Victoire de "Trumpy", débâcle d’Hillary : le "rêve américain" supplicié ou consacré ?

Clinton-Trump
Clinton-Trump

Comme l’écrasante majorité des citoyens du monde, l’élection de Donald Trump à la tête de l’Amérique nous a plongés dans une tristesse, un émoi et une mélancolie indicibles, des heures et des journées durant.

Nous avions beau ne pas aimer Madame Clinton, essentiellement pour ses accointances douteuses avec tous les dictateurs de la planète, nous la préférions néanmoins, et de loin, à un Mr Trump dévergondé à outrance, dans tout référentiel de mesure et de décence! Au fur et à mesure des débats et des sorties tonitruantes du candidat du Grand Old Party, le choix qui s’offrait à l’Amérique se dessinait de façon précise pour prendre une allure Kafkaïenne, celle d’une préférence au choléra Clinton pour se prémunir de la peste Trump ! Le temps de la surprise passée, nous nous sommes mis, comme tout le monde, à essayer d’analyser les raisons de cet échec inattendu de Mme Hillary. Bien évidemment, il est toujours facile de verser dans des envolées d’éclaircissements après coup, mais à contre courant de ce qui se dit ça et là dans les médias et les réseaux sociaux, le recul sur les images des nombreuses étapes qui ont jalonné la campagne électorale ont bizarrement fait muter l’appréhension d’une catastrophe mondiale, que les médias nous prédisent depuis l’annonce des résultats, en teintes d’espoir pour l’Amérique et son vaillant peuple, lequel faut-il le rappeler, est composé en grande majorité d’hommes et de femmes qui ont fui, à travers les siècles récents, moult tumultes et moult bêtises humaines semées ça et là par des imbéciles au pouvoir, aux quatre coins de la Terre. À cet égard, la famille FLiN-tox peut s’enorgueillir de ne pas être en reste par rapport aux nombreux pays qui ont transformé des révolutions populaires glorieuses en acquis et conforts d’une minorité vorace sans âme ni essence! Au moment où je rédige ces quelques lignes, le "révolutionnaire" Aek El-Mali n’est-il pas à Grenoble pour se soigner pendant que des millions d’Algériens sont réduits à des services à minima, dans la plupart des centres de santé du pays ?

Le privilège accordé par le clan FLiN-tox au p’tit peuple ne se limite-t-il pas à la construction de grandes mosquées aux gigantesques minarets pour purifier son âme, laissant son corps malade à la miséricorde du tout puissant, une fois sous terre à la merci de toutes sortes d’asticots ? La "famille révolutionnaire" aura réussi l’exploit de propulser l’Algérien, en cinq décennies, aux siècles désertiques pendant lesquels il aura suffit d’un message sorti d’une grotte pour requinquer des ardeurs centrées sur une phallocratie "grotesque" et contre-nature ! Après tout, avec Clinton ou Trump, l’Amérique n’éteindra jamais ses lumières ! Elle s’apprête à fouler le sol d’autres planètes, rendant ainsi caducs ces niaiseries de piliers dressées par Allah pour empêcher le ciel de s’effondrer sur la Terre. Niaiseries amplifiées par le clan Bouteflika pour aveugler hommes, femmes et enfants afin de mieux soumettre le p’tit peuple et ainsi assouvir, en toute impunité, des délires pharaoniques abjects !

Ceci dit, revenons aux choses sérieuses!

La trajectoire du rêve américain nous interpelle tous pour capter notre attention, au point de nous sentir concernés par ses moindres déviations et ses moindres tumultes, car même si nous n’avons pas la chance de participer à l’élection des maîtres du monde, "the americain dream" a toujours coulé dans nos veines, car il représente l’espoir de jours meilleurs et de lendemains enchanteurs pour tous les opprimés de la planète! Il n’est de ce fait pas superficiel de livrer des éléments d’appréciation, sur la forme et sur le fond, considérés à travers un prisme éloigné du barycentre de l’électeur américain. Sur la forme, citons seulement trois causes, parmi bien d’autres, qui ont conduit le camp démocrate à la débâcle que l’on sait :

1- Dans la plupart de ses envolées, Donald Trump a débité un langage d’une vulgarité sans pareille, en versant des flots d’invectives et d’insanités hors normes, que toute décence ne permet point de reproduire. Mais au lieu de ne pas se laisser entrainer sur le terrain de la vulgarité dont elle n’est pas experte, Mme Clinton a succombé à des appels de surenchère et de répliques qui l’ont irrémédiablement éloignée de l’espace politique qui est le sien, pour, au finish, tomber dans le piège Trump. Celui d’une "tele-reality" déjantée dont les américains sont friands, et dans lequel il possède des années d’avance et d’expérience pour se permettre de surfer, à l’aise, sur des vagues de moult impertinences !

