Erdogan accuse l'Occident de soutenir le "terrorisme" et les putschistes

Face à l'UE, le président Turc exerce un chantage à peine voilé au déferlement des réfugiés
Face à l'UE, le président Turc exerce un chantage à peine voilé au déferlement des réfugiés

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé aujourd'hui, mardi 2 août 2016, les Occidentaux de "soutenir le terrorisme" et les putschistes, dans l'attaque la plus virulente depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet.

Dans un discours prononcé à Ankara et en réponse aux critiques des Etats-Unis et de pays européens sur l'ampleur des purges qui ont suivi le putsch avorté, le chef de l'Etat Turc a affirmé que "l'Occident soutient le terrorisme et se range aux côtés des putschistes". "Ceux que nous imaginions être nos amis prennent le parti des putschistes et des terroristes", a-t-il répété lors d'un forum économique organisé à la présidence. Il ajoute que le scénario du putsch avait été "écrit depuis l'étranger". Déjà le 24 juillet 2016, il avait déclaré que "Ce coup d'Etat n'était pas seulement un événement planifié de l'intérieur. Les acteurs ont agi dans le pays selon un scénario qui avait été écrit depuis l'étranger". Cette fois il va plus loin et incrimine ses anciens amis.

Le chef de l'Etat s'est notamment insurgé contre la décision des autorités allemandes de lui interdire de s'adresser par un lien vidéo à ses partisans rassemblés dimanche à Cologne (ouest de l'Allemagne) pour soutenir la démocratie. Il a reproché à Berlin d'avoir laissé récemment s'exprimer par vidéoconférence la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), que combat l'armée turque depuis la relance des hostilités en juillet 2015. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne. Depuis le 16 juillet, le pouvoir Turc a renforcé ses actions contre les bases du PKK. Il affiche aussi une volonté de marginalisation du HDP, troisième force au sein de la grande assemblée Truque (Parlement).

Depuis les évènements de la nuit du 15 juillet 2016, le président Erdogan s'est fait le chantre du rétablissement de la peine Capitale. Une telle perspective serait une remise en cause des engagements contractés par la Turquie en tant qu'Etat fondateur du Conseil de l'Europe. D'autre part, face à l'UE, le président Turc exerce un chantage à peine voilé au déferlement des réfugiés. Il joue de l'accord conclu récemment avec l'UE sur cette question comme d’une position de force pour avoir les coudées franches à l'intérieur de la Turquie. Il semble bien que cela fonctionne.

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LM avec AFP

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