite de leur impact sur son action politique.

Enfin, ce rapport lève le voile, faits et chiffres à l’appui, sur le contenu des deux lois organiques portant respectivement sur le régime électoral et sur ce qui est appelé abusivement la haute "instance indépendante" de surveillance des élections.

Sur un autre plan, vos délibérations ont été précédées d’une large consultation des Bureaux communaux et des Bureaux territoriaux au sujet de la position du Parti sur les prochaines échéances électorales. Nous sommes le seul parti à avoir ouvert, en son sein, un débat politique de cette envergure au sujet de cette échéance. Chacune et chacun d’entre vous peut témoigner que la base militante de notre Parti a accueilli cette initiative avec une satisfaction réelle.

Cette initiative n’a pas été prise pour des considérations de forme ou par convenance. Elle visait à apporter la démonstration que pour nous tous le fonctionnement démocratique de Talaie El Hourriyet n’est ni un vain mot ni un slogan creux. Les positions de notre Parti sur toutes les questions de portée nationale doivent faire l’objet de débats ouverts, de consultation la plus large et de saine confrontation des idées et des opinions. Nos décisions ne sont jamais prises à la sauvette ; elles ne sont pas prises dans des cénacles ; elles n’ont rien de comminatoire et doivent faire l’objet de l’accord le plus large entre nous.

C’est cela le parti moderne, c’est cela le parti transparent et c’est cela le parti démocratique que nous nous sommes engagés à bâtir ensemble.

Ce choix est le bon et les consultations que nous venons de tenir l’ont confirmé. Vous avez été tous témoins de ces consultations et des excellentes conditions dans lesquelles elles se sont déroulées. Chacune et chacun d’entre vous a relevé avec fierté la qualité des débats auxquels elles ont donné lieu, le sens élevé de la responsabilité qui les a caractérisé ainsi que la sérénité et la discipline dont elles ont été empreintes. Je suis sûr d’exprimer les véritables sentiments de chacune et de chacun d’entre vous en estimant que ces consultations ne nous ont rien fait regretter et qu’au contraire leur excellent déroulement a établi un précédent réconfortant et gratifiant dont continuera à s’inspirer notre action politique future.

Notre base militante a assumé son devoir. Aujourd’hui, c’est à vous Mesdames et Messieurs les membres du Comité Central, d’assumer le votre. Dans quelques instants vous allez débattre de la position du Parti au sujet de la prochaine échéance électorale. A l’issue de ce débat, vous déciderez de cette position.

Dans ce cadre là, j’ai une seule demande fraternelle à vous adresser : lorsque viendra pour vous le moment de prendre votre décision ne vous préoccupez que de l’intérêt de l’Algérie et oubliez totalement l’intérêt étroit du Parti. Interdisez-vous de manière absolue de mettre en balance les gains pour l’Algérie avec les gains du Parti. N’ayez à l’esprit que le bien de l’Algérie et l’Algérie seule.

Alors, et si vous acceptez ma demande, posez-vous les seules questions qui vaillent d’être posées et ces questions sont les suivantes : A quoi servent de vraies élections dans de vrais Etats démocratiques et à quoi servent-elles dans notre pays ?

Ces élections sont-elles destinées à constituer un tournant dans la réhabilitation de la citoyenneté véritable et du respect du jugement du peuple souverain où ne seront-elles qu’une autre étape banale dans la perpétuation du déni de citoyenneté et de la confiscation de la volonté populaire ?

Ces élections s’inscrivent-elles dans la trajectoire impérative de la modernisation de notre système politique où ne servent-elles qu’à lui donner un autre sursis et un nouveau souffle ?

Ces élections rapprochent-elles l’heure de l’édification de l’Etat de droit ou l’éloignent-elles et la diffèrent-elles une fois encore ?

Ces élections donneront-elles à la République les institutions légitimes et représentatives dont elle a un besoin vital ou ne seront-elles qu’une autre occasion manquée perpétuant le règne de l’illégitimité et de la non représentativité et amplifiant la perte de crédit de nos gouvernants ainsi que la défiance profonde qu’ils suscitent auprès des gouvernés ?

Ces élections participent-elles d’une volonté réelle de prise en charge de l’impasse politique, de la crise économique et de la montée des tensions sociales ou ne sont-elles qu’un artifice pour les occulter et détourner l’attention prioritaire qui devrait leur être accordée ?

Enfin, ces élections sont-elles véritablement l’instrument du changement et du renouveau auxquels notre peuple aspire du plus profond de lui-même ou ne sont-elles que la même source d’où continueront à puiser la stagnation et l’immobilisme ravageurs dont souffre notre pays ?

Je ne doute pas que chacune et chacun d’entre vous saura répondre en conscience à ces questions essentielles et déterminantes. Et c’est de la réponse que vous saurez leur apporter qu’émergera votre choix qui sera celui du Parti tout entier.

Je souhaite un plein succès à vos délibérations.

Ali Benflis

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Commentaires (1) | Réagir ?

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khelaf hellal

Un monopole de l'amour du pays qui cache mal leur soif du pouvoir, cette propension à user de tous les moyens en leur pouvoir pour se maintenir au pouvoir sans que cela soit considéré comme de la fraude et des pratiques anti-démocratiques. Ils ont noyauté jusqu'aux deux chambres du parlement et les hautes institutions du pays pour en faire des caisses de résonance soumises et entièrement acquises à leur désidératas.