La France asphyxiée par un simple "itsi bitsi petit burkini" !

Nicolas Sarkozy multiplie les surenchères sur l'identité nationale pour surclasser le FN. Photo AFP
Nicolas Sarkozy multiplie les surenchères sur l'identité nationale pour surclasser le FN. Photo AFP

Cette contribution aurait tout autant pu avoir comme titre "lois des cieux vs codes terriens impérieux" ou, ce qui revient au même, "Conseil d’Etat vs Conseil français du culte musulman", tant le caractère houleux et la surenchère déclenchés par le port du Burkini semble se situer sur un plan intellectuel supérieur aux moyens cérébraux dont est doté le petit être humain, et sur lequel seuls Dieux, prophètes et apôtres sont conviés à en démêler les tenants et les aboutissants dans une arène gigantesque, eu égard à l’échelle d’appréciation du simple quidam, lequel se retrouve emporté malgré lui dans des flots de tumultes à contre-courant du fleuve tranquille le long duquel tout "homo-civilisationus" qui se respecte aspire à laisser couler des jours heureux.

Hier encore, on parlait d’intégration. Une intégration qui n’a pas réussi, pour la simple raison qu’on a exigé de l’immigré qu’il fasse lui même l’effort de s’intégrer tout en le laissant "s’épanouir" dans la cité au milieu de sa communauté, loin du regard du Français de souche de St Germain ou de Neuilly, pour lequel intégrer un bougnoule (n’ayons pas peur des mots utilisés au second degré !) et le côtoyer relève d’une mission impossible ! On ne fréquente pas facilement ceux qui portent en eux le sceau du régime de l’indigénat, voyons ! Un poinçon indélébile que la couleur de la peau, ou le patronyme "atypique", transmet et diffuse génération après génération pour troubler le petit blanc de souche et provoquer en lui une position défensive quasi-instinctive laquelle se transforme bien souvent en méfiance chronique, voire en rejet pur et simple, de tout ce qui ne ressemble pas à une jolie tête blonde.

Pourtant, il revient à ma mémoire, un cri de cœur mémorable, celui de Rachid Taha. Un hymne et un hommage vibrant dans lequel il s’égosillait, en reprenant avec une ferveur à défier la flamme que déclamait Charles Trenet à son pays, à travers son célébrissime "Douce France". Rachid en revendiqua d’ailleurs avec élégance le patrimoine, au même titre que la famille Le Pen revendique celui de Jeanne d’Arc avec hargne et ressentiment.

Que s’est-il donc passé depuis ce cri de cœur relayé par un Coluche tonitruant qui n’avait pas hésité à clamer lors d’un festival organisé par S.O.S. racisme (de mémoire) "Vive le racisme !..... Oui vive le racisme !" suivi de huées soutenues auxquelles il mit fin par un monumental "…ben quoi, c’est grâce au racisme que nous sommes tous réunis ce soir pour dire m….aux racistes, non ?". Sacré Coluche !

Pourquoi rien ne semble avoir changé, sinon en pire, depuis ces années 1980 pendant lesquelles un vent de tolérance et de miscibilité entre blacks blancs et beurs se profilait à toute allure, bien avant que la coupe du monde 1998 ne nous offre le visage d’une France rayonnante d’égalité et de fraternité, baignant dans un océan d’accolades entre Didier et Zinedine, Fabien et Lilian, Franck et Youri….et tutti quanti ?

Et qu’au contraire, un mur de Berlin infranchissable semble se dresser et gagner en hauteur année après année, saison (politique) après saison, campagne (électorale) après campagne, élection après élection. Le candidat Nicolas Sarkozy vient d’ailleurs de rajouter quelques briques de plus à ce mur, en poussant le ridicule jusqu’à suggérer que, le temps de l’intégration ayant été infécond et désuet, il fallait désormais passer à une vitesse supérieure pour mater les récalcitrants ! Et cela passe par une recette plus rigoureuse et, selon lui, mieux adaptée, celle d’une assimilation à tire-larigot !? C’est donc sur le terrain de l’identité que le monde politique s’apprête à s’affronter. Une identité française menacée, aux dires de la quasi-totalité des hommes politiques, par un Islam de plus en plus envahissant et qui semble échapper à tout contrôle. Le thème identitaire semble d’ailleurs avoir pris la forme de véritable réflexe pavlovien qui fait saliver la majorité des hommes politiques à l’approche de chaque élection présidentielle.

