KBC, El Khabar/ Ness Prod : le une pierre, deux coups du pouvoir

L'affaire KBC est l'autre niveau de lutte menée par le pouvoir contre Issad Rebrab.
L'affaire KBC est l'autre niveau de lutte menée par le pouvoir contre Issad Rebrab.

Pour une histoire, semble-t-il, d’autorisations de tournage, deux cadres de la chaine de télévision KBC et une sous-directrice au ministère de la Culture ont dû goûter à l’humidité de la prison.

Sale temps pour la liberté d’expression en Algérie. Journalistes et militants des droits de l’homme conviennent pour observer un sérieux virage des autorités en matière des droits de l’homme.

Une affaire qui en cache une autre

L’affaire KBC aura presque duré un mois. Pour qui ? Pourquoi ? Une simple autorisation de tournage d’une émission au profit d’une chaîne de télévision qui diffuse au vu et au su des autorités ! Est-ce réellement la seule raison qui a conduit trois cadres derrière les barreaux ? Quelle était l’intention cachée des autorités en mettant en marche la machine judiciaire qui a sérieusement déstabilisé la chaine de télévision KBC ?

En vrai, cette affaire constitue le deuxième niveau d’une autre grosse intrigue emmanchée par le pouvoir. Celle qui a consisté à annuler le rachat du groupe El Khabar par Ness Prod, une filiale de Cevital que dirige Issad Rebrab. Dans cette controverse, c’est le ministre de la Communication, le très zélé Hamid Grine, que le pouvoir a instruit pour mener la charge. Pour qui ? Au profit du clan. Pourquoi ? Empêcher Issad Rebrab d’entrer en possession du premier groupe de presse algérien. Dès l'annonce du rachat des actifs du groupe El Khabar par Ness Prod, Issad Rebrab essuie les premiers tirs groupés des obligés du clan. La guerre est déclarée à l'investisseur. Même El Moudjahid s'est mis de la partie. Dans un édito virulent, il fustige "le baron du sucre et de l'huile".

En moins de quelques mois, les Algériens auront assisté à l’une des charges les plus violentes contre le premier investisseur hors hydrocarbures de la part du pouvoir. Des menaces et pressions de toutes sortes, on passe à un autre niveau. La justice est actionnée. Résultat ? Le rachat du groupe El Khabar est annulé. Jusque-là le clan au pouvoir semble avoir réussi son coup.

Une histoire d’autorisation ?

Dans cette affaire, toutes les promesses d’ouverture de l’audiovisuel et de liberté répétées à n’en plus pouvoir par les thuriféraires du pouvoir ont été foulées allègrement.

Tout s’est ébranlé le 22 juin quand Mehdi Benaïssa, directeur de KBC (chaîne de télévision du groupe El Khabar), Ryad Hartouf, directeur de production de KBC et Nora Nedjai, sous-directrice du ministère de la Culture chargée de délivrer des autorisations de tournage ont été arrêté par des gendarmes.

Ils ont été placés sous mandat de dépôt, deux jours plus tard, vendredi 24 juin, par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed. Depuis, la défense s’est lancé dans un bras de fer bien particulier avec une justice qui semble obéir plutôt aux coups de fil qu’aux textes de loi.

Pourquoi donc ces trois-là sont jetés en prison comme des mal propres ? Nora Nedjai, fille d’une famille de révolutionnaires, est accusée d’avoir signé des autorisations de tournage de Ki hna ki nass, une émission satirique qui a pour habitude de ne pas aller avec le dos de la cuillère avec nos dirigeants. Dans la foulée des arrestations, les autorités ont décidé de fermer les studios de tournage et d’interdire l’impertinente émission.

Pour ce fait, rien que pour ce fait, le magistrat a signé leur mis en mandat de dépôt. Un formidable élan de solidarité s’est mis en branle pour dénoncer les atteintes à la liberté d’expression. Une vingtaine d’ONG ont signé un appel pour libérer les trois personnes

Que fait l’autorité de régulation audiovisuelle ?

L’Autorité de régulation audiovisuelle a perdu la voix. Installée trois jours avant l’arrestation des trois personnes de l’affaire KBC, elle a, depuis, plongé dans un silence assourdissant. Aucune réaction au prononcé du procès qui annule le rachat du groupe El Kharbar par Ness Prod, ni après la condamnation des trois cadres dans l’affaire KBC.

Pendant ce temps…

Le pouvoir ne rate pas une occasion pour s’enorgueillir du respect des droits de l’homme. De la lointaine Kigali, Abdelmalek Sellal a reçu lundi de l'Union africaine (UA), un prix exceptionnel, "Le Prix des Prix", en reconnaissance des efforts fournis par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour la promotion du rôle de la femme dans la société.

Ce prix aurait prêté à sourire dans un autre contexte. Mais venant d’une Union africaine dont les membres sont plus enclins au putsch qu’au respect des droits de l’homme, il n’y a pas lieu de pavoiser.

Yacine K.

Lire : Affaire El Khabar : Issad Rebrab est à portée de ... fusil !

Suivre : Issad Rebrab assène ses vérités sur France 24 et répond à Amar Saadani (Vidéo)l

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Commentaires (3) | Réagir ?

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Rabah IBN ABDELAZIZ

la mafia d'oujda à pris l'Algérie et son peuple moutons noirs du pouvoir mafieux en otage depuis 1999 à ce jour. C'est une forfaiture de bouteflika sans précédent, un président malade et incapable de dire un seul mot au peuple de ce pays maudit. Et voila en emprisonne à volanté tout ce qui bouge. Dehors toute cette vermine au poteau du Karoubier comme dans le temps pas si lointain ?. Honte à toi bouteflika qui la mafia dirigé par ton minable de frère et sa horde de mafieux.

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Dites plutôt depuis 1962, il ne faut pas oublier que c'est les mêmes qui dirigent c'est juste les clans qui changent rien d'autre, ne change dans ce pays.

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Rabah IBN ABDELAZIZ

Cher Monsieur BACHIR, vous avez raison, je ne l'ai pas oublié : les escarmouches entre la willaya IV et aussi la willaya du Valeureux Mohamed CHABANI qui se sont opposés aux clan d'oujda et ceux de tunisie. Le CHABANI assassiné, et les deux willayas mises à l'index à ce jour.

Bonne journée à vous.