L'Algérie perd dix places dans le classement de Reporters sans frontières

Le président a promis plus de liberté de la presse, on a eu le contraire.
Le président a promis plus de liberté de la presse, on a eu le contraire.

Reporters sans frontières (RSF) classe l’Algérie à la modeste 129e place en terme des libertés de la presse dans son rapport de 2016 rendu public hier mercredi. L'Algérie perd ainsi 10 places par rapport au classement de l'année 2015. Ce qui en dit long sur les reculs patents dénoncés par plusieurs journalistes et ONG.

En arrière toute ! L'Algérie s'enfonce dans les profondeurs du classement de RSF en matière des droits de la liberté de la presse ! Peu après sa "réélection" en avril 2014, le président Bouteflika déclarait lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse : "Je ne ménagerai aucun effort pour consolider et étendre la liberté d’expression". Nous y sommes. L'exact contraire de ce qui est soutenu se réalise. En l'espèce le classement de l'ONG Reporters sans frontières est très illustratif. L'Algérie est classée à la 129e place sur 180 pays. Un vrai camouflet pour un pouvoir qui se gargarise de respecter la liberté de la presse. Notre pays se classe bien après l'Afghanistan (120e), le Mali (122e), le Zimbabwe (124e) ou la Guinée (108e), des pays loin d'être démocratiques. La Tunisie voisine est classée à la 96e place. Piètre consolation, l'Algérie fait un peu mieux que son frère ennemi, le Maroc -131e).

En effet, le régime semble saisi par la fièvre des pires années de répression envers la presse et l'exercice des libertés démocratiques. Pressions directes et indirectes, femretures de journaux, de télévisions, embastillement et emprisonnement de journalistes, n’en finissent pas de s'abattre sur la presse indépendante.

Le retrait soudain de plusieurs annonceurs publicitaires sous pression et la chute conséquente des recettes publicitaires de quotidiens critiques envers le pouvoir algérien, tel El Watan participent à l'étouffement des médias libres. En outre, le contrôle des circuits d'impression et de diffusion par l’Etat peuvent amener à la censure de certains quotidiens comme El Fajr, interdit d'imprimer pendant un mois en 2014. Autre faits marquants : la fermeture des chaînes El Djazaira TV et El Watan TV en avril et octobre 2015 et la condamnation en appel de Djehiche Tahar en novembre pour un dessin dénonçant l’exploitation du gaz de schiste au Sahara dans lequel il caricature le Président.

La liberté de la pression promise dans le discours par Abdelaziz Bouteflika attendra. Et il est manifeste que la profession va devoir affronter de nombreux vents contraires.

La rédaction

https://rsf.org/fr/classement

Plus d'articles de : Actualité

Commentaires (0) | Réagir ?