2016, l’année des pitres ! Et rien que ça !

Depuis son retour, Ould Abbès promet bien des surprises aux Algériens.
Depuis son retour, Ould Abbès promet bien des surprises aux Algériens.

J'ai attendu le dernier jour pour ne pas désespérer de 2016, espérant un miracle, quelque chose qui nous rassurerait un tant soit peu, qui nous dise qu'il y a autre chose dans ce pays que les galimatias de Haddad, les bourdes de Lamamra, les plaisanteries d'Amara Benyounès et les faux conseils des ministres.

Je n'ose pas y croire ! Je refuse de croire qu'en une année entière, nous n'ayons connu que ça, les bavardages pathétiques, les concours du meilleur brosseur, le sourire en coin d'Ouyahia, les platitudes de nos ministres, la proposition sérieuse faite aux femmes de reverser leur salaire à l'Etat, la déclaration d'amour à l'Afrique suivie de l'expulsion de milliers d'Africains... Non, il aurait fallu sauver l'honneur, on ne pouvait pas terminer l'année avec tant d'indigence. Je ne voulais plus rire de mon gouvernement, même s'il n'y a rien de plus décapant qu’une Cosa Nostra rattrapée par l'âge et qui se fait un devoir d'ignorer ses rhumatismes et ses pertes de mémoire. Je ne voulais pas clôturer l'année avec, pour seule référence politique, la tournée des zaouïas de Chakib Khelil, les 400 milliards de centimes de Rebrab et les comptes off shore de nos dirigeants. Ils ont oublié de nous informer sur les dents de lait de mon dernier neveu et la réparation réussie de la Simca de mon vieil oncle du bled.

Je sais que les mafias savent être drôles, que depuis Al Capone, Bugsy Siegel ou Lucky Luciano, il est prouvé qu'il y a chez les gens du Milieu, un côté burlesque tout à fait insoupçonnable et que l'on pouvait autant rire avec la grande famille du crime organisé qu'avec Mon oncle Charlie. Mais je n’avais pas envie de rire devant ce constat accablant : 2016 fut l’année des pitres ! Et rien que ça ! Des pitres qui n’ont ni le sens de l'État ni celui de l’humour.

Il est 17 heures, ce 31 décembre. Il est trop tard pour le miracle. 2016 restera bien comme l’année des clowns. Le seul miracle qui a failli s’y produire, c’est que Bouteflika se remette à marcher, comme annoncé par le truculent Ould Abbès. Mais pour aller où ? Gouverner en fauteuil roulant, ce n’est pas si innocent que cela le paraît. Cela suggère que non seulement le fauteuil n’est pas vacant, comme on aurait l’illusion de le croire, mais qu’on y est pour longtemps, selon la bonne vieille formule qui voudrait que l’on soit "cloué dans un fauteuil roulant". Quand on connaît la valeur symbolique du clou dans l’imagerie algérienne, El Mesmar, autant faire son deuil de l’alternance.

Allez, bonne année quand même !

Didou

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Commentaires (3) | Réagir ?

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mourad fakou

Un internaute a écrit à juste titre que les provocations (ou pitreries) constituent un instrument pour tester la réactivité du peuple avant de passer à une nouvelle étape suivante. " L"acceptabilité sociale" est à l’apogée, iil peut continuer à lancer de nouvelles razzias". Le comble aujourd'hui, ce sont 400 députés qui perçoivent en pleine crise financière des rémunérations scandaleuses et qui refusent de siéger. A quand le pointage biométrique des députés?

concerné par la crise ᳣�nancière

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khelaf hellal

C'était à qui mieux, mieux manipulerait la shita multi-facettes et la pommade à relooker. A qui répandrait le plus de pommade jusque dans les interstices, et quand ça ne suffit pas avec les mains on y va avec la truelle. On anticipe même sur les désidératas du maitre de Céans et leur distributeur des prébendes. On lui tresse des lauriers à tout bout de champ et on l'applaudit au quart de tour avant même qu'il n'ait terminé son discours, on le couvre de louanges et d'omnipotentialité sans qu'il le demande, on lui prête même du cerveau au dessus des meilleurs d'entre nous. Un système politique basé sur la servitude volontaire et sur l'indignité et l’égoïsme de ses serviteurs.

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