Pilleurs et tueurs

L'Arabie saoudite s'est toujours appuyé sur les puissant du moment.
L'Arabie saoudite s'est toujours appuyé sur les puissant du moment.

Rares sont les pays qui ne possèdent pas leurs pilleurs. La crise mondiale de 2008 a démontré que le roi Argent ne peut se passer de la reine Politique et vice-versa. Comme le palais est par définition un parasite, il lui faut des bras aussi gros que le ventre pour survivre.

Les pilleurs devaient fatalement enfanter les tueurs dont le boulot est de ne laisser aucun témoin derrière leurs géniteurs. On nous dit que la différence entre un optimiste et un pessimiste réside dans le fait que ce dernier est plus informé. Philippe Pascot, dans son livre "Les Pilleurs d’Etat", nous informe que si les élus de France ne sont pas tous pourris, la majorité est complice. Il est bien placé pour l’affirmer : un ex élu de la République ayant travaillé pendant des années sous l’autorité de l’actuel Premier ministre. Ce dernier n’a pas pu l’empêcher de "trahir" le clan. La France n’a jamais manqué de "collabos" et de "lâches" c’est pour cela qu’elle parait plus humaine comparée à l’Algérie.

Pour l’éminence grise de la Maison-Blanche, Zbigniew Brzezinski (Zbig) n’importe qui peut être un Américain, mais seul un Chinois peut être un Chinois. De Gaulle n’a pas pu faire taire Sartre ni Bernanos qu’il a fait venir de son exil. Ce trublion ingrat a remercié le Libérateur de Paris avec «la liberté, pour quoi faire ?» En l’Algérie, il existe deux risques, l’éden 0 % et l’infernal 100 %. Notre vie dans le bled nous prépare déjà au Jugement dernier. C’est que Ben Badis est notre Voltaire et Benbella notre Général. Soyons sans complexe, les révélations, chiffres et lettres à l’appui, de Pascot n’ont pas provoqué la chute de la République. L’auteur précise que les premiers élus de l’histoire française, de pauvres paysans censés faire du volontariat, bénéficiaient d’indemnités à faire pâlir de jalousie les nobles que la Révolution guillotinait à tour de bras. Certes, comparés à nous, les «gens du livre»ont des livres qui leur permettent de méditer. En cas de catastrophe, les kilomètres du sous-sol parisien à défaut de pétrole sont remplis d’archives que les survivants amnésiques pourraient consulter. Justement, il fallait écrire sur le pillage de l’Algérie quitte à se faire éditer à Paris sous l’œil de la famille régnante de l’Algérie indépendante et des «humanistes» de l’Elysée qui n’a jamais cessé d’avoir les yeux de Chimène pour la Régence. Quitte à se retrouver coincé entre la censure de la dictature et celle de la démocratie. N’importe qui peut être informé, mais ce qui est certain c’est que le nirvana virtuel dérobe tout pouvoir. "Ce qu’il y a de plus terrible dans la communication, c’est l’inconscient de la communication." (Bourdieu).

