Ennahar se paye gauchement le directeur d'El Aurassi !

L'Etablissement hotelier El Aurassi.
L'Etablissement hotelier El Aurassi.

Dans son édition à paraître aujourd’hui, ce journal qui verse dans la perversion et le sensationnalisme, use de méthodes peu orthodoxes, pour appuyer des affirmations abracadabrantesques.

Tout un chacun l'aura compris : les moindres charges de ce média obéissent à des directives tombées d'en haut. Rappelons-nous les calomnies scandaleuses lancées contre les militants du mouvement Barakat, les attaques contre Ferhat Mehenni ou encore celle ayant visé Issad Rabrab, il y a quelques mois (*).

Cette fois, c’est un clien du pouvoir qui est visé. Le directeur d'El Aurassi, Abdelkader Amri, est accusé de détournements de fonds. Le journal avance même le chiffre très précis de 67 millions d’euros détournés ! Le grand ménage aurait-il commencé ?

Que ce soit clair. Loin de nous l'idée de défendre cet individu. Le-dit Abdelkader Amri n’est probablement pas un enfant de choeur, ni exempt de tous reproches, lui qui avait viré sur instruction du ministre de l'Industrie Issad Rabrab de l’hôtel El Aurassi. En vrai, Abdelkader Amri traîne assez de casseroles et de scandales derrière lui pour en faire un responsable indéfendable. S'il est passé entre les gouttes à plusieurs reprises, il se retrouve dans l’œil du cyclone, et devrait savourer aujourd'hui le venin des rumeurs assassines.

Bref, ce qui nous interpelle donc, ce sont plutôt la gymnastique verbale et les contradictions sur les montants qu'avance le quotidien arabophone. Un montage ébouriffant !

Censés d’abord appuyer leurs affirmations par des chiffres, les rédacteurs de l’article (**) ont fini par perdre le compte. On pouvait lire un paquet de nombre censés embrouiller le lecteur, et faire croire au sérieux des journalistes, bref une montagne de détails à partir d'une poignée de rien. C'est ainsi qu’un emprunt du 11 avril 2011 de 5 mille euros était devenu l’équivalent de 484 millions de dinars et qu’un autre empreint du 08 janvier 2012 d’un autre 5 mille euros était l’équivalent de 498 millions de dinars! Mais faisant fi de l’arithmétique, ça n’a jamais été le point fort des journalistes, on le leur concède volontiers.

Passons sur les affirmations comminatoires, sans preuves, et intéressons-nous aux seuls documents sur lesquels toute cette histoire a été tissée. Autrement dit une mystérieuse directive "ultra secrète" (***) envoyée récemment par le très intègre Premier ministre Abdelmalek Sellal via Amrani Hafnaoui, son chef de cabinet .

Dans l’article on peut lire que le Premier ministre avait donc ordonné à son chef de cabinet "de prendre toutes les mesures nécessaires et à la dimension de cette scandaleuse affaire" et que la réaction du premier ministre était venue juste après qu’il ait reçu "un rapport d’enquête effectué par le juge dans la huitième chambre de la cour des comptes, Abderrezzak Senna, concernant les malversations dans la gestion des prêts de 67 millions d’euros de la BDA", est-il écrit noir sur blanc.

Le problème est qu’en analysant le document (dont l’authenticité est à vérifier), publié en petit format, deux éléments sautent aux yeux : le texte ne contient absolument aucune recommandation citée, mais un questionnement adressé à l’ex-ministre Amar Ghoul lui demandant ce qu’il comptait faire dans le dossier. L’autre élément qui nous interpelle concerne des ratures sur la feuille, par lesquelles on voulait délibérément cacher des informations aux lecteurs comme des dates !

Pas seulement, en y regardant de plus près, il s’avère que le rapport établi par la Cour des comptes a été achevé et envoyé en 2014. Mais la directive envoyée par Abdelmalek Sellal à son ministre (contenant un récapitulatif du rapport de la cours des comptes) datait du 07 avril 2016 ! Des questions se posent alors : s’il y avait des recommandations à faire, pourquoi le Premier ministre a attendu deux ans pour les formuler ? Veut-on nous montrer un Abdelmalek Sellal en grand défenseur des biens publics de l’Algérie de Bouteflika ?

Le groupe de médias en question nous a maintenant habitué aux bobards et manipulations en tous genres. Sa chaîne de télévision n'avait-elle pas fait un reportage comminatoire contre Chakib Khelil pour le blanchir deux ans plus tard et le présenter comme le plus grand ministre de l'Energie ?

Hebib Khalil

(*) Vidéo. Issad Rabrab : le groupe Ennahar ou l’infamie au service du pouvoir !

La fameuse directive

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