Djemaâ Djoghlal inhumée à Khenchela, la fille de l’Aurès rejoint la terre de ses ancêtres

Djemaâ Djoghlal repose parmi les ancêtres auressiens.
Djemaâ Djoghlal repose parmi les ancêtres auressiens.

La militante et sociologue Djemaâ Djoghlal a été inhumé chez elle hier 19 novembre à Khenchela .

Plusieurs dizaines se personnes ont accompagné la dépouille de la grande intellectuelle à sa dernière demeure. En l’absence de tout responsable local, la grande militante chaouie a rejoint son fils Rachid disparu en 2004, dans le cimetière de Boujalbana à la périphérie de Khenchela.

Dans la matinée, les amis de Djemaâ Djoghlal et les militants culturels chaouis se sont donné rendez-vous devant la maison de culture de Khenchela Ali-Souaï où le cercueil de la défunte devait être exposé. Finalement, après le refus des responsables de cette structure publique d’accueillir la dépouille de la regrettée Djemaâ, les amis et proches de cette dernières se sont dirigé vers le cimetière de Boujalbana où ils lui ont rendu un ultime hommage .

Après l’enterrement, un rassemblement a été organisé où plusieurs activistes et intellectuels chaouis ont pris la parole pour revenir sur le parcoure exceptionnelle de cette femme.

L’absence des autorités locales de Khenchela a été unanimement dénoncée.

Les officiels de Khenchela aux abonnés absents

Saci Abdi figure connue du mouvement culturel dans l’Aurès a salué la mémoire d’une intellectuelle irréprochable, "cette femme est la Dihya de la culture, ce qu’elle a donné à la culture chaouie et algérienne est inestimable, nous lui seront à jamais redevables", crâne-t-il avec émotion.

Salah Laghrour, auteur et proche de la défunte, a regretté l’absence des autorités locales de Khenchela et de l’Aurès en général. "Comment une femme qui a consacré sa vie entière à la défense de l’identité et l’histoire de son pays et qui lègue une bibliothèque de 3000 livres aux université algériennes soit traitée de la sorte ?" s’est-il interrogé.

Après la disparition de Djemaâ Djoghlal l’APS (Algérie presse service) organe officiel de l’Etat algérien n’a réagi que le 18 novembre c’est-à-dire quatre jours après. La dépêche de l’APS, au lieu d’annoncer la disparition de Djemaâ Djoghlal et lui rendre hommage, était intitulé "Le fonds documentaire de Djemâa Djoghlal prochainement acheminé vers l’Algérie" comme si la perte d’une grande intellectuelle algérienne n’était d’une information de second plan.

Djemaâ Djoghlal s’est éteinte le 14 novembre dernier à 'Hôpital européen Georges Pompidou à Paris. Elle est restée fidèle à ses engagements et ses principes, représentant à elle seule son Aurès natal qu’elle a retrouvé ce 19 novembre pour l’éternité.

Jugurtha Hanachi

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paule cazals

Djemaa restera longtemps dans le souvenir de ceux qui l'ont aimé et pour lesquels elle restera un exemple, comme son père. Personne ne se souviendra des "autorités".