Idir : son nouvel album, ses projets et ses rêves

Hamid Cheriet dit Idir
Hamid Cheriet dit Idir

Le chanteur d'expression kabyle revient dans un entretien avec Berbère télévision sur l'origine de l'album qu'il est en train de finir avec la maison de disques Sony. Comme rarement, Idir a ouvert son coeur pour confier ses projets, rêves et ses douleurs à Kamel Tarouiht.

Charles Aznavour, Patrick Bruel, Francis Cabrel, Henry Salvador, Maxime Le Forestier... chantent en kabyle, tel est la prouesse de cet album qu'Idir est en train de finir. "Je n'y pensais pas du tout à cet album, ce n'était pas non plus une obligation", confie Idir. En vrai tout est parti de Charles Aznavour qui a fait transmettre à Idir qu'il appréciait sa chanson "Lettre à ma fille". "Il voulait qu'on fasse quelque chose ensemble, je ne pouvais refuser et comme j'aime sa chanson "la Bohème", ça tombait bien", raconte l'artiste au journaliste-animateur Kamel Tarouiht.

Au cours d'une rencontre, l'artiste kabyle rencontre Gérard Le Normand qui lui propose un duo. Idir se réjouit. "On aurait dit qu'ils se sont donné le mot", sourit Idir. Puis viennent Patrick Bruel, Maxime Le Forestier, Francis Cabrel, Henry Salvador, Bernard Lavilliers. Une brochette d'artistes et pas des moindres qui figureront dans ce nouvel album sous le label Sony.

L'idée ? Contrairement à l'album "La France des couleurs", ces artistes français chantent leurs titres en kabyle. "J'ai proposé que je chante en duo une chanson traduite en kabyle de chacun des chanteurs", précise Idir. Résultat ? Le travail d'équivalence-traduction fait par Ameziane Kezzar, un "élève" de l'immense dramaturge Mohya, fait presque oublier les originaux ! "Meziane a fait un formidable travail, c'est quelqu'un de très sensible, il connaît la valeur de l'art, il a le don de mettre en mesure une langue kabyle nucléaire sans fioriture", reconnaît Idir.

"Très vite j'ai senti que ça allait quelque chose de novateur, d'excellent", assure Idir. "En tant que Kabyle, je voulais montrer à ces artistes et à d'autres que nous pouvons adapter des oeuvres vers le kabyle avec réussite et maitrise, tout en gardant leur âme, d'ailleurs elles ont été tellement bien adaptées et traduite qu'à les écouter on peut se dire qu'elles ont été toujours chantées en kabyle", glisse avec sourire celui qui a porté à l'international la chanson kabyle.

Résultat ? Un album mixte entre Idir et ces chanteurs d'expression française d'une haute facture. L'album sera achevé avant la fin novembre, mais pour le public, il devra patienter jusqu'au printemps.

"Le rêve que je caresse..."

Dans cet entretien au long cours avec BRTV, Idir revient aussi sur les détails de l'enregistrement des chansons en duo et les efforts faits par chacun des chanteurs.

Pas seulement, Idir confie aussi qu'il est "fatigué" de chanter, déçu par certains individus qui l'ont blessé lors de sa rencontre avec Abdelmalek Sellal.

Pour autant, il se refuse à baisser les bras. Il ajoute qu'il a envie de revenir plus profondément aux sources. Au chant traditionnel et explique qu'il a fait le tour de la chanson occidentale. "Je vais travailler plus le patrimoine ancestral kabyle, tout en apportant de nouvelles touches". Egal à lui-même, Idir confie avec franchise aussi son dépit de la "pseudo-officialisation" de tamazight. "Je ne leur fait pas confiance, ils nous disent : vous serez des Algériens comme nous voulons que vous soyez...", tonne-t-il.

Idir ne mâchee pas ses mots sur cette introduction de tamazight dans la Constitution. Il déclare qu'il n'y a aucun compromis possible avec ce pouvoir qui continue de pratiquer le"déni de l'identité amazighe".

Revenant sur cette aventure artistique, il se prête à cette confidence : "Le grand rêve que je caresse est que je parte avec ces artistes à Tizi-Ouzou ou Bejaia pour y chanter".

"Quand Aït Menguellet te murmure à l'oreille"

Idir n'a pas chanté l'amour par pudeur, avoue-t-il. Puis de reconnaitre "Quand tu as 16 ans et tu as un Aït Menguellet te murmurer à l'oreille..."

L'émission est à voir sur Berbère Télévision.

Hamid Arab

Idir sera samedi à 20h30 sur BRTV.

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Commentaires (5) | Réagir ?

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mohand tawdect

Ainsi, Idir vient de s'attribuer le traître mérite de folkloriser le pivot d'une culture admirable ; frelater est bien une opération efficace de perversion de performances !

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haroun hamel

Lorsqu'on "blacklist"des chanteurs Kabyles sur les radios à Tizi et à la soumam, et voir ces chanteurs comme Matoub, Idir repris par des personnalités de la chanson Française ou finlandaise cela donne une visibilité à la langue Kabyle qui la fait sortir du ghetto folklorique dans lequel le pouvoir oujdien veut la maintenir.

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