"Timgad", un film à voir

L'affiche du film "Timgad".
L'affiche du film "Timgad".

Le film "Timgad" qui est à l’affiche depuis le 21 décembre à Paris et en province, mérite le déplacement.

Ce film est né d’une rencontre entre Fabrice Benchaouche, qui signe ici son premier long métrage, après deux courts métrages "Tout l’univers" et "Un petit service", et le prolifique Aziz Chouaki à qui nous devons des dizaines d’œuvres littéraires, théâtrales et quelques scénarios de films qui ne laissent pas indifférents.

"Timgad" est une comédie, ou le suspense et la poésie nous fixent au fauteuil pendant plus une heure et demie. Elle est interprétée à merveille par des comédiens éclatants, comme Sid Ahmed Agoumi dans le rôle principal, et Myriem Akheddiou, Mounir Margoun, Lotfi Yahi et Mourad Zeguendi, et surtout les enfants de Timgad (la cerise sur le gâteau).

L’histoire se déroule aux pieds des Aurès, dans une bourgade qui a germé autour des strates des prestigieuses ruines romaines de Timgad.

Le décor est planté sur ce site extraordinaire, hors du temps, enveloppé d’une nature belle et dure, et surtout une terre rebelle et avare. Et pourtant des gens y vivent, chichement, mais ils vivent et rêvent et s’inventent leurs plaisirs et leurs joies quotidiennes avec les moyens des oubliés.

C’est dans ce hameau jouxtant ces ruines d’un passé chargé d’une autre vie, où trônent désormais la misère de dame nature, une administration fantôme, mais aussi (en filigrane) les vestiges récents d’un terrorisme obscure, que l’histoire commence.

Un instituteur désargenté, iconoclaste, professe le programme à sa manière, à une douzaine d’élèves nés tous le même jour (grâce à la magie de Rabia, la sorcière du village). Son rêve et son obsession est de former une équipe de foot avec ses petits poussins. Son objectif ? Obtenir la qualification pour aller affronter une équipe à l’étranger.

Sans moyens, où les villageois vivent chichement, de pensions ou de petits boulots de subsistance, le challenge semble perdu d’avance…Mais comme l’avait dit Victor Hugo "rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu". Notre instituteur est persévérant.

Des miracles viennent cependant changer le cours des choses, dont ce jeune archéologue français, d’origine algérienne, envoyé faire des fouilles sur le site. La rencontre entre ce dernier et l’instituteur contribuera-t-elle à changer le cours de cette histoire à rebondissements ? Ou faudrait-il une autre alchimie ?

Dès les premières images, le spectateur est transporté, durant une heure et demie, dans une intrigue et un univers de couleurs et de poésie. Un vrai bonheur.

Finalement, cette belle comédie ne nous raconte-t-elle pas, en filigrane, une autre histoire moins "vaudeville" ?

Déjà avant parution, en octobre 2016 au festival du cinéma de Montpellier, ce film a obtenu le prix du public. Souhaitons-lui le succès qu’il mérite, car il le vaut bien.

S.Ouidir

Bande-annonce du film:

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