Benhadid : Les batailles du général

Lors de l'interview accordée à El Kadhi Ihsen de Maghreb Emergent (Interface Medias )
Lors de l'interview accordée à El Kadhi Ihsen de Maghreb Emergent (Interface Medias )

Elargi de prison le général Hocine Benhadid a convié un groupe de journalistes pour les éclairer sur les conditions d’un élargissement qui n’est pas une libération. Nos confrères d’El Khabar, d’El Watan et du Soir d’Algérie, ont rendu compte du déroulement de cette rencontre. Si l’épouse et l’avocat tentent de le préserver de lui-même, le vieil homme - à la différence de ceux qui habitent encore les fonctions et les charges, lui est vieux – ne renie rien des déclarations qui lui ont valu d’être incarcéré.

Un homme d’honneur

Benhadid, tout généralissime qu’il est, a pour lui d’être un homme d’honneur et de tenir à son renom. Il tient à ce que l’opinion sache que son élargissement n’est l’aboutissement d’aucune tractation. Il n’a pas marchandé sa libération. Il réclame que ses détracteurs aillent jusqu’au bout de ce qu’ils ont déclenché ou qu’ils abandonnent le combat. Qu’ils organisent un procès ou abandonnent les charges, telle semble être la substance de son initiative.

Faits des princes

L’homme est malade, son incarcération au domaine des sept hectares a probablement aggravé son état. Même si le prétexte de la visite de la délégation du CICR a probablement été une échappatoire à saisir, il reste que c’est probablement la peur de la survenue de l’irréparable qui a conduit les régents à élargir le supplicié. La justice, encore une fois, ne sort pas grandie du rôle que lui assigne la régence. Le matin elle opposait une fin de non-recevoir à une huitième demande de mise en liberté provisoire, pour se déjuger en s’exécutant à on ne sait quelle(s) injonction(s) avant même que le soleil n’atteigne son zénith !! pauvre justice, pauvres justiciables !

Benhadid dira-t-il toutes les vérités ?

Il est l’un des rares à avoir osé ébrécher l’omerta, mais il n’a pas dit grand-chose. Il le dit lui-même : «J’ai dit des choses sur une chaîne de télévision et un site électronique, qui ont dû faire peur. J’ai parlé de la réunion de 1991 et je pense qu’ils avaient peur des détails que j’aurais pu révéler.». Par cet aveux l’homme se retrouve devant deux impératifs. Celui atavique inhérent à l’instinct de survie, se soigner, lutter contre la maladie et l’autre plus élevé, moins congénital, qui est d’éclairer un peuple sur son histoire, sur les obscurs moments qui plombent encore son existence.

Benhadid : Volonté de rupture ou velléitésde réforme du système ?

Nonobstant les réactions de son épouse qui protège l’homme et de son avocat qui est censé protéger un justiciable, le général sait que l’enjeu est au-delà de ces deux catégories. Qu’importe-t-il qu’il n’ait pas négocié son élargissement si, ai au final, il tait "ce dont ils ont peur ?" A quoi servirait sa fronde, sa résistance et son courage si au final il garde enfoui en lui ces secrets qui font la cohésion de la régence ? Le général Benhadid dont la valeur militaire est attestée par tous est en passe de devenir un homme historique ou de retomber dans l’anonymat primal de l’adhésion au système. Sera-t-il l’homme qui aura commencé à révéler les vérités, toutes les vérités ? L'homme doit savoir qu'il est devant une grande bataille...

Mohand Bakir

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Commentaires (7) | Réagir ?

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khelaf hellal

“Les seules batailles que l’on perd sont celles que l’on n’engage pas”. testament d'Aboubakr Belkaid, une référence pour rejeter et désavouer les conspirations des partisans de l'omerta, du mensonge et des raspoutineries pour tromper et asservir leur peuple.

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elvez Elbaz

Le "soldat" benhadid est honorable et digne!

Nous avons lutté à ses côtés contre la vermine coloniale arabosalafiste et ses "collabos harkis les "bachagas psychopate belhaj et madani le vil.... il a les mains propres comme feu sassi abdelmalek et beaucoup d autres "soldats"de l'armée algeroalgerienne qui ne sont pas tous à l'exemple des sinistres et perfides DAFISTES sous l'influence désastreuse du diabolique cardinal BELKHIR, celui qui instrumentalisa le mari de hlima en menant le pays vers la catastrophe d octobre 88 et des annees des DEUX terrorismes : PEDAGOGIQUE pour contrecarrer celui des salafistesaraboalgeriens des psychopates belhaj et du perfide et vil madani

said et gaid obnubilés par leurs postures de FORTS DU POUVOIR , qu ils pensent éternelles, SONT ENTRAIN DE sanctifier "da elho benhadid"... !

