Massacre d'au moins 35 civils en République démocratique du Congo

LA RD Congo est en proie à une rébellion qui terrorise la population.
LA RD Congo est en proie à une rébellion qui terrorise la population.

Une trentaine de civils au moins ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo. La population a manifesté peu après sa colère contre la succession de massacres perpétrés par les rebelles.

Le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de l'armée a déclaré à l'AFP que des rebelles présumés des Forces démocratiques alliées (ADF) ont tué "une trentaine de personnes" dans la ville. "On vient de retrouver leurs corps" dans le quartier de Rwangoma. "La recherche de corps continue", a-t-il ajouté, joint au téléphone de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu. Rwangoma est un quartier périphérique de Beni, une ville frontalière du parc des Virunga, où s'abritent des groupes armés, dans le nord du Nord-Kivu.

Les rebelles musulmans ougandais opposés au président ougandais Yoweri Museveni sont présents dans l'est de la RDC depuis 1995. Ils sont accusés d'être les principaux auteurs de massacres qui se poursuivent dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Dimanche, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles aux gouvernement et au président Kabila ont manifesté à Beni. Les manifestants portaient au moins un nouveau corps sans vie d'une des victimes de la tuerie, selon des témoins. "C'est anormal qu'on nous massacre comme des chèvres", a protesté en swahili, Georges Kamate, un conducteur de taxi-moto.

"Notre gouvernement est incapable de nous sécuriser", criait un autre manifestant. Cette nouvelle attaque a eu lieu 72 heures après une visite du président congolais Joseph Kabila dans la région. Il avait promis de tout mettre en oeuvre pour "imposer" la paix et la sécurité.

"Il y a déjà 35 corps ramenés à la morgue de l'hôpital de Beni", a déclaré de son côté Gilbert Kambale, président de la société civile de la ville de Beni. "C'est la consternation parce que le président de la République est passé par ici et voilà que nous sommes massacrés", a-t-il regretté.

Pour le lieutenant Hazukay, les ADF ont "contourné" les positions de l'armée "pour venir massacrer la population en guise des représailles" aux opérations militaires en cours dans la zone.

Série de massacres

La ville et le territoire de Beni ont été endeuillés depuis octobre 2014 par une série de massacres ayant coûté la vie à plus de 600 civils. Le gouvernement congolais et la Monusco accusent les ADF d'être responsables de ces tueries. Cette version a été partiellement remise en cause par un récent rapport du Groupe d'étude sur le Congo de l'Université de New York. Selon lui, les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres, mais aux côtés d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

En dépit des efforts de stabilisation déployés par la communauté internationale et les autorités congolaises, cette région reste déchirée par la violence depuis la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

AFP

Plus d'articles de : International

Commentaires (0) | Réagir ?