Condamnation de Slimane Bouhafs : quand le religieux prend le pas sur la justice !

Slimane Bouhafs condamné à 3 ans de prison.
Slimane Bouhafs condamné à 3 ans de prison.

Slimane Bouhafs, militant actif des droits de l'homme et du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie a été condamné mardi à 3 ans de prison ferme et à 100 000 dinars d'amende. Le 31 juillet, il a été condamné à 5 ans de prison avant le procès en appel.

Le tord de Slimane Bouhafs selon le tribunal de Beni Ouarthilane ? "Offense à l'Islam et au prophète". Rien que ça ! La cour a puisé son argumentaire dans l'article 144 bis 2 du code pénal pour garder l'ancien policier en prison pour trois longues années.

"Je pense que Bouhafs Slimane a été jugé, pour une grande part, par ses adversaires politiques. Aussi, je souhaite sincèrement que la cour annule le jugement et ait le courage de prononcer l’acquittement de Slimane Bouhafs", nous confiait Salah Dabouz, avocat et militant des droits de l'homme, à l'issue du procès en appel, la semaine dernière.

En effet, en matière de foi, la justice se montre de plus en plus sourcieuse. Mais il semble que le reproche se trouve ailleurs. La conversion du désormais condamné à la foi catholique a influé sur la décision de la justice. Pas seulement, son engagement politique au sein d'un mouvement non reconnu, le MAK, a sans doute pesé également.

Lors de son procès, Slimane Bouhafs a nié toute volonté de sa part de s'attaquer au prophète de l'islam. Nombre de militants des droits de l'homme et des ONG ont compris qu'à travers cette condamnation que ce ne sont pas seulement les posts que le condamné a publié sur son compte Facebook qui sont mis en cause, mais plutôt "sa conversion au christianisme" qui a pesé sur le jugement de la cour de Sétif.

Pourtant la Constitution algérienne est claire : elle garantit la liberté religieuse ! Qu'importe pour les juges !

Plusieurs organisations des droits de l'homme comme les ligues des droits de l'homme, Amnesty international, ont appelé à la liberation de Slimane Bouhafs. Ses avocats ont démonté les vices de procédure qui ont entaché la procédure visant le condamné. Peine perdue.

Plusieurs rassemblements sont prévus jeudi matin à Bejaia et Bouira pour exiger la libération de Slimane Bouhafs.

Mohamed Tamalt, le bloggeur réduit au silence

En réalité, le procédé n'est pas nouveau. Outre les menaces et les intimidations, le pouvoir et son bras idéologique trouvent toujours des arguties pour instrumentaliser la justice et condamner les "brebis galeuses". La répression des voix hautes est dans son ADN.

Faut-il rappeler le sort de Mohamed Tamalt, journaliste et bloggeur, condamné à deux ans de prison pour ses opinions publiées sur la Toile ? Mohamed Tamalt publiait des informations que la justice a jugé diffamatoires au chef de l'Etat et à des hauts responsables algériens.

Vivant à Londres, il a été arrêté le 27 juin à Alger. Placé en mandat de dépôt, il a été condamné le 21 juillet à une peine de 2 années de prison ferme par le tribunal de Sidi-M’hamed à Alger, assortie d’une amende de 200 000 dinars. Dans une déclaration à RFI, maitre Ait Sidhoume, avocat de Tamalt a affirmé : "On va faire appel en deuxième instance et on va peut-être même aller jusqu'à la saisine du Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies. Ce dossier est un grave précédent dans l'histoire de la justice algérienne". Depuis, le journaliste qui croupit à la prison de Koléa, a entamé une grève de la faim, selon plusieurs confrères, qui ont cité ses avocats. Son état de santé est des plus inquiétants.

H. A.

Plus d'articles de : Actualité

Commentaires (2) | Réagir ?

avatar
Toufik KLOUL

Quelle honte !Comment peut-on prétendre combattre le terrorisme quant on lui construit un nid ? Comment peut-on évoluer quand il est interdit de penser, de remettre en question ? Comment ne pas se jeter à la mer pour rejoindre d’autres terres ivre d’espoir de vivre ?

Honte à ceux qui de par leurs décisions encouragent l'obscurantisme et jettent à la rue les enfants de cette terre afin d'y semer la graine des conquérants...

A bon entendeur

avatar
elvez Elbaz

Cette "hogra" de "dar el islam"contre un JUSTE, considéré comme dhimmi, semble avoir une conséquence inattendue pour ces perfides inquisiteurs algeroarabomu"SS"ulmans:

Le "vent en poupe" qui souffle sur le christianisme algeroalgerien tout azimuth.. !