Vivant il ne se taira pas, mort il... il deviendra un dangereux martyr!

Selon les rumeurs "du club des pins", hamel aurait conseille vivement à l'ex syndicaliste à l'université de BABEZOUAR, qui est devenu le régent de l'algerie, de ne pas trop essayé d humilier LE SOLDAT BENHADID.. L histoire retiendra ce "bon point"de clairvoyance de hamel... !

Le soldat benhadid a toujours dit LES 4 VERITES il ya dejà longtemps

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LE GENERAL HOCINE BENHADID

Révélations fracassantes sur Bouteflika et Belkheir

El Watan, 30 mars 2004

Dans un entretien paru dans l’édition d’El Khabar d’hier, le général à la retraite et ancien commandant de la IIIe Région militaire, M. Hocine Benhadid, a traité le général Larbi Belkheir de «principal architecte de tous les complots qui ont été tramés en Algérie depuis l’époque de Chadli jusqu’à aujourd’hui».

Expliquant longuement les positions de la grande muette par rapport aux différents processus électoraux en Algérie, M. Benhadid a révélé que «l’institution militaire n’a intronisé un chef d’Etat qu’une seule fois, à savoir en 1992 quand l’Algérie fut confrontée à une crise des plus dangereuses». Selon ce retraité de l’ANP, ce sont trois ou quatre officiers qui tentaient souvent de faire croire au peuple qu’ils étaient les hommes les plus influents de l’armée. Plus clair, l’ancien militaire dira : «En 1994, ce groupe avait approché Bouteflika pour l’investir de la fonction de président de la République, mais ce dernier appréhendant la crise qui prévalait en Algérie avait fui ses responsabilités». Par contre, ajoutera-t-il, «Liamine Zeroual avait assumé cette même tâche bien que la conjoncture ait été des plus dramatiques». A une question de savoir si la dérobade de Bouteflika en 1994 n’a pas diminué son estime aux yeux des généraux, l’ancien commandant de la IIIe Région miliaire indiquera que cet homme a laissé une piètre image au sein de l’état-major de l’armée. Par ailleurs, précisera-t-il, «ces mêmes officiers qui opèrent dans l’ombre l’ont propulsé et imposé afin qu’il puisse assouvir sa vengeance à l’encontre des Algériens». Abordant la conjoncture de 1999, quand le président Zeroual avait écourté son mandat et annoncé une élection anticipée, M. Benhadid a relevé que «ce même groupe de retraités qui travaille à la Présidence et active dans l’ombre avait ramené Bouteflika et fait circuler l’information selon laquelle cet homme était coopté par l’institution militaire, ce qui est, somme toute, une contre-vérité. » Plus loin, M. Benhadid a dévoilé le nom de celui qui fut longtemps l’auteur des manœuvres secrètes du sérail. Il s’agit de Larbi Belkheir, actuel chef de cabinet de Bouteflika. «Il est vrai que cet homme s’est éclipsé du champ politique, mais il avait continué à travailler même sous le règne de Zeroual et faisait croire aux gens qu’il exerçait une influence sur le commandement militaire», a -t-il ajouté. A l'ère de l’ancien président de la République Chadli Bendjedid, selon M. Benhadid, Larbi Belkheir fut, de par son poste, le principal décideur. «Il a réussi à créer des cellules au sein de l’institution militaire et au sein de tous les organismes, notamment économiques et bancaires. Ces cellules opèrent sous les ordres de Belkheir qui a toujours prétendu être le centre de décision», a-t-il souligné. Interrogé sur les déclarations du président-candidat, selon lesquelles il serait parrainé par l’armée, l’interviewé a estimé que «si Bouteflika a réellement tenu ces propos, il ne s’agit, en fait, que d’une contre-vérité, voire d’une manœuvre». Est-ce que ce groupe d’officiers exerce toujours une influence sur l’institution militaire ? «Il peut faire des pressions pour truquer l’élection du 8 avril prochain», a-t-il répondu. «D’ailleurs, selon mes informations, les procès-verbaux de cette élection ont été préalablement établis par ces personnes. Dans ces PV, Bouteflika serait le vainqueur avec 60 à 70 % des suffrages. Mais les intentions de fraude et les calculs de ce groupe ont été contrecarrés par les déclarations du chef d’état-major de l’ANP qui a annoncé la neutralité de cette institution. Si fraude il y aura, cela sera un précédent très grave en Algérie», a conclu le général Hocine Benhadid.

Par A. Benchabane

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