Elections législatives de 2017 : qui sont les partis qui participeront ?

Elections législatives de 2017 : qui sont les partis qui participeront ?

Plusieurs formations politiques ont d’ores et déjà confirmé leur participation aux législatives de 2017.

En terme comptable, elles seraient une trentaine à se présenter à l'arbitrage populaire. Cependant, une lecture rapide du tableau des candidats à l’assemblée populaire, fait ressortir clairement deux camps qui vont s’affronter (à la loyale?) en mai prochain : le camp des partis de l’allégeance et celui des islamistes.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : cette "opposition" qui sera arbitrée par une commission dirigée par l’islamiste Abdelouahab Derbal (et néanmoins serviteur du camp présidentiel), se déroulera sous le signe de la loyauté. Loyauté envers le président de la République, en échange d’une représentation "honorable" et d’une présence dans le gouvernement qui en découlera.

La coalition de l’allégeance (Ahzab Al Moualat) emmenée par le parti du FLN, s’apprête à jouer en terrain conquis. Le parti de la majorité (220 sièges), et son nouveau président Djamal Ould Abbes, ne semblent pas préoccupés outre mesure par ce scrutin. L’enjeu, s’il y en a un, sera de conserver une majorité confortable déjà acquise en 2012. Avec un million d’adhérents (opportunistes pour la plupart), le parti du "président" semble indétrônable et surtout intouchable, la baraka du Raïs aidant.

L’autre joueur important de cette coalition, le parti du RND (68 sièges seulement en 2012), pourrait cette fois-ci s’en tirer à bien meilleur compte et profiter de son nouveau capital-estime pour accroître son stock de sièges, puisque Bouteflika semble lui avoir re-accorder sa bénédiction. Comme quoi, ténacité et loyauté, finissent toujours par payer.

Le micro-parti MPA par le biais de son président Amara Benyounes, qui réclame ouvertement le titre de troisième force politique du pays, pourrait être contraint au partage des sièges avec l’autre formation loyaliste TAJ de Amar Ghoul qui espère, à son tour, une belle place sur le podium législatif.

À cela s’ajoutent de nombreuses formations satellites qui participent, presque sans contrepartie, sinon pour obtenir quelques privilèges et une poignée de dinar, gracieusement octroyer pour faire compagne, de la figuration et grossir un peu plus la "nébuleuse" présidentielle. Leur rôle de "chauffeur de public" est cependant indispensable pour les mises en scène folkloriques entourant les scrutins et le dopage du très commenté taux de participation.

La revanche des islamistes ?

Les partis islamistes, qui avaient entretenu un semblant de suspense, quant à leur participation, espèrent rafler la mise sans provoquer de casus belli susceptible de rompre le pacte de non-agression, scellé avec le pouvoir. Des ambitions nourries par les résultats probants des islamistes de Turquie, de quelques pays arabes et du Maroc voisin tout récemment.

La coalition verte, le MSP de Abderrezak Makri (30 siège en 2012) en tête, qui estime ne jamais avoir eu sa chance, espère, enfin, une prise des reines du pays. Un appétit aiguisé grâce aux concessions faites par le clan présidentiel, qui s’apprête à leur offrir un cadeau empoisonné dans une conjoncture économique plutôt trouble et incertaine.

De là à penser que les cercles décisionnels sont prêts à renoncer définitivement au pouvoir exécutif, il y a tout un monde et surtout beaucoup trop d’intérêts pour ne pas le croire.

Le Mouvement d’Ennahda, est le Troyen du pouvoir au sein de la mouvance islamiste depuis l’éviction de son fondateur Abdellah Jaballah. C’est l’une des premières formations à avoir salué l’intronisation de Derbal (ex-membre de l’exécutif d’Ennahda) à la tête de la commission de surveillance électorale, et l’une des plus promptes à répondre favorablement aux sirènes du système.

Quid des partis démocratiques ?

Restent les partis du courant démocratique, du FFS de Abdelmalek Bouchafa, du RCD de Mohcine Belabbas, du PT de Louiza Hanoune, Talaei Al Houriyatt de Ali Benflis et Jil Jadid de Sofiane Jilali, qui sont mis à rude épreuve à chaque élection ou suffrage.

Et l’incontournable choix du boycott ne semble plus faire l’unanimité au sein de ces formations politiques. D’une part, parce qu’il n’a pas eu le résultat escompté de décrédibiliser les scrutins organisés par le pouvoir, et d’autre part, parcequ’il s’avère suicidaire et semble affaiblir ces partis qui se sont peu à peu, vidés de leurs bases militantes.

C’est ainsi que le RCD et le PT ont décidé, tout de go, de participer au scrutin, pour, disent-ils, plus de visibilités et d’actions, et peut-être pour éviter une disparition programmée. Le FFS et Talaie Al Houriyat, quant à eux, jugent que le moment n’est pas encore opportun pour rendre compte d’une décision qui doit en premier, selon eux, venir de la base.

À ce jour, seul le parti de Jil Jadid, a émis clairement son refus de participer aux législatives de 2017. Il met cependant les partis participants devant leurs responsabilités et les sommes "de ne pas venir se plaindre de fraudes a posteriori".

Hebib Khalil

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Commentaires (3) | Réagir ?

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Rabah IBN ABDELAZIZ

Toujours les mêmes qui sont éluent sans vote de la populace. fln and rnd :les deux partis mafieux qui occupent notre pays.

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Aghioul Aghyoul

Et qui sont les voteurs?

Sommes-nous habilités à voter?

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