7500 milliards de DA d'emprunts non remboursés, selon le Parti des travailleurs

Louisa Hanoune
Louisa Hanoune

Le Secrétariat du bureau politique du Parti des travailleurs (PT) a rendu public le communiqué suivant.

Le secrétariat permanent du Bureau Politique (SPBP) s’est réuni en session hebdomadaire avec à son ordre du jour la préparation de la session du comité central convoqué pour les 14 et 15 octobre courant.

Après évaluation des activités politiques et organiques à l’échelle nationale, il a débattu des développements politiques et socioéconomiques enregistrés sur la scène nationale.

Dans ce cadre, le SPBP relève,

1- La cascade d’affaires liées à la corruption viennent établir, une fois de plus, que cette gangrène est le produit de la nature du régime obsolète. Par conséquent, son éradication exige une réforme politique profonde consacrant une véritable indépendance de la justice, la séparation effective entre les pouvoirs et un pouvoir législatif doté du pouvoir de contrôle, produit d’élections libres et transparentes et donc expression de la souveraineté du peuple.

Une telle modification salvatrice pour le pays appelle la conjugaison des efforts de tous les patriotes pour imposer l’avènement de la démocratie politique effective.

2- Au moment où les scandales de la corruption font état de sommes colossales en DA et en devises détournées à partir des fonds publics, le SPBP considère que les agressions brutales contre les travailleurs, la jeunesse et les larges couches populaires dans le cadre d’une politique d’austérité meurtrière, ciblant leur pouvoir d’achat, (flambée des prix et dépréciation du DA), leurs acquis sociaux (retraite, gratuité des soins, …etc) relèvent de la provocation.
D’autant plus qu’aucun Algérien n’ignore que si la majorité est accablée, par l’austérité, une minorité parmi les nouveaux riches ne paie même pas ses impôts qui s’élèvent à 9981 milliards de DA ne rembourse pas ses crédits (7500 milliards de DA) avec la connivence de responsables.

Or, au lieu de mettre un terme à cette situation intolérable car profondément injuste, le projet de LF 2017, confirme la même orientation. En effet, les transferts sociaux sont amputés de plus de 200 milliards de DA alors que le budget d’équipement est réduit de plus de 28%, ce qui entrainera un ralentissement du développement local et national impactant négativement l’emploi et les services publics.

Malgré le camouflage volontaire, les rentrées fiscales prévues consacrent l’impunité pour la minorité prédatrice alors que les collectivités locales déjà en majorité exsangues et la majorité meurtrie sont appelées à combler le déficit au prix de privations insoutenables, et qu’en est-il de la privatisation des banques dont justement le caractère public a immunisé le pays contre la crise dite des subprimes de 2008 et du recours à l’endettement externe deux dispositions antinationales et dont les conséquences seront incalculables sur le pays en général et la souveraineté nationale en particulier.
Le SPBP considère que ce projet de LF 17, pousse le pays vers la récession par le recul, déjà très important, de la consommation des ménages. De même qu’il aggrave le fossé entre la majorité des citoyens et les institutions. D’ailleurs, le prix de référence du baril fixé à 50 dollars vise à institutionnaliser le déficit du trésor qu’elles que soient les fluctuations du marché, pour, en définitive, justifier les coupes sombres dans le budget de l’Etat et les mesures d’austérité mortelles pour la stabilité sociale et la production nationale.

Le SPBP considère que le caractère sciemment vague du communiqué sanctionnant la réunion du conseil des ministres ne saurait tromper l’intelligence des Algériennes et des Algériens. Tout comme pour le projet de loi de finances 2017, le projet de loi sur la santé, confectionné en catimini et en dehors de tout dialogue, l’orientation est claire : c’est l’institutionnalisation et la généralisation de la prédation du secteur public au projet du privé parasitaire sous couvert de partenariat public/privé. Une prédation déjà existante dans le secteur notamment du matériel médical. C’est le désengagement de l’Etat et donc la liquidation de la gratuité des soins par l’accablement de la CNAS via la contractualisation avec les hôpitaux.

Il en est de même concernant la primauté de l’administratif sur le technique dans les hôpitaux qui confisque les prérogatives des praticiens les mettant à la merci de l’administration…

Le SPBP considère que cette autre offensive contre un des principaux acquis de la révolution vient aggraver la précarité sociale. Considérant l’état du monde et de notre environnement immédiat, caractérisé par la guerre impérialiste contre les nations et les peuples notamment sur notre continent et dans le moyen orient, sous couvert de lutte contre Daech, le SPBP tire la sonnette d’alarme car cette orientation socio/économique fait le lit du terrorisme et détruit l’immunité du pays, mettant son intégrité et sa souveraineté en péril.

Pour le SPBP, l’heure est à la réappropriation de tous les espaces de libertés acquis en 1989 grâce au sacrifice de centaines de jeunes pour que s’organise la mobilisation en défense des acquis socioéconomiques de l’indépendance nationale, et pour que soit dégagée une issue politique exclusivement algérienne, à la crise multidimensionnelle qui étrangle notre pays.
Il s’agit d’organiser le sauvetage de l’Etat algérien et donc la nation, menacés comme jamais par le passé.

En effet, le SPBP profondément indigné par la décadence politique qui a atteint son paroxysme mercredi 5 octobre, terrible coïncidence ! Ainsi l’infamie se la dispute à la baltagua, n’épargnant ni l’Etat à travers des insanités et des contre-vérités proférées à l’encontre de hauts responsables ni même notre glorieuse révolution et ses acteurs, violement offensés.

Pour le SPBP, cette dérive d’une extrême gravité, considérant l’identité de son auteur et sa fonction, établi que les dangers intérieurs sont désormais une menace directe contre la pérennité de l’Etat algérien et donc l’intégrité de la nation. Le SPBP réitère son interpellation au Président de la République responsable devant la nation.

Le Secrétariat permanant du Bureau Politique
Alger, le 10 octobre 2016

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