Cinq suspects, dont un mineur, devant un juge antiterroriste

Cinq suspects, dont un mineur, devant un juge antiterroriste

Trois femmes et un homme, impliqués dans une tentative d'attentat présumé et arrêtés jeudi en région parisienne, ont été présentés lundi à un juge d'instruction antiterroriste en vue de leur mise en examen, ainsi qu'un mineur interpellé ce week-end à Paris, a-t-on appris auprès du parquet.

Inès M, 19 ans, Amelle S., 39 ans et Sarah H., 23 ans, ont été arrêtées à Boussy-Saint-Antoine, dans l'Essonne, à la suite de la découverte le week-end précédent à proximité de Notre-Dame-de-Paris d'une Peugeot 607 appartenant au père de la première et bourrée de bonbonnes de gaz.

La garde à vue de la fille aînée d'Amelle, une mineure de moins de 16 ans interpellée vendredi matin dans le cadre de la même enquête, a en revanche été levée. L'homme, Mohamed Lamine A, 23 ans, arrêté jeudi soir aux Muraux, dans les Yvelines, est le fiancé présumé de Sarah H.

Lors de leur arrestation, Ines M. et Sarah H. ont attaqué deux policiers avec des couteaux.

Une des principales suspectes de ce commando de femmes, Ornella G., 29 ans, convertie à l'islam et mère de trois enfants en bas âge, a déjà été mise en examen samedi pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes et tentative d'assassinats en bande organisée.

Ses empreintes digitales et génétiques avaient été retrouvées dans la Peugeot 607.

Selon des sources policières, plusieurs membres du commando, dont Ines M. et Ornella G. ont été en contact par internet avec un djihadiste français, membre du groupe Etat islamique et basé dans la région syro-irakienne.

RACHID KASSIM, CIBLE PRIORITAIRE

Cet homme de 29 ans, Rachid Kassim, est soupçonné d'être l'inspirateur de plusieurs attentats ou tentatives d'attentats djihadistes ces derniers mois en France. Son nom apparaît ainsi dans l'assassinat d'un couple de policiers à Magnanville (Yvelines) et d'un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

"Il est très présent sur les réseaux sociaux. Il cible un public jeune et particulièrement influençable", a confié à Reuters une source familière du dossier. "Il est devenu une cible prioritaire des services de renseignement français."

Selon la même source, il a eu également des échanges par le biais de la messagerie cryptée Telegram avec l'adolescent de 15 ans arrêté samedi à Paris et soupçonné de préparer une "action violente imminente".

Ce garçon, qui habitait le 12e arrondissement et dont le domicile avait fait l'objet d'une perquisition administrative, avait été placé en résidence surveillée dans le cadre de l'état d'urgence décrété après les attentats du 13 novembre 2015.

Selon une source proche de l'enquête, il utilise plusieurs identités d'emprunt et s'est montré très "vindicatif", après son arrestation, affirmant qu'il voulait "mourir en martyr" en commettant un attentat.

Il a été présenté lundi après-midi à un juge antiterroriste en vue de sa mise en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, a précisé le parquet de Paris, qui a requis son placement en détention provisoire.

Reuters

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