L’Algérie s’endette officiellement : Abdelmalek Sellal aurait-il donc menti ?

Abdelmalek Sellal.
Abdelmalek Sellal.

À Saida, le 31 août 2016, devant un parterre de journalistes, monsieur Abdelkader Sellal était affirmatif : "L’Algérie dispose de réserves de changes suffisantes, qui lui permettront d’affronter sereinement la crise économique". Mieux, il affirmait que ces réserves ne baisseraient pas sous les 100 milliards de dollars jusqu'en 2019 :"Certains croient que l'économie algérienne connaîtra des difficultés durant les prochaines années, mais nous avons étudié la situation et jusqu'à 2019, les réserves de changes algériennes ne baisseront pas sous le seuil des 100 milliards de dollars" affirmait-il (*)

Les prévisions plus qu’optimistes du Premier ministre étaient venues répondre aux affirmations de la Banque Mondiale (BM), qui deux mois plutôt, prévoyaient une baisse significative des niveaux de réserves, les situant à 60 milliards de dollars à l’horizon 2018. La BM, considérait alors la situation en Algérie comme alarmante, "compte tenu de l’utilisation massive des réserves de changes pour faire face à la baisse du prix de pétrole, de l’inflation galopante, de la dévaluation des monnaies et du «financement des déficits fiscaux" (**)

Ce à quoi la Banque centrale algérienne avait rétorqué le 15 août 2016, par un communiqué se voulant rassurant et mettant en cause les méthodes de calcul de la Banque Mondiale (BM) : "Le rapport de la Banque Mondiale (BM) sur la région Mena situant le montant des réserves de changes de l’Algérie, à l’horizon 2018, à 60 milliards de dollars paraît quelque peu alarmiste et ne reposant pas sur des hypothèses probantes".

Mais à peine quelque mois (trois mois) après cette "guerre des chiffres", on apprend par communiqué que "le Conseil d'administration de la Banque Africaine de Développement (BAD) avait approuvé, le mercredi 2 novembre 2016, un prêt de 900 millions d’euros (près d'un milliard de dollars) pour le Programme d’appui à la Compétitivité industrielle et énergétique en Algérie (PACIE)" (***)

Par ailleurs, ce communiqué ne dit rien sur les modalités techniques de remboursement du prêt, ni sur sa durée, ni sur le taux d’intérêt imposé. L’opacité entourant cet emprunt, fait resurgir le spectre de l’endettement et pose des questions sur la capacité réelle du pays à faire face à la crise pétrolière qui ne semble pas s’essouffler.

Faite sur les bases optimistes d’un baril de pétrole à 50 dollars, la loi de finance de 2017 risque de connaître de graves déséquilibres. Ce premier emprunt de la BAD, pourrait être une première tentative de rééquilibrage des finances, après ce choix suicidaire d’adopter une loi sur des bases fantasmées.

Une explication s’impose cependant : si le portrait financier du pays, dressé par la Banque Mondiale était erroné, alors, Monsieur Sellal devrait nous expliquer le pourquoi d’un tel emprunt ! Et s'il était finalement fondé, il devrait nous expliquer pourquoi il avait menti sur l'état des finances du pays!

Hebib Khalil

Renvois

(*) Les réjouissantes prophéties d’Abdelmalek Sellal

(**) La Banque Mondiale évoque une utilisation accrue des réserves de change

(***) Lien communiqué BAD : La BAD approuve 900 millions d’Euros pour le programme d’Appui à la Compétitivité Industrielle et Energétique en Algérie (PACIE)

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Commentaires (2) | Réagir ?

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mhand said

mr habib : vous avez raison sur un point, celui de demonder a mr. sellal des explication sur son mensonge, sa façon de se moquer des algeriens. par contre la gestion a l a peu pres de ces gens, leur imcompetance, leur obsession du "korsi" ... notre petit chat le sait.

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Rabah IBN ABDELAZIZ

C'est UN IGNARD finis.