Il se retrouve hébété dans un village planétaire où pullulent futilités, insécurités et questions à peine posées et déjà dépassées : Qui pille ? Qui tue ? Qui complote ? Qui manipule qui ? Qui dit la vérité ? Qui ment ?... Des questions déprimantes à l’ère médiatique qui encense les fêtards, normalise les chômeurs, s’accommode des mendiants, drogue les névrosés, criminalise les racistes, fabrique les terroristes, ruine les insoumis et étouffe les indignés. Que reste-t-il du charme de l’ONU quand on découvre que le siège de l’Organisation est bâti sur un terrain offert par la famille de Rockefeller, le premier et le plus célèbre multimilliardaire de la planète cofondateur de la Trilatérale avec Zbig ? On comprend son impuissance envers ceux qui ne comptent pas. Le ver n’était pas seulement dans le cœur du nouveau-né, il est né avant lui et l’attendait dans le berceau. Pourtant, les discours officiels nous fascinaient. On nous obligeait à lever les 4 pattes pour applaudir sinon on était des renégats des anarchistes des harkis des frustrés qui ont tout raté et qui par jalousie critiquent tout et son contraire. On a rêvé à la paix, la fraternité, la liberté, le bonheur, à l’éden aux 4 coins cardinaux de la planète. Les mass médias à longueur de journée et de nuit formataient nos esprits aux divertissements identiques, à la Pub à gogo et aux infos de malheur qui nous rassuraient sur notre chance. Résultat : pas de fuite ni en avant ni en arrière encore moins par la tangente. Un Européen blanc lambda se retrouve aussi capable de changer son sort qu’un Africain noir ou un Arabe bronzé. Ils n’ont rien vu venir. Pendant qu’ils avalaient couleuvre après couleuvre sans reprendre le souffle, leurs maitres réfléchissaient à renforcer leur forteresse et leur magot. Si le village de Potemkine est l’œuvre de décorateurs ambitieux, le planétaire apparait comme l’œuvre de saboteurs cinglés. La fée-internet inventée par des militaires n’a guère changé de logique : la meilleure défense c’est l’attaque. En un simple clic, sa baguette magique a rendu tous les êtres humains repérables achetables contrôlables et transparents. Les machines intelligentes telles d’infâmes déesses antiques exigent le sacrifice suprême : elles sont toutes cancérigènes. Plus le bonheur est éphémère, plus il s’apprécie. Qu’est-ce qui s’est passé ? D’où vient la fêlure ? Depuis quand, on chute en Algérie ? Dans son livre Between2Ages , Zbig a noté que le nombre de journaux lus par 1000 Algériens de 1960 à 1966 a pratiquement été divisé par 2. Pour un tel expert c’est un signe qui ne trompe pas de constater que plus l’école se démocratisait plus le moyen le plus sérieux d’informer se réduisait.

De nos jours, les spécialistes parlent du chaos de l’Université et la Ministre de l’Education se félicite du bon déroulement des épreuves du bac "bis". Tout en ambitionnant de former le citoyen et le patriote. Enfin la voix officielle admet que depuis plus d’un demi-siècle l’école n’a pas réussi à former ni des citoyens ni des patriotes. Sauf bien sûr ceux qui appartiennent au sérail et qui ont élu celui qui l’a nommée au poste prestigieux où se modèle la matière grise et l’innocence de nos petites têtes. C’est plus compliqué de leurrer un enfant qu’un adulte ; pour Freud l’éducation est une "mission impossible". Dans un pays comme la Finlande, les responsables n’ont jamais eu la prétention de faire des élèves des citoyens ou des patriotes malgré la menace de la Russie qui fantasme sur l’URSS. Leur seul souci, affirment-ils, c’est que les enfants se sentent aussi à l’aise à l’école qu’à la maison. Le "feuilleton scolaire" est venu donc au secours du Ramadan 2016 qui a pourtant tout fait pour l’éviter. Puis le marasme est revenu et l’inquiétude des journalistes sur le silence de Saadani pendant que Hannoune se plaint de ne plus entendre la voix du Raïs depuis 2014. Il ne reste à la presse qu’à écrire sur les intoxications, les victimes des accidents, les saisies de drogue, les pénuries, la cherté, la capture des terroristes, les incendies, la disparition de la sardine, de la pollution, du pillage de la mer et rêver à un ciel d’azur. Sans oublier les festivals et festivités estivaux habituels où le pays à défaut de vrais touristes, ouvre cœur et caisse à une flopée d’artistes pour faire «normal» et oublier la saignée. Où est passée l’euphorie des années 70 quand Boumediene nationalisait le pétrole sous les youyous et les fanfares d’une foule en transe ? Qu’importe qu’il ait fait de nous des orphelins côté histoire langue culture et agriculture. Qu’importe qu’il fût et reste une énigme. Difficile d’écrire sur le zaîm, pas même des mémoires cosmétiques à la Chadli qui disparaitraient à l’instant où les avocats couteraient plus aux héritiers que les feuilles imprimées.