Si l’on se réfère au dictionnaire qui définit l’identité nationale, comme une notion qui découle du sentiment d'appartenance à un même peuple, l’on voit bien que les choses sont biaisées, car qui dit peuple dit, toujours selon le dictionnaire "ensemble d’humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d'origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d'institutions communes". Selon cette définition, on s’aperçoit bien qu’il est impossible de regrouper tous les habitants d’un pays donné, y compris la France, sous la dénomination de peuple. Le mot utilisé au pluriel semble donc mieux adapté. Corollaire, qui dit peuples dit identités, au pluriel aussi ! Car soyons sérieux, dame nature a des règles bien précises. Peut-on espérer qu’un figuier planté au milieu d’une châtaigneraie puisse un jour se transformer et prendre la forme d’un châtaigner ? D’un autre côté, l’homme étant supposé avoir atteint un certain degré de maturité (quoique parfois, il soit permis d’en douter), des peuples regroupés dans un même pays peuvent vivre en harmonie, si tant est que des codes de vie des uns n’empiètent pas sur ceux des autres. Et cela n’est possible que via un seul canal, celui d’une éducation de qualité pour tous. Une éducation qui puisse dessiner des contours à travers lesquels toute différence est perçue comme une richesse et non pas comme une pathologie à soigner ou à combattre !

Réussir l’assimilation là où l’intégration a été un fiasco est un pari perdu d’avance. D’autant que, c’est à se demander si les hommes politiques connaissent réellement les définitions des termes qu’ils utilisent à tout va en guise de clins d’œil adressés à des "compatriotes"» exaspérés pour en récolter le mécontentement et les voix qui vont avec, lors de rendez–vous électoraux majeurs!

Si nous nous limitons au cas de figure qui nous intéresse, celui de la sociologie, l’intégration est le processus et les modalités par lesquels une personne s’attache (s’intègre) à une communauté; l’assimilation (culturelle) est le processus par lequel passe un individu étranger (ou un groupe) pour faire partie d’un nouveau groupe social ; celle-ci s’accompagnant généralement d’une assimilation linguistique. Mais quand on examine de près ces définitions, on s’aperçoit qu’elles sont biaisées de facto aussi, car il ne s’en dégage qu’une dynamique à sens unique. En d’autres termes, c’est à l’étranger de s’intégrer et de trouver le processus qui mène à l’assimilation ! Or ces définitions sont incomplètes si on n’y rajoute pas le sens complémentaire qui leur donne des allures de véritable bijection, à savoir:

- Processus par lequel une communauté établie intègre un nouveau venu, dans le cas de l’intégration, et

- Processus par lequel un groupe social donné souhaite la bienvenue et offre du pain à un étranger sans lui constamment comptabiliser chaque bouchée et lui reprocher de l’avoir de sa bouche maraudée, dans le cas de l’assimilation.

Sans verser dans des aspects analytiques superflus, il n’est pas trop difficile de concevoir que les premières définitions ne pouvant être appliquées qu’en tant que corollaires des suivantes, le non intégré ou le non assimilé est moins à blâmer que celui qui ne veut pas l’intégrer ou l’assimiler, à l’inverse de ce que doit en penser monsieur Sarkozy !

Evidemment, on pourra toujours nous rabâcher cette histoire de droits sociaux accordés à l’immigré, au même titre que tout citoyen de l’Hexagone, comme une preuve d’effort consenti par le pays hôte, mais cela ne s’appelle pas intégrer l’autre, mais lui donner du poisson au lieu de lui apprendre à pécher ! Et apprendre au petit beur à pécher c’est lui octroyer des bourses d’études et non pas lui construire des mosquées !