2- Ces questions communiquées par une médiatrice de CNN à Mme Clinton avant l’ultime débat ont de quoi laisser pantois tout observateur extérieur neutre, et certainement offensé tout électeur honnête. Comment diable, un Américain nourri au biberon du "fair play" depuis sa plus tendre enfance peut-il pardonner telle tricherie au sommet ?

3- La condescendance permanente affichée par Hillary à l’endroit d’un "Trumpy" inexpérimenté et inapte pour occuper le poste de "commander in chief" a certainement eu l’effet inverse de celui escompté par Hillary, pour finalement se retourner contre elle et la terrasser!

Aveuglée par une victoire que tout le monde lui prédisait, Madame Clinton semble donc avoir oublié que son pays l’Amérique s’est construit sur une trajectoire le long de laquelle, le plus souvent, le faible est défendu contre le fort ! Et à force d’avoir cherché à cantonner Donald Trump au rôle de candidat piteux et insignifiant, ses compatriotes ont fini par se rallier à sa cause, si légère fut elle !

Sur le fond, les interventions de Mme Hillary furent souvent décalées des préoccupations de l’Américain moyen, et du niveau de gravité de ses inquiétudes :

1- Dans chaque débat voltigeait en permanence la référence à cette position de "commander in chief" ! Une obsession qui donnait l’impression que Mme Clinton n’avait qu’une seule idée en tête, celle d’exhiber, une fois aux commandes, les muscles d’une Amérique forte et redoutée de tous, et qui se donne notamment comme objectif celui de mater la Russie de Vladimir Poutine. Dompter le monde est loin de constituer une réelle préoccupation pour l’Américain moyen, lequel n’aspire qu’à un legs d’avenir rayonnant pour ses enfants! À force d’avoir côtoyé de nombreux dictateurs comme Bouteflika, Mme Clinton a dû se laisser contaminer par des odeurs de tyrannie peu amènes pour l’Amérique et la planète !

2- Baisser les impôts pour des salaires inférieurs à 250.000 dollars, quel bel chiffre pour donner le vertige à cette majorité qui a préféré confier son destin à un Donald Trump qui se contente de vœux pieux "make America great again" (à croire que vendre du rêve n’est pas si insensé que cela). Quand on sait que même au sein de la "Silicon-Valley", certains employés au bas de l’échelle "intellectuelle» ne gagnent guère plus qu’un petit millier de dollars mensuels, il est facile de deviner l’effroi ressenti par l’annonce de ce quart de million de dollars de salaire annuel ! Et des bas salaires en Amérique, ils sont bien plus répandus qu’on ne le croit. Pour preuve, cette femme débusquée par une presse à sensations qui passe ses nuits dans sa voiture faute de moyens suffisants pour un loyer supérieur à un revenu qui ne dépasse guère 1200 dollars mensuels! Après tout, le rêve nourri l’espoir et l’espoir fait vivre ! En fin limier, M.r Trump l’a bien compris.

3- Naïvement, et c’est peut être là l’une de ses rares naïvetés au cours de ces décennies d’expériences, Mme Hillary semble avoir crû que ses compatriotes américaines ne sont que des cruches sans cervelle, et qu’il suffisait d’un simple clin d’œil adressé aux femmes par une femme pour l’aider à conquérir le poste suprême, juste pour marquer l’Histoire et faire rallier la petite moitié de l’Amérique à telle cause, bien saugrenue dans la forme et dans le fond, pour un pays à l’avant-garde de l’égalité hommes-femmes ! Un jour ou l’autre, la présidence américaine se conjuguera au féminin, c’est certain ! Mais ce ne sera certainement pas dans le cadre d’une obsession stérile, celle de marquer l’Histoire en tant que première femme à y accéder, mais parce que la véritable égalité des genres nous impose de déduire que la femme a autant de chance et d’intelligence que l’homme pour prendre en mains la destinée de l’Amérique.

Le bouquet final à l’origine la chute fatale de la candidate démocrate sur le dernier tronçon qui mène à la Maison blanche a été servi par le patron du FBI, avec l’enquête relative à l’affaire des e-mails qu’on décide de rouvrir avant de faire volte-face moins de 48h plus tard ! Ce jeu de marche-avant, marche-arrière perfide représente le coup de grâce assénée à une candidate un peu trop sûre de la victoire finale.

Pour résumer les choses, le combat pour la présidence a opposé un Donald Trump, resté lui même dans la forme, en débordant d’invective et d’insanité, sans qu’il n’ait révélé le moindre indice du fond qui coule dans ses veines d’être humain, au contraire d’une Hilary qui a dévoilé dans chacune de ses interventions, toute la splendeur de ses ambitions, aussi bien dans la forme que dans le fond, celle d’une femme qui veut inscrire contre vents et marais, et coûte que coûte, son nom dans l’Histoire de l’Amérique et du monde, certainement influencée par tous ces dictateurs qu’elle a côtoyés au cours d’une carrière politique longue et tortueuse pour la convaincre du fait qu’après tout seuls comptent les intérêts de la classe supérieure, essentiellement celle qui confectionne l’Histoire des hommes sur une toile strictement réservée aux clans qui gravitent autour du sommet!