Longtemps le mythe a persisté. Le bluff a sévi dans pratiquement tous les pays pétroliers. Le Dey d’Alger, le Pharaon du Caire, le Raïs de Bagdad ont joué à la perfection leur rôle d’"idiots utiles." Ce n’est que justice puisqu’ils ne doivent leur "prestigieux" règne qu’au meurtre en décrétant inutiles leurs sujets les plus intelligents. Dans "La Face cachée du pétrole", Eric Laurent écrit : " …une discussion, au début de l’année 1974, à Alger, avec Belaïd Abdessalam, le ministre du Pétrole. Pur produit du parti unique, cet homme massif et doctrinaire défend l’industrialisation à outrance de son pays, grâce aux revenus pétroliers qui vont, m’explique-t-il, permettre un rééquilibrage planétaire...l’idée d’un nouvel ordre économique mondial qui, selon Abdessalam, contraindra l’Occident à accepter le transfert de 25 % de son potentiel industriel vers le tiers-monde, pour éviter d’être à nouveau frappé par l’arme du pétrole. Il s’agit non seulement d’un projet irréaliste, mais d’une vision déjà dépassée. Je lui demande si le développement de l’agriculture ne serait pas un choix plus judicieux ; il me réplique sèchement : "Le pétrole permettra d’assurer toutes les importations alimentaires." Son collègue iranien, Amouzegar, analyse de manière plus fine et réaliste l’état des rapports de force en confiant : "Comme tout est fragile." Ô combien…en 1978, le monde, étonné découvre que les surplus financiers de l’OPEP ont fondu comme neige au soleil sous les effets conjugués de l’inflation, de la chute du dollar et des prix des produits industriels et alimentaires importés à 90 % par la majorité des Etats arabes membres de l’OPEP.

Certains pays, comme l’Irak et justement l’Algérie, manquent même cruellement de capitaux et, suprême humiliation, doivent emprunter au prix fort sur les marchés internationaux.» 42 ans plus tard, rien n’a changé, tout recommence de A à Z. Nous n’avons rien appris alors qu’une simple souris cobaye, après une pénible expérience, modifie son comportement et alerte à distance ses copines. Même le plus débile des cancres n’aurait pas l’idée de croire qu’il peut absorber 25 % de la matière grise de son camarade plus studieux en faisant du copier-coller.

L’auteur ajoute qu’à la fin des années 60, les compagnies pétrolières étaient au rouge et le miracle est venu des Ali Baba en quête du "sésame". "Un fait essentiel a été soigneusement caché qui explique l’intervention de David Rockefeller à Rome en 1973, sur les immenses besoins en capitaux de l’industrie pétrolière. A la veille du choc de 1973, les grandes compagnies affrontent d’énormes difficultés financières, qu’elles dissimulent soigneusement…Le choc pétrolier déclenché en octobre 1973 par les pays de l’OPEP provoque leur salut… "Ce fut un de ces hasards miraculeux comme il ne s’en produit jamais dans le monde des affaires et encore moins dans l’industrie pétrolière. "…

En 1974, le quadruplement des prix du pétrole qui frappe de plein fouet l’économie mondiale va permettre aux trente premières compagnies pétrolières mondiales d’accroitre leurs bénéfices de 71 % alors que le volume de leurs ventes n’augmente que de 10 %." Il explique comment tout a été joué, préparé à l’avance par les experts de la Maison Blanche avec la complicité de l’Arabie Saoudite. Dès le début, le pétrole était voué à la malédiction de la momie : il ne fallait pas le déterrer. Il a porté malheur à ceux qui l’ont découvert. Il a fait le bonheur des "bandits (les dictateurs producteurs) et des ruinés(les patrons exploiteurs)" selon l’expression d’un journal anglais dont le Premier ministre de l’époque, Harold Wilson avec ironie déclara que son pays et la Norvège étaient "en position de devenir membres de l’OPEP". Cette association entre des pilleurs et des tueurs a modelé le monde où nous végétons. Bien que la justice américaine possède dés 1911 des lois contre les dérives des trusts, elle ne pouvait sévir contre ceux qui choisissent leur Premier magistrat. Il suffit de se rappeler les promesses d’un Obama. Vous allez voir ce que vous allez voir, c’est tout vu. Un jour, on ne saurait pas surpris de découvrir que Bush avec sa guerre mi classique mi chirurgicale a fait infiniment moins de victimes et de dégâts qu’un Obama avec ses drones et son parapluie de satellites. Le mal a pris trop d’avance.

