Le cours du pétrole repart à la baisse

Le cours du pétrole repart à la baisse

Les cours du pétrole ont fortement baissé mercredi dans ce qui s'apparentait surtout à un rééquilibrage après une bonne période, les investisseurs essayant d'évaluer les chances concrètes d'une baisse significative de l'offre l'an prochain.

Le prix du baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, a perdu 1,94 dollar à 51,04 dollars sur le contrat pour livraison en janvier au New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 1,82 dollar à 53,90 dollars sur le contrat pour livraison en février à l'Intercontinental Exchange (ICE). "Je me garderais de tirer trop de conclusions négatives car on est surtout en train de se rééquilibrer (...) après plusieurs séances excellentes", a résumé Bart Melek, de TD Securities.

Les cours avaient déjà marqué le pas mardi après avoir bondi au sortir du week-end, à la suite de l'annonce entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et onze autres pays, en premier lieu la Russie, afin que ces derniers réduisent leur production.

Maintenant, les investisseurs essaient d'évaluer le temps que mettra le marché mondial à se rééquilibrer, à la lumière des baisses de production annoncées par l'Opep et des pays extérieurs ces dernières semaines, a écrit Tim Evans, de Citi.

Avant l'accord avec les pays extérieurs ce week-end, le cartel avait déjà considérablement contribué à relancer les cours en annonçant fin novembre un pacte entre ses propres membres afin de diminuer leur offre. Reste que les dernières déclarations en date étaient plutôt de nature à jeter un petit froid sur la concrétisation de ces accords, prévue à partir de janvier, que ce soit de la part de la Russie ou de l'Arabie saoudite, membre dominant de l'Opep.

Le ministre saoudien du Pétrole, Khalid al-Falih, a dit qu'il faudrait "plusieurs mois" pour réaliser une baisse de l'offre, tandis que le ministre russe, Alexandre Novak, compte sur des ajustements "volontaires" de la part des compagnies pétrolières, a rapporté M. Evans, citant aussi l'annonce de la réouverture de gisements en Libye.

Chiffres américains

L'Opep, elle-même, n'a guère apporté de soutien aux cours en publiant un rapport mensuel au ton mesuré sur les perspectives de rééquilibrage du marché.

L'Opep se montre très prudente, et estime que les réserves accumulées de brut ne seront pas entamées avant la deuxième moitié de 2017, malgré l'annonce d'une limitation de la production du cartel, ont souligné les experts de PVM. Le cartel estime notament que les pays extérieurs à l'Opep vont être encouragés à faire repartir leur production en hausse par l'idée d'une reprise durable des cours.

A ce sujet, mercredi, le marché a peut-être été un peu préoccupé par l'annonce d'une hausse de la production américaine, a reconnu M. Melek. Dans ses chiffres hebdomadaires sur l'état de l'offre américaine, publiés en cours de séance, le département de l'Energie (DoE) a fait état d'une hausse de presque 100.000 barils par jour (bj) la semaine dernière. Certes, le reste de ces chiffres étaient plus favorables que les attentes du marché, selon les termes de M. Evans, le DoE ayant notamment annoncé une nette baisse des stocks de brut.

Comme sur les autres marchés, la séance a, en outre, été marquée par une certaine prudence face à une réunion de la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, qui a finalement comme prévu relevé ses taux pour la première fois depuis un an. L'essor du marché commence à rencontrer une résistance assez marquée, a conclu Gene McGillian, de Tradition Energy.

AFP

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