Lettre aux amis de la justice et de la liberté de par le monde

Une partie des détenus mozabites qui croupissent dans les prisons.
Une partie des détenus mozabites qui croupissent dans les prisons.

Le Docteur Kamaleddine Fekhar est en son 13ème jour de sa troisième grève de la faim.

"C’est la liberté ou la mort", a-t-il dit à son avocat. Il est injustement incarcéré et d’une façon illégale et à la base d’un dossier VIDE depuis plus de 16 mois. Les sorties des différents hauts responsables ont montré que les commanditaires des violences du Mzab sont de hauts responsables de l’Etat algérien, ce que n’arrêtait pas de dénoncer le docteur Fekhar et les nombreux activistes mozabites actuellement détenus.

Le 02 juillet 2015 le docteur Kamaleddine Fekhar envoyait une lettre à Monsieur Ban Ki-moon sollicitant son intervention pour mettre un terme à la guerre menée par le pouvoir algérien contre le peuple mozabite. Il avertissait dans sa lettre du danger d’un carnage qui guettait le peuple mozabite. Le 08 juillet 2015, soit à peine une semaine après, 14 Mozabites ont été assassinés en une seule matinée par des terroristes armés sous le regard indifférent et complice de policiers et de gendarmes.

Le 08 juillet 2015, dans l’après-midi, une réunion s’est tenue à la présidence regroupant le président Bouteflika, son chef de cabinet Ouyahia, son premier ministre Sellal, le chef d’Etat-major Gaid Salah et le patron des services de renseignement Athmane Tartag où une décision d’arrêter tous les activistes Mozabites et de leur imputer les violences dans la vallée du Mzab a été prise. Le 09 juillet 2015 quarante Mozabites, à leur tête le docteur Kamaleddine Fekhar, ont été arrêtés par ces mêmes services de sécurité sur une simple note du procureur général, et en violation de la loi, et présentés à l’opinion publique nationale et internationale comme les instigateurs des ces violences.

Le pouvoir algérien déclare par le biais de ses ambassadeurs que les Mozabites qui ont été arrêtés sont des terroristes, et sont les responsables du carnage de Guerrara et des violences que vit le Mzab depuis octobre 2013. Ne se souciant même pas de la contradiction flagrante qui est que les morts sont des Mozabites et les accusés aussi dans une guerre antimozabite présentée par le pouvoir algérien comme un conflit entre "Mozabites et Arabes" qu’il préfère appeler "Ibadites et Malikites" respectivement. Plus de cent soixante Mozabites sont actuellement dans les geôles algériennes, suite à une décision politique, dans des conditions inhumaines. Deux d’entre eux, Affari Baouchi et Aïssa Bencheikh, sont déjà morts suite à des actes de tortures. Un troisième prisonnier, Salah Guedouh est mort dans des circonstances douteuses. Mohammed Baba Nadjar, quand à lui, arrêté auparavant dans une autre affaire montée de toute pièces, meurt petit à petit, et même sa famille n’a plus le droit le voir.

D’autres sont malades, et certains dans un état grave ne sont pas pris en charge médicalement. Depuis de longs mois, les avocats et les familles des victimes interpellent les responsables algériens à tous les niveaux, alertent l’opinion publique mais le pouvoir algérien fait la sourde oreille. Sans pression sur le pouvoir algérien, le seul langage qu’il comprend, nos détenus, accusés par le pouvoir algérien dont les services de sécurité prêtaient main forte aux criminels, risquent d’être condamnés à de lourdes peines et d’avoir le même sort que Affari Baouchi et Aïssa Bencheikh ou Mohammed Baba-Nadjar.

Les dossiers de tous les détenus mozabites sont vides. Quelle crédibilité donner aux arrestations opérées par des policiers et gendarmes assassins et criminels, alliés des terroristes au moment où ces mêmes terroristes ne sont pas inquiétés. Tout le monde a pu voir dans des dizaines de vidéos postées sur les réseaux sociaux le parti-pris des forces de l’ordre. La compagne de répression dans le Mzab continue à ce jour. Vingt-six Mozabites ont été arrêtés le 24 novembre 2016 de la même façon avec laquelle Fekhar et son groupe ont été arrêtés. Des actions pacifiques auprès des institutions internationales et de l’opinion publique finiront par faire reculer le pouvoir algérien.