En 1929, l’"accord d’Achnacarry" a donné naissance aux Maitres du monde : le cartel international du pétrole. On ne serait pas surpris de leur rôle dans la décolonisation et leur choix sur les dirigeants des pays producteurs. On sait qu’ils ont aidé Hitler contre leur propre gouvernement et Nuremberg les a épargnés comme les banquiers suisses. En 1941, Exxon, le géant pétrolier a été inculpé deux fois par la justice américaine d’avoir fourni au Troisième Reich des «secrets industriels d’importance vitale. En 1960, il contrôlait le 1/5 du marché international du pétrole. Puisque la force fait taire le droit, pourquoi s’embarrasser du droit ? Devise qui a fini par être partagée par le tyran bougnoul et le patron civilisé. On compare les pétroliers aux chats, mais on sympathise plus facilement avec les félins qui s’engraissent sans dévorer leur bienfaiteur. "L’ascension impressionnante de Rockefeller et la chute pathétique de Drake (le découvreur du pétrole) illustrent deux autres règles intangibles de l’univers pétrolier…tous ceux qui feront fortune… ne s’approcheront jamais d’un puits de pétrole, mais manifesteront par contre une totale ingratitude envers les hommes…auxquels ils doivent pourtant leur richesse." (1) Il y a des pays qui ont mieux résisté ; d’autres se sont étalés sans avoir eu le temps de se lever. Vercingétorix avait plus de soldats que César, il possédait le même armement, mais son rival avait derrière lui Rome. Derrière Boumediene, il y avait le vide et des points d’interrogations à l’infini. La seule force qui lui a résisté venait de l’université d’Alger, celle qui a permis au jeune étudiant Camus d’écrire l’Etranger. "Dieu n’a pas placé le pétrole dans les démocraties", précisa Dick Cheney. De ce fait, il fallait "aider" Dieu.

En 2012 (2), le top 10 des dictateurs les mieux élus appartiennent à des pays imbibés de richesses naturelles et auréolés par la foi : Islam Karimov 88,1% (Ouzbékistan), Ilham Aliev 88,7 % (Azerbaïdjan) Abdelaziz Bouteflika 90,2 % (Algérie), Noursoultan Nazarbaîev 95,5 % (Karakhstan) , Bachar el-Assad 97,6 % (Syrie), Ismail Omar Guelleh 100 % ( Djibouti) etc. Si Dieu était le candidat, pas sûr qu’Il aurait eu une telle baraka quand on sait le nombre de victimes que font les guerres de religion. Pour décrocher ces mirifiques pourcentages, les tueurs ont dû faire appel à un monde parallèle pour les aider. Dans, Histoire des Sultans de Touggourt, édité par le Grand-Alger Livres ( G.A.L.), on peut lire la lettre écrite en décembre 1854 par le sultan de Touggourt, Ali ben Djellab, au Gouverneur général d’Alger : "… Pardonnez mes fautes passées…ô Sultan, on me reprochait les meurtres que j’ai commis, on aurait tort, parce que ce sont des événements qui se sont accomplis par la volonté de Dieu. C’est, chez nous une habitude de faire traditionnelle ; car, selon l’usage de nos aïeux, nul d’entre eux ne devenait Sultan de notre contrée autrement que par le meurtre…" Une sincérité bien sympathique comparée à celle que pourrait écrire de nos jours un wali du Sud, formé à l’école de la République, à son homologue français. Toutes les apparences de la démocratie sur fond de «l’usage des aïeux». Certains sociologues expliquent l’échec algérien par la société traditionnelle. Qui dit tradition dit femme. Pas étonnant que nos pilleurs et nos tueurs insistent toujours sur les constantes, notamment l’infériorité des «femelles». Seulement, on n’est jamais sûr de la fiabilité de la vaccination aux constantes même quand il s’agit de deux jumeaux partageant le même œuf. Ce qui explique que plus il y a de la pression, plus le flou s’installe. Germaine Tillion dans "les Ennemis complémentaires" s’est posé la question pourquoi les manifestations du mardi 8 mai 45 se sont déroulées pacifiquement dans toute l’Algérie sauf à Sétif : "Le hasard voulut que le mardi fut un jour de marché à Sétif, ce qui signifie que les hommes des tribus spoliées étaient là, amers, violents…Ils grossirent tout naturellement les rangs des manifestants qui, vers 8 heures du matin, se rassemblaient près de la grande Mosquée." Resultat : la "pacification" de 1853 a mené au drame de mai 1945 qui, de l’avis de tous les acteurs, a mené à novembre 1954.

