FFS : crise et accusations au sommet

Rachid Halet exclu sans ménagement du parti du FFS.
Rachid Halet exclu sans ménagement du parti du FFS.

Est-ce le sirocco sec, chaud et violent qui souffle cette fois sur les hauts palmiers de si l'Hocine ?

Ce vent violent dans la politique n'est nullement causé par les turbulences de l'air, mais souvent par les différentes élections, notamment présidentielles et parlementaires. Le repositionnement des partis sur la scène politique est très important et les places au sommet s'arrachent à coups de bec et de griffes. Rares les associations à caractère politique comme les nomme le pouvoir en place qui sortent indemnes de ce tourbillon qui secoue violemment le sommet, car c'est là que le fruit est savoureux.

Le docteur Rachid Halet, membre du présidium du FFS et député de Tizi-Ouzou vient d'être exclu de ce parti. Cette décision, selon lui, n'est l'œuvre que de trois individus qu'il a qualifiés de "putschistes" : Chérifi Mohand Amokrane, Ali Laskri et Aziz Balloul "qui, d'après lui, veulent s’assurer une succession clanique, voire familiale, à la tête du parti et de contrôler les échéances électorales à venir, nationales et locales". Selon Tsa, le député de Tizi Ouzou est allé encore plus loin en accusant ce groupe de vouloir reprofiler le parti "en vue d’un rapprochement probable avec certains segments du pouvoir".

Dans une déclaration rendue publique en milieu de semaine, on peut lire : "Je dénonce avec force le putsch exécuté par trois membres de l’instance présidentielle du FFS contre ma personne. Je suis membre de l’instance présidentielle du FFS, cette instance a été élue au cinquième congrès du parti en mai 2013 sur une liste unique et fermée. Elle est composée de cinq membres ; les congressistes ont voté sur une liste et non sur des noms". Si l'on suit le raisonnement de ce communiqué, si Halet est exclu, les autres membres du présidium devaient l'être aussi. Mais qui peut les exclure ?

Les instances de cette formation politique, pour leur part, l'accusent de travailler contre son propre parti, surtout par sa déclaration à ce média en ligne, par laquelle il a confirmé la version du général Khaled Nezzar au sujet d’une prétendue proposition faite à Hocine Aït Ahmed, au lendemain de l’interruption du processus électoral en janvier 1992, pour occuper le poste de président du H.C.E. Ce qui est étonnant, c'est que c'est M. Halet lui-même qui avait répondu à l'époque au général à la retraite qualifiant sa déclaration de mensongère. Pourquoi cette instance ressort une accusation aussi contradictoire aujourd'hui. Serait-elle à court d'arguments ?

En dehors des déclarations des uns et des autres, la vérité est hors de portée même des militants de ce vieux parti d'opposition. Ce que nous pourrons dire, c'est que les putschs, le bâillonnement des voix discordantes et la sanction des protestataires dans une même formation politique sont des actes abominables et condamnables.

Mais une question s'impose. Pourquoi tous les exclus, les écartés et les déchus des partis politiques ne dénoncent ces pratiques staliniennes et les yeux doux que font leurs formations au pouvoir en place que, lorsqu'ils sont injectés de leurs confortables sièges ?

Et pourquoi n'ont-ils jamais condamné les putschs organisés et exécutés contre leurs camarades lorsqu'ils jouissaient des avantages de ces formations ? L'évidente réponse est dans le dicton suivant : "L'art de la politique, c'est dire des choses et ne pas les faire ou faire des choses et ne pas les dire".

Restent les militants de base qui n'ont que les oreilles pour entendre siffler au-dessus de leurs têtes ce vent brûlant qui ne leur fait jamais tomber le juteux fruit pour au moins le goûter.

Rachid Mouaci

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