La Grèce refuse l'asile à des militaires putschistes turcs

Les militaires sont arrivés en hélicoptère.
Les militaires sont arrivés en hélicoptère.

Le service d'asile grec a rejeté mercredi en première instance la demande d'un des huit militaires turcs ayant fui en Grèce après le coup d'Etat avorté en Turquie, a indiqué jeudi leur avocate, et refusé d'examiner la demande de deux autres, selon une source judiciaire.

Les autorités grecques ont rejeté la demande d'un de ces militaires turcs et gelé la demande de deux autres, a indiqué à l'AFP Me Stravroula Tomara. Selon une source judiciaire interrogée par l'AFP, ce gel signifie en fait que le service d'asile a refusé de discuter l'affaire des deux autres militaires car leurs arguments ont été considérés insuffisants pour être examinés.

"Nous attendons toujours la décision pour les cinq derniers, a ajouté Me Tomara. La décision sur le rejet de la demande d'asile d'un des huit (militaires) est basée sur des conclusions arbitraires, selon lesquelles ce militaire aurait participé à la tentative du coup d'Etat en Turquie le 15 juillet", a estimé Me Tomara.

Selon la loi, un recours en appel contre cette décision est possible, ce que nous allons faire prochainement, dans le délai prévu de 15 jours, a dit l'avocate. Pour les deux autres militaires, dont l'affaire a été gelée, elle va demander le réexamen de leur cas dans le délai de neuf mois prévu par la loi.

Ce refus intervient alors que le Premier ministre Alexis Tsipras s'est entretenu mercredi à New York avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, en marge de l'assemblée générale des Nations Unies.

Selon l'agence de presse grecque Ana, M. Tsipras a dit à M. Erdogan que la démocratie était très importante pour Athènes et que des putchistes présumés n'étaient pas les bienvenus.

Ankara a demandé l'extradition des huit militaires turcs mais cette demande ne sera examinée par la justice grecque qu'après que leur demande d'asile aura été définitivement tranchée.

Les huit militaires avaient atterri en hélicoptère à Alexandroupolis, une ville grecque proche de la frontière gréco-turque, le 16 juillet, quelques heures après le coup d'Etat manqué en Turquie. Ils avaient aussitôt demandé l'asile en Grèce, soutenant qu'ils avaient peur pour leur vie, mais niant avoir participé au coup d'Etat.

La justice grecque a condamné fin juillet les huit militaires à trois mois de prison avec sursis pour entrer illégale dans le pays et sont depuis en rétention dans les installations du village olympique, près d'Athènes.

De nombreux militaires et fonctionnaires ont fui la Turquie après le 15 juillet, par peur d'être arrêtés après la purge lancée par le président Recep Tayyip Erdogan contre les soutiens présumés à l'ex-imam turc Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, qu'il accuse d'avoir fomenté ce coup d'Etat.

La tentative de coup d'Etat a fait au moins 270 morts et plus d'un millier de blessés. Amnesty International a indiqué avoir réuni des preuves crédibles attestant de cas de torture dans des centres de détention en Turquie après le 15 juillet. La gestion de l'affaire des huit militaires turcs est considérée comme délicate pour Athènes en raison des relations historiquement difficiles entre les deux pays.

AFP

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