Et puis soyons objectif et impartial, le rêve américain, celui d’une réussite par le travail et l’ambition, qui pourrait mieux l’incarner aux yeux des américains, sinon ce magnat de l’immobilier qui n’a pas hésité à couler son propre père pour se constituer une fortune colossale sans avoir baigné dans les méandres d’une politique souvent malsaine et corrompue ? Eh oui, l’Histoire est un eternel recommencement, de Brutus qui assassine César à Marine qui fait de même pour remplacer son père, le pouvoir est un casse-tête fait de trahisons et d’accointances douteuses impénétrables par le commun des mortels.

À cet égard, s’il y a une image qui nous hante et nous perturbe, nous algériens partie prenante du rêve américain, c’est celle où Mme Hillary s’affiche sur le Perron d’El-Mouradia pour nous donner des leçons de démocratie sous forme de tabouret à trois piliers, au nom d’un Bouteflika multi-putschiste avec lequel elle venait de partager un diner copieux à la suite duquel elle ne se gêna point pour jouer le rôle de receleuse en acceptant une donation de 500.000 dollars pour la fondation Clinton !

Nous sommes bien nombreux, nous algériens aux quatre coins du monde, à vouloir réaliser le rêve américain dans notre propre pays, avec pour unique crédo la formule magique de J.F. Kennedy «ask not what your country can do for you but ask what You can do for your country» ! Mais comment s’attacher à tel credo quand la Grande Madame Hillary se laisse corrompre en acceptant 500.000 dollars des mains d’un Aek el-mali qui se donne comme objectif de ruiner l’Algérie, en lui construisant des mosquées tout en allant se faire soigner à Grenoble ou Paris, pendant qu’il enfonce son peuple dans toutes sortes de niaiseries de dadais comme celui de s’en remettre à Allah pour le gratifier d’une meilleure santé plus tard, quand il s’en ira au paradis ?

Madame Clinton, ces 500.000 dollars sont une maigre somme, aussi bien pour vous que pour les dictateurs qui nous dirigent et nous pillent, mais c’est une fortune pour nous, et il serait bien honorable pour vous de la restituer sous forme d’aide à ces nombreux algériens en difficulté qui ont fui le pays et dont le seul tort est d’avoir voulu rendre l’Algérie conforme au rêve américain ! Eh oui madame ! Nous sommes nombreux à errer sous d’autres cieux que les nôtres, coupables d’avoir voulu transformer l’Algérie en pays de paix et d’amitié par un travail et une fougue ou seul le mérite servirait de jauge de dévouement consacré aux siens. Au lieu de cela, nous avons, au sommet, une bande d’octogénaires qui repose sur vos soutiens et ceux d’une France aveugle et complice pour perpétuer l’aliénation des trésors humains que recèle notre pays, en soumettant la majorité de ses composantes à une vie rythmée par un tronçon d’itinéraire quotidien unique : celui d’un aller-retour «maison-mosquée» effectué cinq fois par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par an ! Mais quelle sorte d’énergie peut-on extraire de tel mouvement perpétuel inactif ? Mouvement perpétuel inactif, (Dieu de Dieu !) il aura fallu des dictateurs bien convaincus pour inventer tel mouvement de relâche, lequel défie toutes les lois de la physique basées sur la conservation d’énergie qui stipulent que tout potentiel se doit de restituer sa réserve sous forme cinétique, calorifique ou électrique !

Bien évidemment, nous avions tous été choqués par la réplique «I would put you in jail» suite à l’envolée concernant le danger de confier la Justice américaine à un Donald Trump farfelu! Mais madame, avec un peu de recul, telle phrase a dû en faire jubiler plus d’un, car elle correspond exactement à l’esprit de justice pour tous énoncée dans la constitution ! En vertu de quelle logique, ne parlons pas de lois, l’Establishment que vous représentez depuis plus 30 ans doit il se sentir exempt de toute critique, de toute remise en question, et de soumission aux lois ? Le temps des intouchables prophètes est révolu madame Clinton, il est bien dommage que vous ne l’ayez pas compris avant! Cela vous aura coûté le prix d’une empreinte dans l’Histoire de votre pays ! Dans de telles situations inattendues, il est parfois sage de rester Voltairien en transformant l’échec en victoire ! Pour ce faire, il faudrait avoir le courage de dénoncer tous ces dictateurs que l’Amérique soutient pour ses seuls intérêts, le bien de ses seuls enfants, tout en ne s’encombrant pas du moindre remord quand il s’agit de laisser souffrir et laisser massacrer des innocents partout ailleurs sur la planète. Car, en fin de compte, au nom de quelle logique et de quel Dieu un petit Irakien, un petit Afghan, un petit Syrien ou un petit Algérien doit-il être mis hors de portée du rêve du petit Américain ?

