10 décembre 2016, une journée qui fera date en Kabylie

Slimane Bouhafs a été condamné à 5 ans de prison pour ses convictions religieuses.
Slimane Bouhafs a été condamné à 5 ans de prison pour ses convictions religieuses.

En cette journée emblématique de la défense internationale des droits humains, la Kabylie a essuyé un déni sans précédent de ses droits les plus élémentaires. Une quarantaine de militants du MAK ont été arrêtés et embarqués manu militari pour avoir tenté de manifester leur soutien et leur solidarité avec les détenus politiques Mozabites, dont le Président du Mouvement pour l’autonomie du Mzab, Dr Fekhar, et les détenus kabyles, Slimane Bouhafs, citoyen kabyle de confession chrétienne, ainsi que le jeune supporter du MOB, Imad Belaid.

En cette journée emblématique de la défense internationale des droits humains, la Kabylie a essuyé un déni sans précédent de ses droits les plus élémentaires. Une quarantaine de militants du MAK ont été arrêtés et embarqués manu militari pour avoir tenté de manifester leur soutien et leur solidarité avec les détenus politiques Mozabites, dont le Président du Mouvement pour l’autonomie du Mzab, Dr Fekhar, et les détenus kabyles, Slimane Bouhafs, citoyen kabyle de confession chrétienne, ainsi que le jeune supporter du MOB, Imad Belaid.

En violation de toutes les conventions et les chartes internationales, soi-disant ratifiées par le gouvernement algérien, les Kabyles sont violemment réprimés et interdits de commémorer cette date symbolique au moment où l’Etat algérien procède à des provocations d’une incroyable audace en fomentant sur le territoire kabyle une manifestation «islamiste» autour d’un groupuscule de salafistes. Ces derniers ont tranquillement manifesté, sous escorte policière, dans Vgayet, entonnant les fameux slogans islamistes qui ont fait des centaines de milliers de victimes de par le monde, dont 250 000 rien qu’en "Algérie" avec une bonne partie de l’intelligentsia kabyle, à l’image de Tahar Djaout, Smail Yehsah, Nabila Djahnine, Said Mekbel.

Par ce geste provocateur et hautement significatif, et quand bien même cette manifestation fut effectivement, et fort heureusement, un retentissant échec, il n’en demeure pas moins que l’Etat arabo-islamique algérien a tenté encore une fois de mettre en scène l’entrée du salafisme dans l'arène politique kabyle, et ce dans le seul but de désigner la Kabylie, aux yeux du monde, comme un territoire gagné par l’islamisme, exactement comme il l’avait déjà fait avec l’assassinat suspect de l’alpiniste français Hervé Gourdel, et ce avec la complicité de la presse internationale, et plus particulièrement française qui n’ignore rien du combat de la Kabylie contre l’islamisme, pour la démocratie, la laïcité et l’égalité des droits.

Tous les défenseurs des droits humains ont droit de cité dans le monde libre sauf dans les territoires sous administration et/ou sous occupation arabo-islamique. En pays kabyles, les hommes et les femmes libres sont sous interdiction et sous répression permanentes, alors que la Kabylie a de tout temps enfanté des héros et des héroïnes pour défendre la liberté des Hommes et des peuples, à l’image de Fadma N Summer qui à la tête du peuple kabyle résista farouchement à l’annexion de la Kabylie aux "possessions françaises en Afrique du Nord", ou encore à l’image d’Amar Imache à l’origine de l’Etoile nord-africaine avant qu’elle ne soit détournée et pervertie par Messali Hadj pour en faire un instrument d’aliénation arabo-islamique.

Depuis la prétendue indépendance de l’Algérie, arrachée en grande partie avec le sang du peuple kabyle, les kabyles sont sommés de se renier et de disparaître au profit d’une "identité-idéologie" étrangère à l’Afrique du nord, violente et meurtrière, incompatible avec la liberté, la tolérance, la justice et l’égalité. Des hommes sont en train de mourir dans les geôles algériennes, deux Mozabites sont déjà morts en détention, hier c’est un journaliste algérien qui est mort des suites d’une grève de la faim, entamée pour protester contre son arrestation arbitraire. En Algérie, les terroristes islamistes sont amnistiés et lavés de leurs crimes, ils sont protégés par l’Etat contre toutes poursuites judiciaires et les plus sanguinaires d’entre eux sont élevés au rang de personnalités politiques. En revanche, les défenseurs des droits humains, les militants pacifistes revendiquant le droit inaliénable de vivre en paix et en liberté chez eux sont réprimés, arrêtés et poursuivis en justices dans l’indifférence totale du monde dit libre.

Aussi, face aux croisades génocidaires du régime algérien, et face au silence complice des Instances internationales censées défendre les droits des peuples et des êtres humains, la sagesse et le bon sens exigent de nous un comportement réfléchi et responsable pour éviter toutes contre-voies suicidaires dans l’indifférence générale d’un monde libre corrompu et en pleine décadence. C’est en ce sens que nous appelons le peuple kabyle à la réflexion et à la prudence comme nous appelons nos frères du Mzab à éviter toute autre grève de la faim, votre peuple a besoin de vous vivants, pas morts.

Hocine Azem et Bouaziz Ait-Chebib

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