Libye : les brigades islamistes de Benghazi affrontent Khalifa Haftar dans la région pétrolière

Les hommes de Khalifa Haftar affrontent les brigades révolutionnaires de Benghazi
Les hommes de Khalifa Haftar affrontent les brigades révolutionnaires de Benghazi

Après plusieurs mois de calme, des affrontements ont repris mercredi dans la région pétrolière de la Libye, où des groupes armés tentent de reconquérir des installations passées sous le contrôle des autorités basées dans l'est du pays, selon des sources militaires. L'offensive a été lancée par une alliance hétéroclite de milices, les Brigades des Révolutionnaires de Benghazi (BRB), généralement d'orientations islamistes, qui ont été rejointes par des tribus de l'est.

Elles s'opposent aux forces commandées par le maréchal controversé Khalifa Haftar, lié au gouvernement parallèle basé dans l'est qui conteste l'autorité du gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli. Ces forces s'étaient emparées en septembre des quatre principaux sites pétroliers du nord-est (Zoueitina, Brega, Ras Lanouf et Al-Sedra) qui assuraient l'essentiel des exportations libyennes d'or noir. Ces terminaux étaient jusqu'alors contrôlés par la milice des Gardes des installations pétrolières (GIP), alliée au GNA.

Des informations contradictoires ont été fournies sur l'évolution de la situation mercredi. "Il n'y a eu, jusqu'à présent, aucun affrontement direct sur le terrain avec les assaillants qui ont atteint ce matin la petite ville de Ben Jawad", a indiqué à l'AFP le colonel Moftah al-Magarief, chef des Gardes des installations pétrolières, sous le commandement du maréchal Haftar.

"Nos forces ont érigé une barrière de défense aux limites de Ras Lanouf, à 40 kilomètres à l'est des positions où se trouvent les forces des Brigades de Benghazi", selon lui. "Nous affirmons que tous les champs et ports pétroliers sont toujours sous le contrôle de nos forces", a ajouté le colonel Magarief.

Un ingénieur travaillant au port pétrolier d'al-Sedra a indiqué qu'un avion des forces Haftar avait "bombardé une colonne de véhicules militaires des Brigades de Benghazi alors qu'ils tentaient d'entrer". "Depuis quelques heures, les Brigades de Benghazi nous ciblaient avec des roquettes Grad", a-t-il dit. Un assaut des BRB a également été repoussé à Ben Jawad, selon le colonel al-Magarief.

Le gouvernement d'union a affirmé mercredi soir n'avoir "aucun lien avec l'escalade militaire dans la zone du Croissant pétrolier", assurant que "toutes les informations diffusées par les médias selon lesquelles il aurait donné des instructions ou des ordres à une quelconque force de se diriger vers cette zone sont dénuées de tout fondement".

Dans un communiqué, le GNA "met en garde tous ceux qui sont impliqués dans ce conflit armé, leur faisant endosser la responsabilité" des conséquences de ces affrontements et les appelant à "faire prévaloir l'intérêt de la patrie et du peuple". Le GNA a rappelé aux Libyens que "le pétrole est leur seule source de revenu qu'il faut à tout prix mettre à l'abri des conflits politiques". "Les zones pétrolières ne doivent pas être un champ de bataille", conclut le communiqué.

La Libye a un besoin pressant de relancer son secteur pétrolier, sa principale ressource économique. Sa production de brut a été divisée par cinq depuis 2010, alors que le pays dispose des plus importantes réserves pétrolières d'Afrique. Elle sont estimées à 48 milliards de barils.

AFP

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