En 1853 dans la tranquille ville de Sétif, l’association des "brigands et des ruinés" se fit. L’administration coloniale mit à la disposition des banquiers suisses les riches terres des tribus indigènes à la condition de créer des villages coquets et joyeux. Résultat, de Genève, les patrons se contentèrent de toucher les bénéfices sans tenir leur promesse. Quant aux victimes, au risque de mourir de famine, ils se refugièrent au sommet des montagnes ingrates comme leurs aïeux avant eux face à la rapacité des envahisseurs. Hantant la ville comme l’œil dans la tombe de Caïn... Un jour sans doute, quand c’est trop tard, une Tillion nous dira quelle association maffieuse a mené à la décennie noire, aux chars de la Régence de 1962, au néo-FLN qui a fait que nos montagnes servent toujours de refuge à des fuyards d’un autre genre. A Paris où les rues peuvent être envahies par des manifestants et des casseurs, la justice vient de condamner à perpétuité deux maires rwandais pour le génocide dans leur pays. Seuls sur les bancs des accusés comme à Nuremberg.

Pourtant, dans "L’Empire de la honte", Jean Ziegler écrit que les banques françaises et égyptiennes ont fourni l’argent à l’achat des machettes fabriquées en Chine. Pourquoi s’étonner quand la justice algérienne réveillée en sursaut par la manne qui s’épuise se met à dépouiller les dépouillés, traquer les agitateurs chez les fous et tirer sur des fantômes en décomposition. Pour Fukuyama , le 21 siècle, c’est la fin de l’homme. On peut en rire ou en pleurer quand on n’est même pas concerné. Fukuyama parle de l’homme qu’il côtoie, qu’il peut analyser en accédant librement aux données. Le Sapiens qui n’a pas le même pedigree que celui qui vit en Afrique et dans le monde arabe. Ni les mêmes droits les mêmes devoirs la même éducation la même famille la même école les mêmes élus. Avec cette anomalie qu’ils sont tous obligés d’obéir aux mêmes institutions internationales (ONU, FMI, BM etc.) Le seul moyen d’être l’homme de Fukuyama et méditer sur la fin ou la mutation c’est de créer une OPU (organisation des populaces réunies). Afin que tout être humain partout où il se trouve puisse exiger les mêmes droits avant de s’acquitter des mêmes devoirs. Cette justice liée à notre seule ADN ne pourrait que faire du bien à l’humanité. On serait surpris du nombre des bougnouls qui n’auront plus aucune envie de se déraciner. De qui se moque-t-on quand on parle des Droits universels de l’Homme avec 22 pays arabes tenus sans interruption depuis plusieurs générations par des dictateurs qui ont le droit de vie et de mort sur leurs sujets 24h sur 24h du stade à la chambre à coucher, du hammam à la mosquée ? Il faut ajouter à cette damnation, les pétrodollars, qui, quand ils ne servent pas à l’achat des armes, ajoutent une autre couche à l’or du harem royal. "L’univers du pétrole est exactement de la même couleur que le liquide tant convoité : noir, exacerbant les penchants les plus sombres de la nature humaine. Il suscite les convoitises, attise les passions, provoque trahison et affrontements meurtriers, conduit aux manipulations les plus éhontées."(1) Il suffit de remplacer le mot pétrole par sultan tout en sachant que le premier se tarit de jour en jour tandis que pour le second, le choix est hélas intarissable.

Mimi Massiva

Renvois

  1. Eric Laurent (La Face cachée du Pétrole)
  2. Le Monde 6/03/2012

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Commentaires (1) | Réagir ?

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mohand tawdect

Grand merci à Mimi pour cette analyse argumentée qui nous permet de découvrir l'origine de la calamité fixée à notre patrie. Contrairement à la souris cobaye qui rectifie le trajet d'un déboire, l'arabe ne pourra jamais le faire car l'absurdité est incrusté dans sa nature !