Jil Jadid émet de sérieuses réserves sur les élections législatives et annonce son boycott

Soufiane Djilali, président de Jil Jadid
Soufiane Djilali, président de Jil Jadid

Le conseil National a traité, lors de sa dixième session ce samedi 24.12.2016, les questions ayant trait aux élections législatives et à la préparation du premier congrès ordinaire du parti.

Concernant le premier point, le Conseil National a relevé la détermination du pouvoir à empêcher toute possibilité d’évolution de la scène politique et toute éventualité d’une quelconque alternance. Après ses multiples et graves échecs dans la gestion du pays, le pouvoir n’a qu’une seule alternative : accepter de véritables élections et partir ou frauder et rester. C’est malheureusement ce deuxième terme qui a été, encore une fois, décidé.

L’APN étant l’outil d’habillage juridique pour le gouvernement, il est maintenant évident pour tous que le pouvoir s’octroiera une majorité confortable tout en réservant à une opposition participationniste quelques sièges pour se prévaloir d’une légitimité démocratique qu’il n’a pas.

La seule inconnue pour le pouvoir est sa propre capacité à mobiliser suffisamment de monde le jour du scrutin pour faire croire à l’opinion internationale qu’il est toujours dépositaire de la volonté du peuple. Des instructions discrètes viennent d’ailleurs d’être données par le Ministre de l’Intérieur, via les walis, à l’ensemble des Présidents d’APC des partis du pouvoir, pour qu’ils "réussissent" les élections quels que soient les moyens utilisés, gage pour eux d’être reconduits lors des élections locales.

L’inaccessibilité du fichier électoral pour les partis, la présence de 3 millions d’électeurs décédés – chiffre avoué publiquement par un directeur central du ministère de l’Intérieur-, la mise à disposition de l’administration des listes des militaires, le financement des candidats du pouvoir par les subventions légales et par l’argent sale et surtout l’absence de tout contrôle des commissions électorales qui établissent les procès-verbaux selon les instructions reçus et tant d’autres graves anomalies dont la nouvelle loi anti constitutionnelle qui régit les élections, font que ces joutes électorales ne sont qu’une mauvaise comédie.

Le refus du pouvoir d’instituer une véritable commission indépendante pour la gestion des élections est la preuve des mauvaises intentions d’hommes agrippés à leurs fonctions dont l’égoïsme et l’intérêt personnel sont placés au-dessus des intérêts de la nation.

Jil Jadid, qui au fond ne s’était jamais bercé d’illusions, note avec regret que la classe politique dite d’opposition, a abandonné son projet unitaire pour s’installer dans la logique du pouvoir lui-même.

De trop nombreux partis politiques proclament des discours flamboyants et certains d’entre eux font en plus quelques surenchères, mais dans les faits, s’alignent au final sur les choix stratégiques du pouvoir. Plus que cela, alors que le pouvoir ne cesse d’humilier l’opposition, certains parmi elle lui courent après pour participer à la gestion gouvernementale et "sauver ainsi le pays" !

En fait, il s’avère aujourd’hui qu’il ne peut y avoir aucune solution politique provenant du système lui-même. Tout comme le régime libyen ou syrien, ce pouvoir est prêt à laisser détruire le pays et à ne pas céder au besoin légitime et historiquement nécessaire de changement voulu par le peuple.

Il faut aussi avouer que le peuple n’arrive pas à assumer sa responsabilité ne sachant à qui vouer son destin. En cela, il est indubitable que le pouvoir a réussi à dissoudre la volonté collective et à inculquer à la nation les comportements du chacun pour soi.

Dans le désordre montant et devenu inéluctable, ceux qui ont soutenu le 4ème mandat en sont responsables devant leur nation. Ils ont préféré un homme-image pour continuer leur crapuleux parcours au lieu d’aider le pays à passer à une nouvelle étape. L’histoire les jugera.

En conclusion, le Conseil National a voté, à l’unanimité, la non-participation aux pseudo-élections législatives de 2017. Jil Jadid aura ainsi assumé ses positions de principe. C’est aux Algériens maintenant d’assumer leur choix.

Concernant le second point inscrit à l’ordre du jour : Le Président de la Commission nationale préparatoire du Congrès a fait le bilan des travaux. Le congrès se tiendra le premier trimestre de 2017, à Alger. Ce premier congrès ordinaire aura à adopter le projet de société du parti et à renouveler ses instances nationales, Conseil National et président du parti.

Les candidatures à la présidence du parti sont ouvertes.

Le Président du Parti

Soufiane Djilali

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Atala Atlale

J'aurais aimé qu'il y ait plusieurs Sofiane Djilali pour remédier à tous ces viols du droit des citoyens à choisir librement leurs représentants et à instaurer une vraie démocratie à travers une constituante élaborée en commun. Toutes les bonnes volontés pour construire un véritable état se sont heurté à l'intransigeance d'une engeance dont le seul souci est sa pérennité. Il faudra en conclusion persévérer et éviter le syndrome libyen. Mais cette engeance en profite pour faire peur aux citoyens soucieux avant tout de la stabilité du pays.