A propos de l’université : une loge de saints obscurs

L'université algérienne a été offerte aux mercenaires de la pensé conservatrice.
L'université algérienne a été offerte aux mercenaires de la pensé conservatrice.

"Les héros romantiques ne souffrent de rien, seulement d'être nés. Mais c'est cela aussi que veut dire strictement « prolétaire» : celui qui est seulement né, celui qui se reproduit mais n'a pas de nom, pas d'histoire, pas de droit aux douleurs de l'âme. C'est ainsi que la douleur de celui qui ne fait rien peut être appropriée par ceux qui ne font que trop et qu'elle peut leur donner une autre subjectivité, un autre corps", Jacques Rancière

Introduction

Certains acteurs universitaires sont tellement fascinés par les firmaments étincelants qu’ils se jettent, dignité et joie avec, dans les profondeurs de la futilité thérapeutique. Et leurs consciences avec. Acquis à la matrice de l’épistémè néolibérale, ils actionnent les violons qui fêtent la défaite des militants. Mais, pour condamner, il faut accorder à l’accusé le droit de plaider pour que la scène théâtrale puisse donner à la métaphore de la neige salie la possibilité d’incarner ce à quoi à aspire l’Idée. Quitter les cieux pour s’offrir aux âmes perverses qu’incarnent ceux qui n’hésitent pas à se mouler dans les discours scintillants, ce rêve s’est échoué sur la rive de la spiritualité flatteuse.

Aujourd’hui, l’université est livrée aux mercenaires de la pensée, qui, croyant que le jour bourgeois est une infinité, se suicident sur l’autel de leurs pulsions transitaires. Certains militants, dévoués à la logique néolibérale, ne trouvent aucune gêne à se transformer en véritables conservateurs habillés de beaux lexiques. Gauches et gauchisants, ils font l’affaire des systèmes protecteurs des pulsions originaires, dont l’alter-libéralisme.

Le vide divin !

L’embourgeoisement factualisé obture toutes les ouvertures que les énergies pures et naturelles aspirent occuper. Les acteurs universitaires ne croient au grand soir que quand le jour ne demande point sacrifices et auto-négation constructionnelle. Par embourgeoisment factualisé, nous entendons l’introduction de la pulsion onto-pervertissante dans l’accomplissement de l’acte professionnel. Cette pulsion dégrade le prolétaire pour le livrer à ses propres déstructurants. Nous assistons à la renaissance atemporelle du totalitarisme spiritualisant. Mieux vaut être un bon chercheur qu’un méchant militant, peut-on comprendre que ce que disent les inconditionnels de la technicité. Les personnels universitaires se sont alliés aux assassins de la révolte antibourgeoise. Cette révolte sauvera les esprits égarés dans la quête de la passion altérante engagée par l’Autre. Devenir l’Autre mythique n’est dit que quand les peurs ontologisantes s’avèrent incontournables. Les salariés ne devraient plus penser dans les cadres autorisés, afin de pouvoir contourner la logique néolibérale qui nous encercle. Car, avant de mettre une substance historique, il faut ruiner existentiellement les édifices où logent les réflexes.

Les lampadaires éborgnés

Les conservateurs ont réussi là où les schizo-parleurs ont échoué. Dire que l’université n’est plus un lieu de savoir peut être, à raison, assimilé à une ineptie. Les discoureurs se fient à leurs pouvoirs L’université a accaparé un espace humain pour y réussir deux coups : donner du sens à l’Idée (énoncé propre à tout existant, produit néanmoins avec ce qui fonde la pensée historicisée) et parcourir bourgeoisement la vie (faire carrière, relayer le conflit social mathématisé). Les grands scandales financiers caressent le rêve de légitimer les petits réflexes vils et laids que personne n’ose dénoncer. Il suffit de soumettre le sujet indéfini à l’examen pour que les voix élues (les archaïsmes font ravage : tout y est, y compris la convocation de l’Être et de Dieu comme figures qui se disputent l’espace discursif commun) mener l’offensive mythifiante. Ces vois élues n’aiment pas que la pensée se mette à harceler les conservateurs. Terrible ! Le conservatisme frappe partout. Ça sent le moisi infécond et l’humidité matérialisée. L’objet de savoir est devenu le foyer des haines enjolivées par les corporalités conventionnelles, pour ne pas des dire des façades visageales hérétiques. L’Être est une accusation quand la parole est bannie : la victoire est fêtée par les bourgeois avec les sangs chauds et sacrés des offrandes. Offrandes données en l’honneur des divinités modernes, celles qui s’autorisent à embellir nos souffrances par des chiffres et par des lettres parfumées.