Concernant cette histoire de Burkini, en ce qui me concerne, je considère que, tout comme la Burka, chaque femme qui le porte est un être aliéné, bien plus à plaindre qu’à blâmer, qu’il est du devoir de la république de sauver ! Le seul canal à ce sauvetage s’appelle, encore et toujours, Éducation ! Or, force est de constater que les politiques adoptent constamment des postures défensives qui évacuent toute volonté didactique, préférant donner à leurs compatriotes (dits de souche) une image offensive de sauveurs de l’identité Gauloise et de défenseurs des valeurs sur lesquelles s’est construite la république. Valeurs menacées par des comportements invasifs (au sens pathologique du terme) et des tenues non conformes à cette image orthodoxe que moult combats des femmes ont mis bien du temps à arracher !

À cet égard, il est pour le moins bizarre d’opposer au burkini, le sein nu de Marianne, pour défendre l’identité de la France, comme vient de le faire Manuel Valls lors de son tout dernier discours ! Une position qui se situe à l’extrême droite de la famille Le Pen, laquelle se contente d’un symbole de chasteté, celui de Jeanne d’Arc, en guise de faire-valoir de ces valeurs séculaires quasi millénaires ! Réduire l’Identité de la France au sein de Marianne, quelle tartufferie réductrice ! C’est un peu à l’image de telles tartufferies que se déroule le débat sur le burkini, comme ce fût le cas pour la burka, du temps de Sarkozy (*)! La présidentielle 2017 nous réserve bien des surprises quand, même la gauche déborde sur des terrains extrêmes, ces lieux de combats habituellement réservés à l’affrontement entre la droite et le Front National!

Légiférer sur le burkini ou la burka, c’est vouloir opposer aux lois des cieux (du point de vue de celles qui le portent, et surtout des compagnons qui le leurs imposent, des compagnons souvent machistes et incultes) des lois d’impies qu’Allah proscrit !

N’est-il pas temps de faire comprendre aux uns et aux autres qu’Allah n’a rien à voir avec cette ratatouille de comportements et d’habits saugrenus ?

La solution pour ce faire est simple, si tant est que la volonté politique existe et qu’elle ose se départir de l’avis d’experts es-Islam, comme Dalil Boubekeur ou Tariq Ramadhan : Cesser de violer l’innocence des jeunes beurs en interdisant l’enseignement de la religion avant l’âge de 18 ans !

Mais peut-on oser espérer de telles mesures fortes mais nécessaires pour des solutions à long terme, quand Madame Najat Vallaud Belkacem se permet d’introduire l’enseignement de la langue Arabe dès l’école primaire, alors qu’elle évacue gaiement celle du berbère, cette langue de poésie, de recueillement et de paix par excellence ? À travers ces réformes, concoctées à tout va, il n’est pas difficile de deviner ce que réserve la suite, nous l’avions connue en Algérie, juste avant la décennie noire : Langue Arabe = Coran = Burkini + Burka = m…in France ! Parlez-moi d’intégration et d’assimilation avec de telles équations ! Comment ne pas voir en tels bouleversements de l’éducation destinés à satisfaire le côté rampant d’un islamisme sournois, la facette proéminente d’un plan délibéré de non intégration et de non assimilation du maghrébin?

En dehors du cadre de ces reformes, les exemples ne manquent pas pour étayer le refus quasi obsessionnel d’une intégration active de tout beur qui en porte les traces physiques ou patronymiques. Je n’en veux pour preuve que l’anecdote suivante, laquelle se déroule dans le milieu universitaire, dans les années 1990 :

