Le Sahel, une plaque tournante des terroristes de la région

L'arsenal de guerre des Kadhafi est entre les mains de nombreux groupes armés de la région.
L'arsenal de guerre des Kadhafi est entre les mains de nombreux groupes armés de la région.

L’opération Serval lancée en janvier 2013 par l’armée française au nord-Mali n’a pas résolu grand-chose, si l’on en croit les nouvelles qui arrivent du Sahel. La situation sécuritaire y est des plus inquiétantes.

La région du Sahel est devenue une véritable pétaudière. Cette semaine, Le Canard Enchaîné révélait que des militaires français avaient découvert un camion lance-roquettes BM21 de conception soviétique, livré jadis à Mouammar Kadhafi. Particularité de cet engin ? Il est équipé d’une version moderne des fameuses orgues de Staline. Cette trouvaille renseigne sur l’ampleur de la prolifération des armes de l’ancien dictateur. L’hebdomadaire s’interroge comment un engin aussi important a échappé à la surveillance aérienne occidentale de la région. Mouammar Kadhafi possédait 200 pièces de cet armement redoutable disparu, depuis sa chute en octobre 2011, des radars. L'épineuse question de la destination finale de l'arsenal de guerre de l'ancien régime libyen reste entière.

Mais il y a manifestement pire encore, l’arrivée dans la région de jihadistes des fronts syro-irakiens.

Le commissaire à la paix et la sécurité de l’Union africaine (UA), Smaïl Chergui, a fait des révélations qui donnent froid dans le dos lors de l’ouverture des travaux de la 10e réunion annuelle des Points focaux du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (Caert). Selon Le soir d’Algérie, Smaïl Chergui a souligné que 2 500 à 5 000 terroristes fuyant l’Irak et la Syrie, "peuvent se retrouver en Afrique". Ajoutant "qu’une partie d’entre eux est déjà arrivée en Somalie". Si l’on croit le commissaire à la paix et la sécurité de l’Onu, l’internationale terroriste ne manque pas de débouchés sur le continent. Aussi, l’instabilité de l’immense région de la bande du Sahel fournit une zone de repli et d’activisme de choix pour ces groupes terroristes.

Outre la faiblesse militaro-économique des Etats de la région, le chaos qui règne en Libye n’est pas fait pour ramener la sécurité dans la bande sahélienne. La guerre impitoyable entre plusieurs groupes armés en Libye n’arrange pas la situation. L’éclatement des centres de pouvoir, l’apparition de la franchise locale de Daech font de ce pays un vrai danger pour toute la sous-région. Aussi la présence de forces spéciales américaine et française sur le sol libyen vient corser le tout. Car si l’on croit les sources qui avancent que Daech reculent dans ce pays, il est fort probable que les premières zones de repli pour cette organisation terroriste sera bien le Sahel.

Les frontières algériennes très surveillées, restent pour les terroristes celles avec le Niger pour rejoindre la bande sahélienne. Pour autant, l’Algérie n’est pas à l’abri d’infiltration terroriste. On se souvient tous de l’énorme arsenal de guerre découvert en avril dernier par l’ANP à Guemmar, pas loin des frontières avec la Libye. Les opérations rendues publiques par le ministère de la Défense renseignent sur l’importante circulation des hommes et des armes de guerre dans la région. Ce qui laisse supposer que le moindre fléchissement de la surveillance et la lutte antiterroriste pourrait avoir des conséquences irréparables.

Yacine K.

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