Le pétrole poursuit sa baisse, aggravée par trop d'offres sur le marché

Le prix du baril de pétrole est repassé sous les 45 dollars.
Le prix du baril de pétrole est repassé sous les 45 dollars.

Les cours du pétrole ont baissé lundi dans un environnement toujours déprimé par le niveau élevé de l'offre, que ce soit aux Etats-Unis ou dans l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Le cours du baril de référence (WTI) pour livraison en septembre a perdu 1,06 dollar à 43,13 dollars sur le New York Mercantile Exchange, au plus bas depuis trois mois. A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut pour livraison en septembre a baissé de 97 cents à 44,72 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), au plus bas depuis mai.

Les chiffres publiés la semaine dernière par le département américain de l'Energie (DoE) continuent à jeter une ombre sur le marché, a mis en avant Bob Yawger, de Mizuho Securities. Les réserves d'essence sont tellement écrasantes qu'il est difficile de croire à un scénario optimiste, du moins à propos des stocks.

Dans une actualité estivale peu fournie, le DoE a durablement déprimé les investisseurs la semaine précédente en annonçant une baisse des réserves de brut, et, surtout, un gonflement des stocks d'essence à une saison où ils sont censés baisser face aux nombreux déplacements en automobiles.

Pour contribuer à la défiance générale, la production américaine montre des signes de rebond, alors que son déclin persistant soutenait le marché depuis le printemps, et certains investisseurs s'inquiètent d'une reprise de l'activité des puits de forage aux Etats-Unis depuis un mois, même si elle reste à un très bas niveau. Si les prochains chiffres, mercredi prochain, ne se révèlent pas très encourageants, je pense que le marché va continuer à baisser vers 40 dollars le baril, a estimé Mike Lynch, de Strategic Energy & Economic Research.

L'ombre de l'Opep

De plus, les investisseurs commencent à s'inquiéter du fait que les raffineries américaines vont bientôt entrer dans une période saisonnière de moindre activité. Elles vont ralentir la cadence, a annoncé M. Yawger. Quand ce sera le cas, les stocks d'essence vont baisser... Mais on va se retrouver avec beaucoup de pétrole brut de côté et c'est ce à quoi le marché se prépare.

Certains observateurs mettaient plutôt en avant un sentiment général de retour à la réalité, après le soutien apporté au printemps par plusieurs problèmes de production dans le monde.

Les rumeurs de marché avancent que (sa baisse) est une réaction à la perspective du déclin saisonnier de l'activité des raffineries américaines (mais) cela ne devrait pas constituer une surprise, a estimé dans une note Tim Evans de Citi. C'est plutôt un facteur circonstanciel qui est susceptible de renforcer une tendance générale à la baisse sur le marché.

A notre avis, la vraie mauvaise surprise, d'un point de vue fondamental, c'est que la production de l'Opep continue à monter et retarde le rééquilibrage attendu du marché mondial, a-t-il précisé, estimant que les investisseurs semblaient réticents à admettre cette idée.

Menée par l'Arabie saoudite, l'Opep contribue à déprimer les cours en s'abstenant depuis près de deux ans d'abaisser son plafond de production, notamment après l'échec de négociations entre la plupart de ses membres et la Russie en avril. Si l'on prend du recul, l'activité des raffineries n'a d'effet ni sur la quantité de pétrole brut pompé, ni sur la consommation finale, a insisté M. Evans, rappelant qu'il s'agissait là des vrais moteurs de l'équilibre mondial.

AFP

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