Saïd Bouteflika et Gaïd Salah : serait-ce l’heure de la lutte finale ?

Saïd Bouteflika, l'influent frère et conseiller du président.
Saïd Bouteflika, l'influent frère et conseiller du président.

L’alliance entre le clan Bouteflika et les militaires, à leur tête le général et vice-ministre de la Défense Gaïd Salah, semble prendre une autre tournure. Selon un article de Monde Afrique (*), il y aurait comme une guerre ouverte qui a lieu actuellement en secret.

Le DRS qui fut l’ennemie commun des deux clans étant anéanti, les différents semblent refaire surface. "Sur ces décombres, on va assister à une formidable guerre de tranchées entre les principaux clans qui constituent le pouvoir algérien …Or la belle alliance scellée contre Toufik a explosé depuis longtemps", écrit le journal.

Il serait même décidé, dans les sphères militaires que le successeur de Bouteflika ne serait jamais Saïd, son frère. Ni même l'ex- premier ministre Ouyahia qui fut un proche collaborateur des services secrets Algériens, ni encore moins le général-Hamel proposé par le clan Bouteflika. Le journal rapporte que lors d’une réunion entre une trentaine de généraux, il y a un an, Saïd Bouteflika, présent dans les lieux de la rencontre, est prié tout simplement de quitter la salle. "En début de réunion, le frère du Président, Saïd Bouteflika, qui joue les régents au Palais de Zéralda transformé en maison de cure médicale pour son frère président et qui se pose clairement, lui aussi, comme un possible successeur, est prié de quitter la salle avant que l’assemblée ne délibère". Les hostilités étaient officiellement lancées !

Il faut dire que les ambitions présidentielles de Gaïd Salah ne sont secrètes pour personne. Malgré son âgé avancé, on lui prête des ambitions autrement plus importantes que celles qu'il tient déjà. "Protégé par une collégialité largement formelle, Gaïd Salah a pu continuer avancer masqué. Ou presque masqué", pouvait-on encore lire.

Le clan Bouteflika qui a tenté en plaçant le général Tartag comme nouveau patron du DRS, afin de le contrôler, aurait vu son projet tomber à l’eau, puisque Gaïd Salah aurait réussi "sous de vagues prétextes fonctionnels, à obtenir le déménagement des services de Tartag dans les locaux de l’Etat-Major."

Afin de reprendre la main, Saïd Bouteflika aurait essayé de faire «monter les enchères et tenter un coup de force contre Gaïtd Salah. Le nom du général major Chentouf, le commandant des forces terrestres, est donné favori. Il dispose d’une qualité essentielle : il est natif de l’Ouest du pays comme le chef de l’Etat qui joue volontiers de ses réseaux régionalistes.»

Gaïd Salah aurait déjoué alors, les plans de son éviction. "Et cela d’autant plus aisément qu’il dispose, dit-on, du soutien à des Américains. Ce qui ne l’empêche pas d’ailleurs d’acheter de l’armement russe !"

Conclusion de l’article : l’équilibre semble rompu, et la force serait du côté des militaires. Le clan Bouteflika, qui n’a l’appui que d’une partie des "milliardaires du patronat algérien, aura du mal à l’emporter contre une armée qui échappe désormais à l’emprise des services spéciaux." Il paraît même que le clan de Tlemcen, aurait demandé le soutien de l’ancien président Zeroual, "histoire de contracter pour le clan de l’Ouest, une alliance avec des dignitaires originaires des Aurès."

Bouteflika qui comptait sur l’appui de la France en échange de certains privilèges politiques et économiques, serait bientôt orphelin des socialistes, lui et son premier ministre Sellal. "Hélas, l’atmosphère de fin de règne de Hollande rend moins fringant "le parti de la France" qu’a pu incarner pendant un temps le clan Bouteflika."

Dans toute cette histoire rocambolesque, de machination, de guerre de pouvoir, d’ambitions nombrilistes et claniques, c’est le choix du peuple qui semble absent de leurs annales. À les voir s’entre-déchirer pour le contrôle du pays, on se demanderait s’ils ne considéraient pas l’Algérie comme une tarte, un no-mans-land qui appartiendrait au plus fort, au plus prompt ou au plus malin. Peut-être qu’un jour le peuple algérien se souviendra qu’au départ, cette terre meurtrie leur appartenait.

Hebib Khalil

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Commentaires (18) | Réagir ?

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Atala Atlale

M. Urfane, je suis berbère né sur cette terre appelée Algérie j'évite les sujets qui divisent les Algériens, je ne sais si vous êtes d'accord mais nous avons d'autres préoccupations plus importantes, celles qui impliquent les générations actuelles et à venir, si vous vivez ici c'est qu'elles vous concernent aussi. Les États se sont construits dans la douleur, essayons de faire de nos wilayas un État où chaque Algérien aura sa place au soleil sans distinction de religion, ou de quoi que ce soit. Salutations.

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Hend Saraoui

Au début des années 90, les pouvoireux tenaient le même discours :

"Réglons d'abord cette question d'islamisme que l'on vous a créée de toutes pièces, puis on verra. La démocratie, la lutte contre la corruption, l'école, la santé... tout ça n'est pas important, on le réglera plus tard. Pour l'instant, faisons bloc derrière les généraux et tout ira bien".

Eh bien, Non ! Je refuse. Je veux jouer au jeu qui fâche les Algériens, car il n'y a rien de plus important. Rien de plus urgent. La guerre civile approche vite et il n'y a pas d'autre façon de la conjurer.

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Aksil ilunisen

D'un, quel est le role du Peuple algerien dans tout ca? Inutile de rever d'une election a l'americaine: Trump ou pas Trump, par le decompte des voix, le peuple a toujours son dernier mot!

De Deux, qu'etait-ce le but de la Revolution de 54 et la trahison d'un million de jeunes morts pour chassez la France et faire reigner la mediocrité par certains idiots.

L'Algerie comme terre nord-africains merite bien mieux que cela!

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