Soupçons de corruption de Saipem en Algérie: Eni et son ex-patron seront jugés

Khelil, ancien ministre de l'Energie au coeur des affaires.
Khelil, ancien ministre de l'Energie au coeur des affaires.

Le géant pétrolier italien Eni sera finalement jugé, de même que son ancien patron Paolo Scaroni, dans une affaire de corruption présumée de sa filiale d'ingénierie et d'exploitation Saipem en Algérie, annonce la presse italienne citant des sources judiciaires.

Chakib Khelil, Farid Bedjaoui, Omar Habour et sans doute nombre de responsables algériens vont se retrouver au coeur de procès pour corruption qui touche l'italienne Eni, sa filiale Saipem et Sonatrach. Le groupe Eni, Saipem et ses dirigeants sont accusés d’avoir versé le montant mirobolant de 198 millions d’euros à des responsables algériens afin de décrocher sept contrats d’exploitation de gisements de gaz en Algérie — un marché de 8 milliards d’euros — entre 2007 et 2010, révèle El Watan jeudi.

En 2012, le parquet de Milan avait diligenté une enquête sur près de 200 millions d'euros de pots-de-vin versés entre 2007 et 2009 à des fonctionnaires et hommes politiques algériens, dont l'ex-ministre de l'Energie, pour l'obtention de contrats pétroliers évalués à 8 milliards d'euros. L'affaire avait coûté leur poste à M. Scaroni et à l’administrateur délégué de Saipem, Pietro Tali. Sur le plan judiciaire, Saipem, M. Tali et cinq autres personnes physiques sont actuellement jugés à Milan.

Paolo Scaroni

Paolo Scaroni

Eni, son ex-patron et un autre ancien responsable avaient bénéficié d'un non-lieu en octobre, mais la cour de Cassation, saisie par le parquet, avait annulé cette décision en février et renvoyé l'affaire vers un autre juge milanais qui a tranché mercredi en faveur d'un procès.

Selon le journal "La Repubblica", le procès doit s'ouvrir en décembre. Il n'a pas été possible de confirmer cette information auprès du tribunal de Milan et Eni n'a pas réagi dans l'immédiat. "Nous sommes convaincus de l'innocence de notre client et nous sommes convaincus que le tribunal la reconnaîtra aussi", a commenté son avocat Enrico de Castiglione, selon la même source.

Eni a pour sa part indiqué dans un communiqué prendre acte de la décision du magistrat, tout en assurant de nouveau être étrangère à des conduites illégales. Dans le cadre du volet algérien de cette affaire, un tribunal d'Alger a prononcé en février huit peines de prison allant de 18 mois avec sursis à 6 ans ferme, la plupart assorties d'une amende. Dans le cadre de ce procès, Saipem a été condamné à une amende. Parmi les personnes condamnées à Alger figurent l'ex-PDG de Sonatrach, le géant national du pétrole, deux de ses fils ou un ancien vice-président de la société.

Avec AFP

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Commentaires (1) | Réagir ?

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elvez Elbaz

Pourquoi ces prédateurs du clan de oujda se sont ils acharnés à détruire notre pays , notre algeriealgerienne... ?!