Amara Benyounès et le 4e mandat d'Angela Merkel, personne pour en parler ? (Vidéo)

Amara Benyounès.
Amara Benyounès.

En mettant au défi journalistes et opposition de se "l’ouvrir" après qu’Angela Merkel s’est portée candidate à un quatrième mandat électoral, comparant la situation avec celle du quatrième mandat de Bouteflika (*), Amara Benyounes nous tend un gros bâton pour se faire battre. Au fait il tend deux. Le premier est celui de l’ignorance et le second celui de la malhonnêteté intellectuelle.

Si le président du parti du MPA voulait comparer honnêtement, alors, il aurait fallu expliquer que l’Allemagne, étant un pays fédéral, composé de Lander, élit d’abord un président, considéré comme un titre honorifique. Le président en Allemagne n’a le droit de se représenter que pour un seul et unique second mandat de cinq ans. Cette autorité suprême fédérale est une sorte de "figure importante garante des institutions du pays", mais n’a que des prérogatives limitées, étant elle-même élue par l’assemblée fédérale. Le président fédéral allemand actuel se nomme Joachim Gauck, et est en poste depuis 2012.

Angela Merkel est par contre la chancelière allemande, issue de la majorité et est élue par le Bundestag (l’équivalent de notre parlement) et représenterait chez nous l'équivalent du chef du gouvernement, avec bien sûr des prérogatives très importantes. À noter que le président fédéral nomme le chancelier en Allemagne du parti majoritaire au parlement élu par le peuple. Des élections qui se déroulent tous les quatre ans. À partir de là, rien n’empêche que le, ou la chef de la majorité, ne soit désigné indéfiniment chancelier, puisque la loi le permet, à condition que son parti gagne les élections.

Une fois cette mise au point faite, il est aisé de comprendre que les comparaisons entre un système fédéral très complexe, avec un pouvoir parlementaire décentralisé et un système centralisé concentrant tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme, sont fortuites.

Mais pour faire plaisir à l’ex-membre du groupe Debza, on poussera la chansonnette de la comparaison jusqu’aux plus hautes gammes de l’absurde.

Bouteflika a aboli la limitation des mandats (**)

À son arrivée, Bouteflika avait trouvé une constitution qui interdisait au président de se représenter plus de deux fois. Il l’a piétinée, et l’a changée en 2008, par voie parlementaire, pour abroger l’amendement limitant le nombre de mandats, et se donner plus de pouvoirs au détriment de l’exécutif, car comme il l’entonnait à son arrivée en 1999, il ne voulait nullement être un trois-quarts de président. A l'époque tous ses soutiens ont applaudi le viol de la constitution. Madame Merkel n’a jamais touché dans ce sens à la constitution de son pays, qui permettait dès le départ, à un chancelier, de candidater d’une manière illimitée.

Un système transparent versus un autre opaque

Lorsqu’il y a des élections en Allemagne, c’est tout le pays qui y participe, avec toute la transparence nécessaire. Citoyens, mouvements associatifs et partis politiques prennent d’assaut les espaces publics sans être intimidés, menacés ou soudoyés. Les médias sont ouverts toute l’année à l’opposition et n’attendent pas "la fenêtre électorale" ou la permission du clan présidentiel pour s’exprimer dans les médias étatiques. Aussi, on n’a jamais entendu parler de résultats truqués, de bourrage d’urnes ou d’administration partisane en Allemagne, et cela suffit pour arrêter cette comparaison burlesque.

Merkel est en santé, s’exprime et mène de vraies campagnes électorales

Ce que n’a pu faire Abdelaziz Bouteflika depuis avril 2013 et ainsi durant son quatrième mandat. Certaines mauvaises langues disaient, à l’époque, que le président algérien allait être élu sur poster ! Il n’avait pas fait un seul meeting, pas parlé à un seul média et les rumeurs quant à la détérioration de son état de santé faisaient la une des journaux. Pire l'Algérie était devenue la risée en intronisant un homme malade et n'ayant fait aucune campagne électorale. Les seules personnes visibles à l’époque étaient justement ses hommes de main, dont M. Amara Benyounes, qui avaient sillonné le pays pour faire campagne à un président fantôme. Aussi, la campagne électorale, était survenue un an à peine après qu’Abdelaziz Bouteflika, s’était absenté 88 jours pour aller soigner un AVC à l'hôpital militaire de l'ancien colonisateur, le Val-de-Grâce, et revenir sur un fauteuil roulant!

Défi relevé : à vous de relever le nôtre !

Permettez, Monsieur Amara Benyounes de vous mettre à notre tour au défi : répondez-nous, et dites-nous, si lorsque vous-vous rasez le matin, vos yeux de quinquagénaire, perçoivent encore dans la glace, le reflet du jeune opposant, qui se battait avec véhémence contre ce même Bouteflika.

Hebib Khalil

(**) Bouteflika pourra prétendre à un troisième mandat

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Commentaires (3) | Réagir ?

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haroun hamel

La qualité de sophiste n'est pas donnée à tout le monde y'a benyounes. Reste dans ton trou y'a des flagorneurs qui sont beaucoup plus forts que toi. Minable

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khelaf hellal

Que même si la Shita n'aurait pas existé, Amara Benyounés l'aurait inventée. Elle fait partie de son cogito quotidien : Je shite, donc j’existe.

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