Nous, groupe d’amis du Docteur Kamaleddine Fekhar, venons de créer le CILFDM (Comité International pour la Libération du docteur Fekhar et des détenus Mozabites) et vous invitons à nous rejoindre pour exiger :

1- La libération immédiate de tous les détenus mozabites à leur tête le docteur Kamaleddine Fekhar ;

2- Une commission d’enquête internationale sur les crimes commis contre le peuple mozabite afin que les vrais responsables répondent de leurs actes devant une vraie justice.

3- Rappeler à la communauté internationale ses engagements pour œuvrer au respect des droits de l’homme et son devoir d’interpeller l’Algérie quant à ses graves manquements et non respect des droits de l’homme individuels (droits des citoyens) et collectifs (droits des groupes, peuples, minorités…etc.), l’Algérie étant signataire de nombreuses conventions garantissant tout cela.

Le Comité International pour la Libération du docteur Fekhar et des détenus Mozabites organisera des manifestations (sit-in et marches…etc.) pour interpeller les députés, les gouvernements…etc. dans tous les pays du monde jusqu’à satisfaction des revendications. Il va aussi entreprendre toutes les actions possibles afin de poursuivre tous les responsables algériens impliqués dans les violences du Mzab auprès des tribunaux internationaux à compétence universelle pour crimes contre l’humanité.

Paris le 27 novembre 2016

Pour le CILFDM

Les premiers signataires : DABOUZ Mohammed Mzab (Algérie), BAHAMIDA El-Hachmi Mzab (Algérie), IZMULEN pour les droits des At-Mzab France, HOUHA Yella Chawi, LE PAPE Thibaut France, AOUCI Abdelkader Allemagne, TCHIKO Mourad Suisse (Activiste DL), HEBIB Youcef Algérie; HIRECHE Hacene France, KHELIL Saïd Algérie, BOUKHARI Saïd Algérie, SEWW AMAN, Nadia France, KHEMIRA Khaled Tunisie, AT YETTURA Amuqran Kabylie, TUDERT Nadia Association (France), OUMESSAOUD Lhassen Maroc AÏT DJOUDI Ali France, ROHDE Uli Allemagne, LALILI Firman Alger, CHERIFI Brahim France, TITRITE N’imazighene Sud-Est du Maroc, ELMOUNA Mostefa Figuig, Tamazgha occidentale, EL AZRAK Aksel Fikri République du Rif, RAHMANI Malika Taos Kabylie, OUFKIR Rachid RIF...

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Commentaires (2) | Réagir ?

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deradji nair

Eli dare issalek; ces fauteurs de troubles ont étaient jugés et doivent payer de leurs crimes. Ces grands messieurs avaient fait l'objet d'enquete et ont été désignés comme coupable par la justice algérienne dans une affaire intérieure. Qu'ils fassent la grève de la faim ou ceelle de la mort ceci n'intéresse qu'eux et votre journal pas plus quand au peuple algérienj il sait très bien que depuis que ces fouteurs de troubles ont été incarcéré les habitants de M'zab vivent dans le plus grand calme et sont en bonne entente comme jadis. Le Grand Satan kabyle qui leur avait chanté sa chanson.

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haroun hamel

Un Pouvoir brutal, manipulateur, utilise la force publique contre une partie de la population. Un pouvoir fascisant qui s'impose par la force au service d'une caste dominante et qui exerce un contrôle sans limite sur la société civile. Cette oligarchie mafieuse, compradore, inféodée à des officines de soutien étranger, doit être dénoncée et combattue sans états d'âme, par tout le peuple Algérien quelle veut réduire à une nouvelle catégorie d'indigènes. Tout Algérien devrait être révolté par cette injustice imposée à des citoyens libres qui ont dénoncé les massacres commis contre leurs enfants et leurs biens avec la complicité de la force publique.