Welcome à Médea : la wilaya-planque

Welcome à Médea : la wilaya-planque

Et vas-y que je te pousse, la w-planque qu’est devenue Médea, n’en finit pas de broyer du noir, depuis 6 ans déjà, le départ tonitruant d'Abdelkader Zoukh son wali-batisseur pour s’occuper d’Alger ne s’est pas fait sans douleurs pour les sans-voix, les sans-logis, les sans le sou, les parturientes et les malades mentaux, et d’une folle exubérance pour les autres, ses directeurs exécutifs, menés au pas cadencé pour la réception de leurs projets de développement respectifs durant le règne de celui-ci.

Cela travaillait dur ce temps-là, et leurs salaires étaient plus que justifiés. Autres temps, autres mœurs...

Vint alors le wali de sinistre mémoire B.M, récemment dégommé de Tizi-Ouzou, sitôt intronisé à la wilaya historique, donna libre cours à la farniente, et qui ne s’est pas empêché d’aller de main morte pour s’attaquer aux faits d’armes de son prédécesseur, remettant aux calendes grecques la réception de moult réalisations architecturales, pas encore achevées à ce jour, non sans chercher des poux dans la tête et, non sans lancer une véritable chasse aux sorcières aux ex-partenaires socio-économiques de son confrère.

Et depuis, anesthésiée comme jamais auparavant, point de village olympique dont l’importante assiette foncière a été cédée à la Justice pour en faire un pénitencier, point d’hôpital psychiatrique , point de forêt récréative, point de bol d’oxygène. La wilaya de Médea s’est enlisée dans un indescriptible tohu-bohu, d’anarchie et de laisser-aller. Des mille rêves et mille espoirs placés par la plèbe sur les autorités locales 6 ans plus tôt ne subsiste que le vœu ridicule de voir les tonnes d’immondices et de saletés jonchant et conquérant nos villes et nos villages, la gadoue charriée dans des caniveaux obstrués avec leurs relents et leurs odeurs putrides , disparaître et de se souvenir de ce qui fut la mondanité, le raffinement et l’épanouissement du bien-être social initiés par le mondain Zoukh.

Le wali refait sa piscine

Tout est parti, rien, absolument rien, n’a subsisté. Et comme un malheur n’arrive jamais seul dit l’adage, ne voilà-t-il pas que le roitelet, honni de Tipaza, succède au wali-anesthésiste Merad, en plongeant encore plus la wilaya dont il a, présentement, la charge dans un marasme accentuant, chaque jour que Dieu fait, la mal-vie et le désespoir de ses administrés.

La première frasque du nouveau venu a été de remodeler la piscine de sa résidence, une tâche qui n’est pas sans aller sans accrocs, conduisant à la chute du mur de soutènement Sud du périmètre de la wilaya, et la pose d’une hideuse clôture en plastique tout autour, mégalomanie oblige, c’était l’urgence du moment, en ces temps de disette et d’austérité qu’en hauts-lieux l’on s’égosille de nous faire expliquer et partager. Grand bien lui fasse de prendre soins de sa personne.

Les Médéens de la wilaya dans leur immense ingénuité, pensaient, tout bêtement, qu’après les sorties-coup de poing impromptues, lors de son installation comme patron de la région, il allait booster l’activité tous azimuts. Mal leur en prit, et dépités, se rendirent compte que c’était juste un scénario, tel un fauve, pour marquer son territoire et affirmer sa puissance.

Depuis, la wilaya est larguée à vau-l’eau. Il ne fait pas bon vivre à Médea et ses contrées proches et lointaines, plongées dans l’obscurité sitôt la nuit tombée, les citoyens ne savent plus à quels saint se vouer pour voir une réelle prise en charge de leurs doléances. Les élus des assemblées populaires se sont faits âne et s’étonnent de voir des commis de l’Etat, des chefs de daira, en mal de puissance, leur monter dessus. Médea, la capitale de la région, censée être la vitrine de la wilaya, offre désormais un pathétique spectacle de désolation, de saleté , de routes et de ruelles défoncées , de nids de poule et cloaques aux paysage lunaire, la conduite automobile n'étant pas du reste pour singulariser encore plus le vague à l’âme de ce qui fut l’havre de paix et de villégiature que l’on lui connaissait. Le plan de circulation de la ville, prêt et ficelé, ne demande qu’à être mis en service, tarde à se concrétiser sur les lieux, livrant la cité à l’humeur et aux desiderata des chauffards pour se frayer un passage, les trottoirs et autres passages protégés ont depuis longtemps été squattés, livrant nos petits écoliers et écolières aux fous du volant.

Il est du moins très surprenant qu’à l’arrivée de quelques tristes sires d’Alger, des visites s’apparentant à des promenades, l’itinéraire ministériel retrouve sa propreté, les ruelles leurs frais bitume, les arbres, leur blancheur et les jardins, leur verdure... Le constat est immuable. L’incurie et la forfaiture se font violence, sinon comment expliquer l’insouciance et l’inconscience des décisions incongrues prises ces derniers temps par la fermeture de l’Asile des vieillards et de l’enfance assistée de Ben Chicao, un crime social, et le dispatch de ses pensionnaires loin de leurs ville natales, pour en faire quoi et destiné à qui, et de la mise au chômage de 450 personnes par la fermeture, sous forme de vendetta, de la laiterie de Ksar El Boukhari, propriété du député ‘’spécifique’’ Tahar Missoum, très prolixe dans les plateaux télévisuels, une action qui a suscité une intrigante et insolite conférence de presse de la Direction du Commerce de Medea pour sa justification.

Une wilaya sans cinéma

Trop ! C’est trop ! Peut-on , dès lors, en vouloir à l’homme de la rue de déverser sa bile et traiter de tous les noms d’oiseux ces administrateurs-zombies et ces élus marionnettes qui ont fait de Médea, la wilaya la plus pauvre et la plus sale du pays, point de travail, point d’usine Hi-tech, point de distraction, point de jardins et de parcs publics, point de cinéma, point de vie tout court. Il ne fait pas bon vivre à Médea !

Les espoirs placés par la plèbe au mouvement des Walis se sont immédiatement mue en rancoeur par le maintien de l’actuel wali à son poste, pour on ne sait quels services et quels bienfaits pour les citoyens censés les servir. La wilaya sinistrée qu’est Médea en appelle aux hautes autorités pour redorer son blason, sa quiétude et sa joie de vivre et surtout restaurer la confiance de ses citoyens en ses institutions ! Vœu pieu, sera-t-il exaucé ? Là est la question.

Brahim Ferhat

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