Mort d'un poète, un ami, un frère...

 Hamid Nacer-Khodja, universitaire, écrivain et spécialiste de Jean Sénac. Photo Liberté.
Hamid Nacer-Khodja, universitaire, écrivain et spécialiste de Jean Sénac. Photo Liberté.

Je le savais malade et quand je lui demandais des nouvelles de sa santé, il me rassurait.

Dans sa voix, il ne voulait laisser transparaître rien qui puisse inquiéter. Sa mort m'a plongé dans une immense tristesse, de ce chagrin qui fait réfléchir sur la vanité de certains comportements dans la vie. Je ne parlerai pas de son immense travail sur Jean Sénac, d'autres amis l'on fait (Abdelmagid Khaouah. dans le Soir d'Algérie).

J'insisterai plutôt sur sa joie de savoir que le film que je préparais sur Jean Sénac allait sortir le grand poète que fut Sénac, d'une sorte de silence ''honteux'' alors qu'il a défendu dans les congrès et forums littéraires du monde entier la lutte et le droit de l'Algérie à sortir de la ''nuit coloniale'' pour reprendre une expression d'un autre poète-écrivain Kateb Yacine.

Oui, Hamid Nacer-Khodja était heureux d'intervenir dans le film aux côtés d'autres écrivains comme Nabile Farès et Malek Alloula. Heureux que la voix de ces grands poètes restitue l'honneur d'être Algérien revendiqué par Jean Sénac, une nationalité qui lui fut refusée par des ''responsables'' incapables de faire la différence entre les ''origines'' de Sénac (européennes) et la France coloniale dont il a refusé la nationalité. Ainsi, outre le chauvinisme qu'il soit de nature ''nationaliste'' ou ''identitaire, certains continuent-ils à se complaire dans le marasme d'une vision étriquée de l'Histoire.

Pourtant, l'Histoire du pays qui plonge ses racines dans la nuit des temps, l'histoire donc devrait rendre les ''idéologues'' de tout acabit moins obtus, moins intolérants, ces ingrédients de la bêtise qui nous ont déjà fait tant de mal.

Adieu Hamid, mon frère, toi le poète dans le corps va s'évaporer dans le néant de l'hiver mais dans la poésie te survivra et finira par faire découvrir les délices des merveilles du monde à notre jeunesse. Aux côtés de Kif, Alloula, Farès, votre poésie sonnera à mes oreilles et me fera retrouver vos sourires où je lisais et l'intelligence et la bonté...

Ali Akika, cinéaste

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Commentaires (1) | Réagir ?

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djamel tebib

ça fait toujours très mal de perdre quelqu'un à jamais.

à un certain age, on se dit que notre génération finira par disparaître!

nostalgie d'un temps révolu, ou la bêtise humaine n'avait jamais tuée....

le verbe nous fait défaut, n'arrivant plus à se trouver une place dans un concept ou la violence des mots détruits la valeur de la phrase.