Et à propos de prophéties, Donald Trump a certes énoncé, il y a fort longtemps, qu’il se présenterait sous la bannière GOP pour la simple raison qu’il aurait pressenti que les électeurs de ce parti n’étaient que des benêts sans jugeote, mais l’avoir choisi au lieu d’Hillary lui donne bien plus tort que raison ! Car finalement, au nom de quoi le simple quidam devrait-il croire en une candidate expérimentée dans la ruse politicienne et ne pas donner sa chance à un goujat inexpérimenté mais que le poids du pouvoir va certainement transformer en homme mature en réalisant que "the russians love their children too" pour leur tendre la main au lieu de revenir à l’ère Mac Carthy, comme vous sembliez l’augurer en digne "commander in chief" querelleur, la Russie en permanence dans le viseur

D’ailleurs, il n’a échappé à personne que les premières images de la victoire de Donald Trump ont laissé paraître un caractère bien plus humain qu’il n’y paraît, au vu de cette mine grave affichée le soir des résultats et qui semblait soudainement réaliser que le destin de la planète reposait désormais sur ses épaules, comprenant certainement que les temps à venir ne seraient plus ceux de l’invective et de la provoc gratuites mais ceux d’un job sérieux éloigné des plateaux de télé réalité sur lesquels tout n’est que jeu et surenchères de pitreries!

Good luck Mister Trump ! Désormais, nous, Berbères, comprenons bien que le monde ne repose pas sur la corne d’un bœuf, comme nous l’ont enseignés nos aînés, mais sur les épaules d’un homme que nous espérons sage, mesuré et humain envers ses compatriotes mais aussi envers tous ceux, à travers la planète, qui n’ont pas la chance de chevaucher le rêve américain sur leurs propres terres ! Reste à espérer que vous aurez constamment en tête le fait que les bombes ça tue des enfants, aussi beaux et aussi débordants de vie que Barron, le petit fiston qui veut tout faire comme papa ! Souhaitons qu’il le fasse mieux s’agissant de semer la paix pour les hommes de sa génération, qu’ils soient juifs, chrétiens, musulmans ou tout simplement citoyens d’un monde, et qu’il sache transcender les égarements de ses ancêtres en les transformant en rêves et opportunités pour tous, aux quatre coins de la planète! Car qu’on le veuille ou non l’Amérique n’est pas le monde et vous auriez tort de ramener le monde à la seule Amérique, et les hommes aux seuls américains! Et entre nous, petit Barron, dire vouloir tout faire comme ton père est un peu tôt à ton âge ! Nous souhaitons que plus tard, tu apprennes mieux des erreurs de "daddy Trumpy" que de ses conquêtes et de sa réussite, surtout sous cette forme abjecte qui fait toujours peur ! Quant au fond, le futur proche nous en dira d’avantage.

Mais parions que Donald Trump ne fera pas péter la planète, car à la différence d’Hitler (auquel on l’a souvent comparé, à tort ou à raison) lequel n’ayant pas eu d’enfants voulait sacrifier le peuple allemand entier en l’entrainant dans le déluge final, Donald a des héritiers et il est impossible qu’un père ne souhaite pas construire un monde meilleur pour sa progéniture ! Nous, Algériens, en savons quelque chose, puisque dans la logique d’un Bouteflika, l’Algérie de demain ne fait pas partie de ses soucis ! Que le déluge l’emporte après tout, puisqu’il n’a rien à léguer comme descendance au pays et à l’Humanité ! Ce qui interpelle et étonne ce sont tous ces nombreux complices dans la circuiterie dirigeante, de l’homme de troupe au général, du bureaucrate d’en bas au ministre, sans parler des députés, qui s’imaginent qu’il suffit de laisser un maximum d’avoir à ses rejetons pour les prémunir des périls qu’ils croient ne léguer qu’aux autres.

Avec ou sans Hillary Clinton, l’Amérique saura transcender ses divisions ponctuelles pour mieux se relever et nous étonner dans ce qu’elle a de meilleur, comme elle l’a toujours fait. L’Histoire récente est là pour tant nous en conter !

Non, Donald et sa troupe ne muteront pas en Adolphe et compagnie ! Non, ils ne malmèneront pas le monde à peine remis du cauchemar de la Germanie ! Non, M. Trump n’est pas fou, “He loves his children too”!

Kacem Madani

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