Lors d’une soirée de fin d’année, un collègue algérien est pris à partie par la femme du directeur d’établissement en ces termes : Mais dites moi, jeune homme, je vous vois boire du vin, cela n’est-il pas interdit par votre religion ? Le collègue hausse les épaules en grommelant un timide «oui, et… je m’en fous» ! Un peu plus tard, après s’être goinfré de quelques bonnes saucisses, la dame revient à la charge : Mais dites-moi Monsieur Kamel, je croyais que consommer du porc était illicite pour les musulmans, non ? Excédé, le collègue rétorque : -Madame, Oui je suis Musulman, Mais je suis aussi Non-croyant et Non pratiquant ! Bouche bée, la bonne dame le laissa enfin bien «bouarre» et bien manger en paix. En son for intérieur, cette soirée là, Kamel devait s’en donner à cœur joie pour remercier le petit Jésus d’avoir bien bu et bien mangé, sous le regard inquisiteur d’une femme pour laquelle le mot intégration ne devait pas signifier grand-chose, à travers une image insolite d’un musulman buvant du vin et se gloutonnant aux bonnes saucisses de halouf !

Moralité, même quand vous êtes intégré, voire assimilé, on écarquille souvent les yeux sur votre prouesse (et c’en est une !) parce qu’on refuse l’idée qu’un indigène puisse adopter le même rythme de vie que les descendants directs de ses "ancêtres les Gaulois" ! Alors, que faire ya "Si Sarkozy" ?

Bien évidemment, une part non négligeable de citoyens français, certainement la majorité d’ailleurs, et souvent de gauche, intègre parfaitement l’idée d’une France multiculturelle, multiraciale, multiconfessionnelle, capable de distiller une certaine harmonie entre toutes les communautés vivant sous le ciel de l’Hexagone. Et ce serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas admettre cela. Mais les machines politique, sociale, et surtout médiatique s’emballent d’une façon parfois si excessive que cela ne fait qu’amplifier toutes sortes de suspicions des uns envers les autres. Avec pour résultat des fractures si profondes qu’il est impossible de les colmater en peu de temps. Il faudrait pour cela toute une génération, encore faut-il que des hommes politiques charismatiques et éclairés prennent les rênes de la destinée de ce pays, si tant est que les légèretés médiatiques cessent d’alimenter la haine et la stigmatisation de communautés entières à partir de faits isolés et ponctuels ! Malheureusement, des hommes ou des femmes d’envergure, capables de tenir des discours d’éveil, à même d’aller à contre-courant des résultats de sondages servis par une presse peu amène, je n’en vois pas ! Quant aux médias, un sensationnalisme, souvent maléfique, semble être l’unique gagne-pain de la majorité des journalistes! Autant leur demander de mourir de faim ou de se faire hara-kiri que d’exiger d’eux la retenue nécessaire à toute avancée !

En conclusion, substituer aux lois des cieux des codes impérieux pour mieux gérer la cité, c’est bien, encore faut-il que ces codes servent à colmater certaines fractures au lieu de les élargir, et qu’elles émanent de processus mûrement réfléchis et non pas de réactions zélées et irréfléchies, comme cela semble être la cas dans l’affaire du burkini.

Kacem Madani

A lire aussi (*) http://www.lematindz.net/news/2693-burqa-et-discrimination-en-france-point-de-vue-dun-maghrebin-laique.html

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Commentaires (6) | Réagir ?

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elvez Elbaz

Un rejeton d une juive sepharade les MALAH berberemarocainS emigreS en grece thessaloniki et d un apatride rom hongrois sarkozy nagy QUI A TRAHI son judeité en se christianisant !

Comment voulez vous que ce type ne fasse pas dans le nauseabonde hogra envers les populations immigrés (comme lui pourtant) pour se faire un tremplin afin de se faire élire encore une seconde fois, alors qu il est rejeté par les français de souche!

Chirac le français DE SOUCHE LE CORREZIEN le haissait et ce n'est que normal.

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s@ber68 .

Toute cette polémique sur ce bunker alimente que les discours électoralistes pour appliquer une première couche de graisse sur la rail de la compagne présidentielle qui a démarré avec cette affaire. Comme la saison estivale est finie, dans quelques jours on va plus entendre parler de ça, mais je pose la question quelle sera la prochaine polémique pour la saison hivernale 2016-2017 : peut être la djellaba?, beaucoup de chibanis retraités le portent quand ils vont à la mosquée ou pour se rendent aux cafés des amicales..

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