8e édition du festival de théâtre amazigh : "La déchéance" de Saliha tazadaïth

Rahma Kalla. Crédit photo : A. Badreddine.
Rahma Kalla. Crédit photo : A. Badreddine.

La 8e édition du festival du théâtre amazigh nous a offert, en hors compétition, dans son ouverture une pièce de très bonne facture : « Saliha et ses désillusions » était le titre de ce monologue qui a subjugué le public du théâtre régional de Batna.

Rahma Kalla a magistralement interprété le personnage de Saliha, une femme dont la vie n’est qu’une succession de désillusions et de déconvenues, lesquelles commencent dès sa naissance lorsque sa famille, qui attendait un garçon, découvrit avec stupéfaction un bébé de sexe féminin, depuis ce funeste jour, Saliha va porter sa condition de femme comme une croix.

Indésirable dans sa propre famille, Saliha est venue au monde presque "contre son gré", elle essaiera pourtant de se conformer aux règles foncièrement misogynes d’une société où le machisme est omniprésent.

Le destin de Saliha s’apparente à un parcours de combattant, après avoir réussi à éviter maintes écueils et garder son âme intacte, un jour arriva où Saliha Tazadaïth (la pure) perdit son honneur, depuis ce jour rien ne sera comme avant, la jeune fille ne résiste plus et se laisse entraîner dans un tourbillon de toutes les ignominies qui l’entrainera de forfaiture en forfaiture jusqu’à la déchéance finale.

La comédienne Rahma Kalla, avec une maîtrise parfaite des mouvements et des déplacements sur la scène, soutenue par une lumière et une bande-son discrète et efficace, a réussi à capter l’attention du public tout au long du monologue qui a duré une quarantaine de minutes .

Une scénographie percutante de simplicité qui n’encombre pas les yeux pour laisser toute la place à un texte juste, authentique, tantôt drôle et farfelu, tantôt philosophique et grave, mais toujours au bord de l’âme.

Le texte de la pièce est écrit par Rahma Kalla en arabe, il a été traduit en tachawit pour l’occasion par Naima Daloul et Souhil Badradine. Cette traduction qui a conservé la simplicité et la vitalité du texte, a grandement contribué au succès de la pièce. Ce genre de traduction prouve encore une fois sa justesse et son efficacité et désavoue l’emploi abusif du néologisme et de l’emphase, malheureusement très président dans les adaptations au sein de notre théâtre amazigh.

Ce monologue dont la mise en scène est réalisée par Bakhouche Toufik et la musique par Salim Souhali, a été présenté hors compétition.

Jugurtha Hanachi

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