Le fantasme de la perdition collective

Les luttes syndicales se sont transformées en grand cirque où les passions forment le seuil biocorporel infranchissable. Les syndicats souffrent d’une vision sombre à laquelle ils sont condamnés. Il leur plaît beaucoup cet horizon fermé, ils s’offrent aux vides conceptualisés et ils cherchent à discréditer les masses errantes. L’université n’évolue ni dans les Idées, ni pour elles. Mais les syndicats préfèrent les clivages stérilisants à l’union ouvrante. La clique… s’est réunie.

La réduction du temps humain a permis aux syndicalistes de commettre la dérive idéologique protectrice, c’est-à-dire la conséquence d’un compris conclu par des parties sans posture visible. La guerre a achevé le désespoir de lutter pour instaurer l’espoir de démissionner. La démission a été applaudie par les nihilistes, qui, voulant que la centralité qu’ils occupent soit déchargée de tout regard interrogateur, ont actionné la logique de la terre brûlée. Ne pas dire le malaise procède du confort bourgeois, mais insinuer une aisance psychique n’est ni un progrès de l’acte politique, ni une éradication de la pulsion conservatrice. En fait, les syndicats comprennent le réel comme moyen de gestion du conflit autoritaire et comme moyen de conversion du Moi dépecé en agent théâtral pour qui la schizoïdie est un fantasme.

L’harmonie est boiteuse : cela est d’une évidence criarde. Mais, l’a priori énonciatif de l’idéologie ne peut plus renverser les logiques tribalo-modernisantes de l’Être. Les syndicats reconnaissent les particularités historiques, mais ils ne repensent pas les moyens de dépannage socio-idéologique qui sauveraient les masses de ce que leur infligent les discours émis et entretenus par les loges (pas les officines) de l’idéologie ambiante.

Conclusion

En gros, la pensée a démontré l’échec de l’Histoire à mécaniser les postures visibles, dont le savoir. Mais, cet échec est devenu le moteur des vides fondateurs des pensées légitimes. C’est ce que notre université refuse d’exposer froidement sur la scène publique. La ligue des conservateurs ressemble à celle des colonialistes. Avant leur départ, les conservateurs prescrivent la ciguë aux narcissiques. Les premiers sont les diseurs des désirs des seconds, qui prétendent être des dieux.

La composante psycho-bourgeoise s’empare, chez les dominés désidéologisés, du victimaire, lequel balise le terrain au conditionnement psychologique, comportement propre à tous les systèmes qui ont pour seul moyen de "subsistance" la violence civilisée.

Plutôt schismatique que clanique, la logique d’opération de la communauté professionnelle, celle exerçant particulièrement à l’université, jouit de gravir un nouvel échelon du déshonneur. Ce sont les âmes narcissiques qui rêvent de se noyer dans les eaux sales qui les laveraient du péché d’avoir existé. Dieu déverse les eaux pures, les croyants s’y jettent.

Les schismes bio-existentiels sont moins psychosomatiques qu’intello-mystérieux, donnant à la primitivité le droit d’opérer contre sa rivale, la modernité. Les hordes s’agglutinent dans le coin de la prière purifiante. C’est exactement ce à quoi a été réduite l’Université.

Abane Madi

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Commentaires (1) | Réagir ?

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point devue

vous appelez ça un article ?!!!!! vous vous êtes focalisé sur la forme (genre le français de haut niveau!!!) pour rater l'objectif principale d'écrire ! celui de passer le message !! votre article est incompréhensible pour plus 98 % des algériens !!! vous avez essayé de les dénoncer en faisant pire ! vous avez donné, comme eux, beaucoup trop d'importance à la forme ! au final vous vous êtes fatigué pour rien ! vous avez peur du simple ?