L'anarchie et les ordures règnent sur les plages de Tigzirt-sur-mer

Les loueurs de parasoles squattent les lieux
Les loueurs de parasoles squattent les lieux

Le manque d’hygiène demeure l’éternel problème à Tigzirt. Une petite ville balnéaire au nord de Tizi Ouzou très prisée durant les saisons estivales.

Un dépotoir à ciel ouvert, voilà à quoi ressemblent les bords de plages de Tigzirt-sur-mer. Certains s'amusent à dire Tigzirt sur ordures !!! Un état de fait qui ne semble gêner ni les milliers d'estivants qui barbotent au mieuli des sachets noir, des bouteils en plastique, voire bronzent entre les canettes de bières et autres bouteilles de boissons gazeuses.

Les saisons se succèdent et se ressemblent. Le moins qu'on puisse dire c'est que la propreté fait grandement défaut à Tigzirt. Pourtant c’est l’une des plus belles villes de littoral algérien. La saleté qui se conjugue avec l’anarchie qui y règne n'arranger les choses, ce qui compromit chaque année le séjour aux touristes. Exemple ? Cette saison, les autorités locales, autrement dit le président de l'APC a décidé de détruire les trottoirs alors même que sa ville reçoit chaque jour des milliers d'estivants. Ce qui fait que les piétons sont obligés de marcher sur la route, déjà encombrée par une circulation infernale. Résultat des courses ? Il devient impossible d'y circuler. Et de fil en aiguille, les estivants préfèrent, aller voir ailleurs.

"Ce qui m’étonne à Tigzirt, c’est le lancement des travaux de réfection des trottoirs durant la saison estivale. Je trouve ça inconcevable. Ça a créé une grande anarchie. Les autorités locales aurait du par exemple ajourner ce projet, qui est certainement utile certes, à la fin de la saison", nous confie un touriste qui a séjourné avec sa famille à Tigzirt. Le constat est le même au niveau des plages. A Tassalast, à l’ouest de la ville, les détritus éparpillés un peu partout, dont certains suivent les rythme des sacs et ressacs des vagues, offre une image désolante aux visiteurs. Le décor est terriblement amoché par toutes ces bouteilles qui traînent partout.

En dehors de port de pêche et de plaisance de la ville, les plages sont délaissées. C’est le cas à la Grande plage. L’afflux des baigneurs n’est pas pour arranger mes choses. A la décharge des autorités, les estivants ignorent la moindre règle de civisme. "J'ai vu des groupes de jeunes manger et boire puis abandonner tout sur place : sachets, bouteilles, boîtes de conserves, sans que cela ne choque ! C'est déprimant de voir ces tristes spectacles", nous raconte un habitué des lieux.

Une construction inachevée depuis des lustres gâche la vue.

Autre bémol, les loueurs de parasoles et autres chaises longues qui squattent les meilleures places. "Ils occupent des emplacements sans qu'ils fassent même l'effort de les nettoyer ! Si leur activité doit se limiter à empocher l'argent de la location ça ne vaut pas le coup, s'enflamme Hamid. Pourquoi ne les oblige-t-on pas à tenir leur précarré net et propres ?", ajoute-t-il.

Le port.

Les autorités locales, avec le peu de moyens et d’effectifs, sont largement dépassées. "On ne peut pas nettoyer une ville touristique comme Tigzirt avec un nombre d'éboueurs qu’on peut compter sur les doigts d’une seule main et un seul tracteur pour le ramassage d’ordure", nous glisse un élu local dépité. pourtant cette ville a grand besoin de moyens supplémentaires en cette période pour faire bonne figure !

Sur le plan urbanistique, les constructions anarchiques et les éternels chantiers n’ont fait qu’enfoncer le clou. Les constructeurs privés se font concurrence qui réussira à bâtir un immeuble plus haut pour avoir une terrasse avec vue sur la grande bleue. En un mot, devant la démission collective, Tigzirt se "développe" dans une innommable anarchie. "Qui arrêtera le massacre ?", s'interroge un retraité revenu vivre après 40 ans en France.

Abdenour Igoudjil

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