"Le pouvoir s'apprête à mener une guerre contre les pauvres"

A défaut de l'Etat de droit promis, l'Etat policier est en marche.
A défaut de l'Etat de droit promis, l'Etat policier est en marche.

Alors que des décisions antisociales sont prises unilatéralement sous l'injonction d'institutions financières internationales, le système ne peut plus tolérer de brèches en son sein.

L'éviction du SG du FLN obéit à cette volonté de "reconstruction d'un consensus interne" pour faire face aux troubles sociaux inévitables. Incapable de proposer une vision pour le pays, d'indiquer une trajectoire politique faute de légitimité démocratique, le pouvoir s'apprête à mener une nouvelle "guerre contre les pauvres", à faire payer le prix de l'irresponsabilité et de la gabegie à une majorité de notre peuple.

Confondant les intérêts de l'Etat et de la Nation avec ceux d'un régime devenu dangereux pour la cohésion nationale et sociale, les décideurs mettent en place un véritable dispositif de quadrillage policier du pays et finalisent une batterie de textes juridiques, annoncés d'ailleurs par la nouvelle constitution, visant à neutraliser toute contestation politique et sociale.

La légalisation de l'autoritarisme à travers la criminalisation de tout acte politique, syndical ou associatif autonome, la volonté de réduire au silence les médias électroniques accusés de porter atteinte à l'image de l’Algérie à l'étranger annoncent ni plus ni moins qu'une "nord-coréisation" du pays.

La raison du "système" se heurtera pourtant à la raison tout court. Dans un monde globalisé, la bunkerisation du pouvoir relève du délire politique absolu. Les transactions financières douteuses, la fuite illégale des capitaux, les manipulations à l'origine d'événements meurtriers dans le pays sont un secret de polichinelle pour les puissances étrangères et leurs "services". Comment ne pas voir qu'elles servent d'excellents moyens de pression sur un régime prêt à toutes les concessions pour se maintenir? Le commun des Algériennes et des Algériens ont longtemps compris que la complaisance étrangère sert en définitive les intérêts du régime et non ceux de l'Algérie.

Lorsqu'on gouverne contre son peuple, quand on gère un État et qu'on dispose de ses revenus comme des biens privés, on s'expose tôt ou tard à la vindicte populaire.

Il appartient aux élites politiques, militaires, intellectuelles, économiques et médiatiques de s'affranchir de la logique d'un système en dérive et transcender les clivages secondaires. Il s'agit aujourd'hui plus que jamais d'anticiper pour transformer en une alternative politique démocratique une révolte pouvant conduire au pire.

À la veille de la commémoration du 1er Novembre, il faut se souvenir que malgré les impasses, les renoncements et les désillusions, la détermination et la conviction en un idéal peuvent produire un miracle historique.

Samir Bouakouir
Militant de la Démocratie et de l'Algérianité.

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Commentaires (2) | Réagir ?

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moh arwal

Reste ä savoir si vraiment il a demissionö de son propre gré ou il en a été forcé. je crois que son successeur sera pormu a de sales besognes comme Ouyahia.

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Hend Uqaci Ivarwaqène

Une guerre contre les pauvres ? J’allais dire : enfin ! Mais c’’est surtout Saadani qui radhni !

Je ne pouvais pas imaginer que cette concomitance entre l’évitage de Saddani et le préparage de la guerre contre les pôvres s’expliquaient l’un par l’autre et réciproquement : « L'éviction du SG du FLN obéit à cette volonté de "reconstruction d'un consensus interne" pour faire face aux troubles sociaux inévitables. »

Non ce n’est pas de moi. Je ne suis pas « Militant de la Démocratie » et encore moins « de l'Algérianité ».

Et pourtant c’était évident ya boureb ! L’éviction de ce symbole de la pôvrteté et défenseur des pauvres qu’était Saadani aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Mais cette conne est restée accrochée à ma raie.